Grèce : une vague rouge aux élections législatives

Les médias français ne donnent qu’une partie des infirmations sur situation post-électorale en Grèce  en ne présentant que la montée électorale des néo-nazis à ces élections. C’est une manipulation. Quel est l’objectif de cela ?

Une vague rouge sort des urnes!

Hors ce qui marque les élections c’est plutôt la vague rouge qui s’est déployée sur le pays. La coalition de gauche, Syriza, arrive en deuxième position de ces élections en triplant son score de 2009, passant de 4,6% à 15,8%. C’est cette alliance regroupant différents partis de la gauche radicale et dont la principale composante est Synaspimos, qui a le plus progressé.

Dans ces conditions, la vraie victoire est celle de la gauche dans son ensemble. En plus des 15,8% de Syriza, le KKE (Parti Communiste Grec), recueille 8,4% des voix, progressant de près d’un point par rapport à 2009 (7,54%). La Gauche démocratique, scission de Synaspimos en 2010, recueille 6% des voix. Une vague rouge roule sur la Vouli (Assemblée nationale). Elle n’est toutefois pas suffisante pour que la gauche puisse gouverner.

Déroute des partisans de l’austérité

Depuis que la Grèce a pris connaissance de la réalité des comptes publics en octobre 2009, qu’elle a subi les attaques des marchés, et plus encore depuis qu’elle a fait appel à la troïka (BCE, Commission, FMI) en mai 2010, les coupes budgétaires, baisses des pensions, des salaires, des minimas sociaux, hausse des impôts et des taxes, privatisation se multiplient.

Tous les partis qui se sont exprimés pour cette politique essuient une sérieuse déculottée : ND et le Pasok en tête, ainsi que le Laos (extrême-droite). Ces trois partis ont participé au gouvernement d’union nationale mis en place en novembre 2011.

  • ND obtient ainsi  20,31% (33,47% en 2009),
  • le Pasok 14,11% (43,92% en 2009),
  • le Laos 2,89% (5,63% en 2009). Le Laos ne devrait donc pas faire son entrée au Parlement car il ne franchit pas la barre des 3% nécessaire.

Un vote de droite qui frise avec le refus du système et repose sur un moteur nationaliste : celui pour les Grecs indépendants. Ce parti, scission de ND, recueille 10,31% des suffrages.

Les néo-nazis de Chryssi Avghi obtiennent des sièges au parlement avec 6,81% des voix.

 

La genèse de Syriza

Les origines de Syriza remontent à 2001. Un groupe, «Espace de dialogue pour l’unité et l’action commune de la Gauche», est créé pour débattre de questions qui hantent l’actualité grecques, notamment la guerre au Kosovo et les privatisations. L’année suivante, pour les élections locales, des coalitions furent formées qui reposaient sur cet «Espace». Manolis Glezos en était un membre actif. C’est en 2004, à l’occasion des législatives, qu’est officiellement né Syriza à partir d’un programme qui a servi de base à l’alliance électorale.

Anciens courants du KKE

Les partis fondateurs de cette alliance sont, pour la plupart, d’anciens courants du KKE, le parti communiste grec, qu’ils ont quitté pour des raisons de désaccords idéologiques telle que la question européenne : le Synaspismos, la Gauche du Renouveau écologique et communiste (AKOA), la Gauche ouvrière internationaliste (DEA), le Mouvement de la gauche unifiée dans l’action (KEDA) (une scission du KKE), les Citoyens Actifs (une organisation proche de Manolis Glezos). Lors des élections suivantes (législatives de 2007, Européennes de 2009, législatives de 2009), Syriza s’est implanté durablement dans le paysage politique grec et différentes autres formations de gauche l’ont rejoint comme KOE, un mouvement communiste et Intervention Ecologique.

« On lâche rien »

Avec 16,78% des voix, et 52 sièges à la Vouli, Syriza franchit un stade supplémentaire aux législatives de 2012. Dans les meetings, une chanson était diffusée… en français. Laquelle ? « On lâche rien ». Syriza, face à l’austérité, ne lâche rien non plus. « Il ne peut pas y avoir un gouvernement de salut national avec la droite qui a signé des mesures de rigueur (…), que le peuple a rejetées » lors du scrutin du 6 mai, a déclaré M. Tsipras à l’issue d’un entretien avec Antonis Samaras, chef de la Nouvelle Démocratie, premier du scrutin avec 18,85% des suffrages, mais sans majorité. Alexis Tsipras ne lâche rien, non plus, dans sa démarche pour stopper l’austérité. Il a assuré qu’il était lui-même prêt à chercher une alliance gouvernementale avec les « pouvoirs de gauche » anti-rigueur.

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