{"id":1254,"date":"2016-09-19T09:48:02","date_gmt":"2016-09-19T08:48:02","guid":{"rendered":"http:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/?p=1254"},"modified":"2016-09-19T16:51:03","modified_gmt":"2016-09-19T15:51:03","slug":"la-bataille-de-valmy-une-grande-victoire-revolutionnaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/2016\/09\/19\/la-bataille-de-valmy-une-grande-victoire-revolutionnaire\/","title":{"rendered":"La bataille de Valmy: une grande victoire r\u00e9volutionnaire !"},"content":{"rendered":"<div class=\"fblike_button\" style=\"margin: 10px 0;\"><iframe src=\"http:\/\/www.facebook.com\/plugins\/like.php?href=https%3A%2F%2Fwww.gillespichavant.com%2Fblog%2F2016%2F09%2F19%2Fla-bataille-de-valmy-une-grande-victoire-revolutionnaire%2F&amp;layout=standard&amp;show_faces=false&amp;width=450&amp;action=like&amp;colorscheme=light\" scrolling=\"no\" frameborder=\"0\" allowTransparency=\"true\" style=\"border:none; overflow:hidden; width:450px; height:25px\"><\/iframe><\/div>\n<p>Le 20 septembre 1790, c&rsquo;est \u00e0 dire il y a 224 ans, eut lieu la c\u00e9l\u00e8bre de bataille de Valmy. Ce fut la phase ultime et d\u00e9cisive,\u00a0apr\u00e8s la jonction des arm\u00e9es de Dumouriez et de Kellermann, d&rsquo;une man\u0153uvre de tr\u00e8s grande ampleur, dont l&rsquo;origine avait \u00e9t\u00e9 la capitulation de Verdun, le 2 septembre, cern\u00e9e par une arm\u00e9e de 80 000 hommes. La route de Paris \u00e9tait ouverte aux troupes des coalis\u00e9 (Prusse, Autriche, et traitres fran\u00e7ais \u00e9migr\u00e9s); il s&rsquo;agissait de la fermer.<!--more--><\/p>\n<p>Apr\u00e8s quelques atermoiements, Dumouriez \u2014 qui pr\u00e9voyait initialement d&rsquo;attaquer la Belgique \u2014 fut somm\u00e9 de faire mouvement vers Sedan, pour couper la route de Paris. Il d\u00e9pla\u00e7a son arm\u00e9e de Valenciennes \u00e0 Sedan, pendant que Kellerman, qui commandait l&rsquo;arm\u00e9e de Metz, effectua un long mouvement tournant vers le sud puis l&rsquo;ouest, en passant par Toul et Bar-le-duc. Puis Dumouriez d\u00e9pla\u00e7a son arm\u00e9e sur l&rsquo;Argonne, autour et au nord de Sainte-Menehould. Son but \u00e9tait d&rsquo;exploiter les difficult\u00e9s du terrain en positionnant ses troupes sur les cr\u00eates de l&rsquo;Argonne et en barrant les d\u00e9fil\u00e9s.<\/p>\n<p>De son cot\u00e9, l&rsquo;arm\u00e9e des coalis\u00e9s \u00e9tait ravag\u00e9e par la dysenterie, car elle pensait pouvoir s&rsquo;appuyer sur les ressources du pays comme le lui avait promis les \u00e9migr\u00e9s royalistes. Mais la consigne avait \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e d&rsquo;\u00e9vacuer \u00e0 l&rsquo;ouest le b\u00e9tail et les r\u00e9coltes, et la population, hostile au retour de la royaut\u00e9, suivit scrupuleusement la consigne. Mieux, elle appuya forment l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise pour l&rsquo;aider \u00e0 construire ses d\u00e9fenses et pour d\u00e9truire les routes et les ponts. La situation ainsi cr\u00e9\u00e9e ralentit et entrava s\u00e9rieusement le mouvement des troupes ennemies.<\/p>\n<p>Cependant le duc de Brunswick r\u00e9ussit \u00e0 concentrer ses troupes et \u00e0 poursuivre sa route. Il fit croire \u00e0 Dumouriez qu&rsquo;il allait essayer de passer au milieu de son dispositif, et celui-ci tomba dans le pi\u00e8ge. Il d\u00e9garnit imprudemment un passage au nord de l&rsquo;Argonne, \u00e0 la Croix-aux-Bois, car le secteur \u00e9tait rest\u00e9 calme. C&rsquo;est \u00e0 dessein que les troupes ennemies ne s&rsquo;y \u00e9tant pas montr\u00e9es. De plus, la position n&rsquo;avait pas \u00e9t\u00e9 correctement pr\u00e9par\u00e9e et fortifi\u00e9e, malgr\u00e9 les ordres. Bousculant la centaine de d\u00e9fenseurs, une petite troupe de prussiens se saisit du passage de la Croix-au-bois. Elle se fit d\u00e9loger quelque temps plus tard par une contre attaque vigoureuse, mais les prussiens revirent en force, avec des canons, et reprirent d\u00e9finitivement la position aux troupes fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>A partir de ce moment, l&rsquo;arm\u00e9e prussienne engagea un vaste mouvement tournant qui visait \u00e0 encercler les troupes de Dumouriez par le nord et l&rsquo;ouest. Celui-ci, comprenant le danger, fit effectuer une man\u0153uvre de retraite, de nuit et sous la pluie. Il repla\u00e7a ses troupes face au nord, son aile droite continuant de bloquer plusieurs passage de l\u2019Argonne (Lachalade, les Islettes) et sa gauche s\u2019allongeant au nord du grand chemin vers Ch\u00e2lons-sur-Marne. C&rsquo;est sur cette position que Kellermann fit sa jonction avec lui, \u00e0 Sainte-Menehould, le 19 septembre 1792. Il prit position au nord de la grand route, \u00e0 l&rsquo;ouest de Sainte-Menehould, et d\u00e9ploya son arm\u00e9e sur le plateau de Valmy. A partir ce moment, les effectifs des deux arm\u00e9es fran\u00e7aise \u00e9gal\u00e8rent en nombre ceux les arm\u00e9es ennemies, dont une partie, 20 000 hommes au moins, \u00e9tait bloqu\u00e9e \u00e0 l&rsquo;est de l&rsquo;Argonne.<\/p>\n<p>Le lendemain, ce fut l&rsquo;attaque. Le Duc de Brunswick coupa la grand route de Paris, et chercha \u00e0 prendre Valmy par l&rsquo;ouest. Il cherchait \u00e0 la fois \u00e0 d\u00e9truire l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise, et \u00e0 lib\u00e9rer la route de Paris coup\u00e9e entre les Islettes et Sainte-Menehould, de mani\u00e8re \u00e0 s&rsquo;assurer une voie de ravitaillement correcte pour reprendre sa marche sur Paris. L&rsquo;attaque commen\u00e7a vers 3 heures du matin, mais jusque vers sept heures, un brouillard \u00e9pais emp\u00eacha les deux arm\u00e9es de conna\u00eetre leurs dispositions respectives. Lorsqu\u2019il se dissipa un peu, l\u2019artillerie commen\u00e7a \u00e0 tirer de part et d\u2019autre, et le feu se soutint avec vivacit\u00e9. Vers dix heures, Kellermann, plac\u00e9 au centre de la ligne, eut son cheval tu\u00e9 sous lui d\u2019un coup de canon. Presque dans le m\u00eame temps, des obus \u00e9clat\u00e8rent au milieu du d\u00e9p\u00f4t de munitions et firent sauter deux caissons d\u2019artillerie, blessant beaucoup de monde alentour. Cela occasionna un d\u00e9but de panique qui mena\u00e7a de d\u00e9sorganiser la ligne de bataille fran\u00e7aise qui recula. Mais Kellermann intervint lui-m\u00eame, et fit reprendre la premi\u00e8re position.<a href=\"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/2016\/09\/19\/la-bataille-de-valmy-une-grande-victoire-revolutionnaire\/valmy-battle_of_valmy_map\/\" rel=\"attachment wp-att-1256\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1256 size-full\" src=\"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/VALMY-Battle_of_Valmy_map.jpg\" alt=\"valmy-battle_of_valmy_map\" width=\"697\" height=\"622\" srcset=\"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/VALMY-Battle_of_Valmy_map.jpg 697w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/VALMY-Battle_of_Valmy_map-300x268.jpg 300w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/VALMY-Battle_of_Valmy_map-560x500.jpg 560w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/VALMY-Battle_of_Valmy_map-260x232.jpg 260w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/09\/VALMY-Battle_of_Valmy_map-160x143.jpg 160w\" sizes=\"auto, (max-width: 697px) 100vw, 697px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Le duc de Brunswick voyant que le feu de son artillerie n\u2019avait pas r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9branler les troupes fran\u00e7aises, essaya une attaque de vive force. Il forma trois colonnes d\u2019attaque soutenues par la cavalerie, pendant que la canonnade redoublait. Les deux colonnes de gauche se dirig\u00e8rent sur le moulin de Valmy, la droite se tenant \u00e0 distance.<\/p>\n<p>Kellermann comprenant qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait plus possible de maintenir la discipline tout en restant statique, ordonna aux troupes de se pr\u00e9parer \u00e0 avancer. Il disposa son arm\u00e9e en colonnes par bataillon. Quand elles furent form\u00e9es, il les parcourut et leur adressa cette courte harangue\u00a0: \u00ab\u00a0<i>Camarades, voil\u00e0 le moment de la victoire\u00a0; laissons avancer l\u2019ennemi sans tirer un seul coup de fusil, et chargeons-le \u00e0 la ba\u00efonnette.<\/i>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Les troupes, pleines d\u2019enthousiasme et d\u00e9j\u00e0 aguerries par une canonnade de quatre heures, r\u00e9pondirent aux paroles de son g\u00e9n\u00e9ral par des cris multipli\u00e9s de\u00a0: <i>Vive la nation\u00a0!<\/i> Kellermann lui-m\u00eame, mit son chapeau au bout de son sabre et r\u00e9p\u00e9ta : <i>Vive la nation\u00a0!<\/i> en passant devant les troupes sur un nouveau cheval. En un instant, tous les chapeaux \u00e9taient sur les ba\u00efonnettes et un immense cri s\u2019\u00e9leva de tous les rangs de l\u2019arm\u00e9e. La clameur dura pr\u00e8s d&rsquo;un quart d\u2019heure, fut reprise d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre de l\u2019arm\u00e9e, et renaissant sans cesse, atteignant une force <span class=\"citation\">\u00ab\u00a0qui faisait trembler le sol\u00a0\u00bb<\/span>.<\/p>\n<p>Ces mouvements, cet enthousiasme, annon\u00e7aient une arm\u00e9e qui br\u00fblait de combattre. L\u2019ennemi s\u2019\u00e9tonna. Le duc de Brunswick fit arr\u00eater ses colonnes : \u00ab\u00a0<i>La victoire est \u00e0 nous\u00a0!<\/i>\u00a0\u00bb cria Kellermann, et l\u2019artillerie fran\u00e7aise redoubla son feu sur les t\u00eates de colonnes prussiennes.<\/p>\n<p>Le feu continue jusqu\u2019\u00e0 quatre heures du soir. Encore une fois l\u2019ennemi reforma ses colonnes et lan\u00e7a une nouvelle attaque. Mais l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise, son ardeur manifest\u00e9e par de nouveaux cris, l\u2019arr\u00eata une seconde fois. Vers sept heures du soir, les coalis\u00e9s regagn\u00e8rent leurs positions de d\u00e9part, laissant aux Fran\u00e7ais le champ de bataille.<\/p>\n<p>La victoire de Valmy fut surtout le r\u00e9sultat des choix du commandement fran\u00e7ais qui permirent de r\u00e9tablir une situation strat\u00e9gique compromise, ainsi que du soutien populaire massif dont b\u00e9n\u00e9ficia l&rsquo;arm\u00e9e r\u00e9volutionnaire. La bataille fut marqu\u00e9e surtout par une intense canonnade (les Fran\u00e7ais tir\u00e8rent 20\u00a0000 coups de canon) au cours de laquelle la nouvelle artillerie fran\u00e7aise cr\u00e9\u00e9e par Gribeauval montra sa sup\u00e9riorit\u00e9. Elle fut aussi la cons\u00e9quence de l&rsquo;insuffisance des moyens logistique de l&rsquo;arm\u00e9e prussienne, d\u00e9j\u00e0 loin de ses bases, malade et insuffisamment nourrie, et tromp\u00e9 par ses alli\u00e9s royalistes.<\/p>\n<p>En soit, Valmy fut, pour l&rsquo;essentiel une bataille d&rsquo;artillerie o\u00f9 l&rsquo;infanterie et la cavalerie jou\u00e8rent un r\u00f4le secondaire. Mais pour la premi\u00e8re fois l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise r\u00e9volutionnaire tint bon et ne se d\u00e9banda pas, et la coalition fut stopp\u00e9e dans son mouvement. Les cons\u00e9quences de Valmy furent l\u2019\u00e9vacuation du territoire fran\u00e7ais par l\u2019arm\u00e9e coalis\u00e9e le 22 octobre suivant. Et ses cons\u00e9quences politiques, furent l&rsquo;affermissement de la R\u00e9volution et l&rsquo;av\u00e8nement de la R\u00e9publique. Oui Valmy fut bien une grande victoire r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n<h4>Lire sur Gallica.fr: <a href=\"http:\/\/gallica.bnf.fr\/ark:\/12148\/bpt6k6454622f.r=?rk=21459;2\"><em>Les guerres de la R\u00e9volution-2; Valmy,<\/em> par Arthur Chuquet<\/a><\/h4>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 20 septembre 1790, c&rsquo;est \u00e0 dire il y a 224 ans, eut lieu la c\u00e9l\u00e8bre de bataille de Valmy. 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