{"id":1585,"date":"2023-12-22T19:24:03","date_gmt":"2023-12-22T18:24:03","guid":{"rendered":"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/?p=1585"},"modified":"2024-12-22T19:26:25","modified_gmt":"2024-12-22T18:26:25","slug":"la-vie-aventureuse-de-jean-boudigou-dit-travail","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/2023\/12\/22\/la-vie-aventureuse-de-jean-boudigou-dit-travail\/","title":{"rendered":"La vie aventureuse de Jean Boudigou\u00a0dit \u00ab\u00a0Travail\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<div class=\"fblike_button\" style=\"margin: 10px 0;\"><iframe src=\"http:\/\/www.facebook.com\/plugins\/like.php?href=https%3A%2F%2Fwww.gillespichavant.com%2Fblog%2F2023%2F12%2F22%2Fla-vie-aventureuse-de-jean-boudigou-dit-travail%2F&amp;layout=standard&amp;show_faces=false&amp;width=450&amp;action=like&amp;colorscheme=light\" scrolling=\"no\" frameborder=\"0\" allowTransparency=\"true\" style=\"border:none; overflow:hidden; width:450px; height:25px\"><\/iframe><\/div>\n<p>Par Gilles Pichavant <small>(<em>adh\u00e9rent au Centre de G\u00e9n\u00e9alogie du Finist\u00e8re n\u00b01747 C<\/em>)<\/small><\/p>\n\n\n\n<p><em>De l\u2019int\u00e9r\u00eat des Archives de la Marine<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"http:\/\/www.gillespichavant.com\/arbre\/dat22.htm#43\">Jean Travail <\/a>(<em>Boudigou dit<\/em>) est le fils de <a href=\"http:\/\/www.gillespichavant.com\/arbre\/dat10.htm#24\">Jean Boudigou<\/a> dit Travail et de <a href=\"http:\/\/www.gillespichavant.com\/arbre\/dat10.htm#24\">Gabrielle Le Pichon<\/a>, n\u00e9 le 3 mai 1745 \u00e0 Poullan. Il est mari\u00e9 \u00e0 Anne Le Brusque.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme de nombreux enfants des paroisses c\u00f4ti\u00e8re, il devient marin de la Marine Royale. On retrouve la trace, comme d\u2019ailleurs celle de son fr\u00e8re Henri dans le registre matricule ouvert en 1776 (Quartier de Quimper), qui couvre dix ann\u00e9es d\u2019activit\u00e9. On trouve le registre aux Archives de la Marine \u00e0 Brest.<\/p>\n\n\n\n<p>Etre marin \u00e0 cette \u00e9poque est bien une vie aventureuse, pleine de risques, particuli\u00e8rement lorsque la guerre mena\u00e7e. Jean Travail est marin sur les vaisseaux de son \u00e9poque, les redoutables 74 canons. Il se trouve embarqu\u00e9 dans la \u00ab&nbsp;<em>bataille d&rsquo;am\u00e9rique<\/em> \u00bb et participe ainsi \u00e0 l&rsquo;ind\u00e9pendance des Etats Unis.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La carri\u00e8re de Jean Travail, sur 10 ans&nbsp;<em>( Archives de la Marine \u00e0 Brest ) :<\/em><\/h3>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>1776: Il est \u00ab\u00a0<em>Lev\u00e9 le 30 juin pour Lorient\u00a0<\/em>\u00bb. Il fait 30 jours sur le vaisseau \u00ab\u00a0<em>La Victoire<\/em>\u00a0\u00bb et re\u00e7oit 2 livres 8 sols.<\/li>\n\n\n\n<li>1778: Il est \u00ab\u00a0<em>lev\u00e9 le 20 janvier pour Brest<\/em>\u00a0\u00bb, et embarque sans doute sur le \u00ab\u00a0<em><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Glorieux_(1756)\">Glorieux<\/a><\/em>\u00a0\u00bb qui participe \u00e0 la \u00ab <strong>Bataille d&rsquo;Ouessant<\/strong>\u00a0\u00bb, premi\u00e8re bataille navale qui suit l&rsquo;engagement des fran\u00e7ais aux cot\u00e9s des insurg\u00e9s am\u00e9ricains.<\/li>\n\n\n\n<li>1779: il est dit \u00ab\u00a0<em>au service\u00a0\u00bb<\/em>,<\/li>\n\n\n\n<li>1780: 24 juillet \u00ab\u00a0<em>au service\u00a0\u00bb<\/em>,<\/li>\n\n\n\n<li>1782: la mention \u00ab\u00a0<em><strong>mort sur le Glorieux<\/strong>\u00a0\u00bb<\/em> est barr\u00e9e.<\/li>\n\n\n\n<li>1783: mis \u00ab\u00a0<em>en cong\u00e9 le 1er mars<\/em>\u00a0\u00bb avec 6 livres,<\/li>\n\n\n\n<li>1784:\u00a0 \u00ab\u00a0<em>lev\u00e9 pour Brest le 20 mai<\/em>\u00a0\u00bb,<\/li>\n\n\n\n<li>1785: \u00ab\u00a0<em>sur le vaisseau la R\u00e9solution\u00a0\u00bb<\/em>\u00ab\u00a0,<\/li>\n\n\n\n<li>1787, mis \u00ab\u00a0<em>H.S.<\/em>\u00a0\u00bb pour cause \u00ab\u00a0<em>d&rsquo;hernie ventrale<\/em>\u00a0\u00bb, mais en marge de la page il est \u00e9crit \u00ab\u00a0<em>bon, n&rsquo;est pas mort<\/em>\u00a0\u00bb<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La campagne d\u2019Am\u00e9rique&nbsp;:<\/h3>\n\n\n\n<p>Pour comprendre la raison de la mention \u00ab&nbsp;<strong><em>mort sur le Glorieux<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb barr\u00e9e (1782), il faut s\u2019int\u00e9resser \u00e0 l\u2019exp\u00e9dition des fran\u00e7ais en Am\u00e9rique, sous les ordres de l&rsquo;Amiral De Grasse, qui couvre les ann\u00e9es de 1781 \u00e0 1783.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean Travail est matelot sur le \u00ab&nbsp;<strong><em>Glorieux<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb command\u00e9 par le Vicomte Des Cars. C&rsquo;est un vaisseau de 74 canons construit \u00e0 Rochefort de 1753 \u00e0 1756, qui vient d&rsquo;\u00eatre doubl\u00e9 en cuivre. Son fr\u00e8re <a href=\"http:\/\/www.gillespichavant.com\/arbre\/dat10.htm#24\">Henri <\/a>est sur le \u00ab<em>&nbsp;Sceptre<\/em>&nbsp;\u00bb, lui aussi vaisseau de 74 canons, construit \u00e0 Brest&nbsp; de 1745 \u00e0 1747, command\u00e9 par le Comte Rigaud de Vaudreuil. Les deux navires font partie de la flotte, qui comporte quatre escadres (\u00ab&nbsp;<em>Blanche<\/em>&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;<em>Bleue<\/em>&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;<em>Blanche et bleue<\/em>&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;<em>L\u00e9g\u00e8re&nbsp;<\/em>\u00bb) command\u00e9e par le Lieutenant G\u00e9n\u00e9ral De Grasse. Elle quitte Brest le 22 mars 1781. Le \u00ab&nbsp;<em>Glorieux<\/em>&nbsp;\u00bb fait partie de l&rsquo;escadre \u00ab&nbsp;<em>Blanche et Bleue<\/em>&nbsp;\u00bb command\u00e9e par Bougainville.<\/p>\n\n\n\n<p>Font route avec eux, une flotte de 170 navires marchands, la plupart pour les Antilles, quelques uns pour les \u00ab&nbsp;Indes Orientales&nbsp;\u00bb. Le 29, l&rsquo;escadre \u00ab&nbsp;<em>L\u00e9g\u00e8re<\/em>&nbsp;\u00bb command\u00e9e par Suffren quitte le convoi et met cap au sud pour contourner l&rsquo;Afrique.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019escadre de De Grasse passe le tropique le 18 avril. Elle assiste \u00e0 une \u00e9clipse de soleil le 24 avril.<\/p>\n\n\n\n<p>Une premi\u00e8re bataille navale a lieu le dimanche 29 avril entre au large de Sainte Lucie et de la Martinique. Il y a 23 vaisseaux fran\u00e7ais contre 18 anglais. Le r\u00e9sultat est ind\u00e9cis mais le blocus anglais sur la Martinique est lev\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 4 ao\u00fbt, apr\u00e8s une incursion jusqu&rsquo;\u00e0 Cuba pour y soutenir une intervention espagnole, la flotte met le cap vers la Virginie.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 30 ao\u00fbt, quelques vaisseaux de l&rsquo;avant-garde s\u2019appr\u00eatent \u00e0 mouiller \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de la Rivi\u00e8re York, \u00e0 proximit\u00e9 du Cap Henry, lorsque deux fr\u00e9gates anglaises surgissent du fond la baie. S&rsquo;approchant sans m\u00e9fiance, elle prennent le navires fran\u00e7ais pour la flotte anglaise. Longeant le \u00ab\u00a0<strong><em>Glorieux\u00a0<\/em><\/strong>\u00bb, la \u00ab\u00a0<em>Loyalist<\/em>\u00a0\u00bb met en panne et descend un canot \u00e0 la mer. Un civil y prend place, et les Fran\u00e7ais le laissent approcher et monter \u00e0 bord. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un am\u00e9ricain fid\u00e8le au roi d&rsquo;Angleterre qui est imm\u00e9diatement fait prisonnier. Pendant ce temps, le corps d&rsquo;abordage du\u00a0 \u00ab\u00a0<strong><em>Glorieux<\/em><\/strong>\u00a0\u00bb se rue sur la fr\u00e9gate anglaise qui est captur\u00e9e apr\u00e8s un bref corps \u00e0 corps.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;autre fr\u00e9gate, la \u00ab&nbsp;<em>Guadeloupe<\/em>&nbsp;\u00bb, chass\u00e9e par la \u00ab&nbsp;<em>Diligente<\/em>&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;<em>L&rsquo;Aigrette<\/em>&nbsp;\u00bb, r\u00e9ussit \u00e0 fuir. Elle se r\u00e9fugie dans la rivi\u00e8re York, sous la protection.des batteries de Yorktown, base de l&rsquo;arm\u00e9e de Corwallis.<\/p>\n\n\n\n<p>Le \u00ab&nbsp;<em>Glorieux<\/em>&nbsp;\u00bb et&nbsp; la \u00ab&nbsp;<em>Diligente<\/em>&nbsp;\u00bb mouillent \u00e0 l&rsquo;ouvert de la rivi\u00e8re pour en bloquer l&rsquo;entr\u00e9e, et oter \u00e0 l&rsquo;ennemi tout communication avec la mer. \u00ab&nbsp;<em>L&rsquo;Aigrette<\/em>&nbsp;\u00bb convoie la \u00ab&nbsp;<em>Loyalist<\/em>&nbsp;\u00bb, qui est en fait une une corvette de 18 canons, aupr\u00e8s du reste de la flotte, qui est mouill\u00e9e au nord du Cap Henry.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La \u00ab&nbsp;Bataille des Caps \u00bb:<\/h3>\n\n\n\n<p>Une bataille navale d\u00e9cisive a lieu \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de la baie de Chesapeake. Elle va changer le cours de l\u2019histoire et entra\u00eener la victoire des insurgeants am\u00e9ricains.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, le 5 septembre, alors que l&rsquo;escadre fran\u00e7aise d\u00e9barque des troupes sur le c\u00f4te \u00e0 Williamsbourg, situ\u00e9 entre les rivi\u00e8res York et James afin de renforcer les troupes qui bloquent Yorktown, et que 1800 matelots et 80 officiers sont occup\u00e9s \u00e0 cette t\u00e2che, on signale des voiles ennemies. C&rsquo;est la flotte anglaise compos\u00e9e des deux escadres: celle de Hood et celle de Graves. Elle sous-estime le nombre de navires fran\u00e7ais, car elle guette un convoi qui arrive de France charg\u00e9e de munitions et d&rsquo;armes pour les insurg\u00e9s am\u00e9ricains. Il est prot\u00e9g\u00e9 par une faible escadre de huit vaisseaux command\u00e9e par Barras.<\/p>\n\n\n\n<p>En une heure tous les vaisseaux fran\u00e7ais sont sous voiles, et la bataille s&rsquo;engage vers 15 heures. Quoique forte de 1800 canons, la flotte fran\u00e7aise manque de servant dont un grand nombre est rest\u00e9s \u00e0 terre dans la pr\u00e9cipitation. Les anglais ont 1400 canons, dont de nombreuse caronades, canons \u00e0 puissance triple, construits \u00e0 Bristol. Cependant les amiraux anglais s&rsquo;entendent mal. Ils font de nombreuses erreurs de signaux. Ils ont bient\u00f4t cinq de leurs bateaux tr\u00e8s maltrait\u00e9s. Puis le vent tourne, passe au nord-est, et force. brutalement. Aussit\u00f4t la flotte anglaise fait porter largue et s&rsquo;\u00e9chappe.<\/p>\n\n\n\n<p>Les anglais ont perdu le \u00ab&nbsp;<em>Vengeance<\/em> \u00bb qui coule. Ils sont oblig\u00e9s, dans la soir\u00e9e,de mettre le feu au \u00ab&nbsp;<em>Terrible<\/em>&nbsp;\u00bb, vaisseau de 74 canons, qui ne peut plus tenir la mer.<\/p>\n\n\n\n<p>Une poursuite infructueuse s&rsquo;engage, qui dure plusieurs jours. Le 10 septembre, le \u00ab&nbsp;<strong><em>Glorieux<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb et la \u00ab&nbsp;<em>Diligente<\/em>&nbsp;\u00bb, qui avaient \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9s \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de la rivi\u00e8re York, rejoignent le gros de la flotte. Le m\u00eame jour, l&rsquo;escadre de Barras est aper\u00e7ue; on la prend pour des navires ennemis. Elle se glisse dans la baie de Chesapeake et d\u00e9barque munitions et renforts.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 11, De Grasse fait mettre le cap sur l&rsquo;entr\u00e9e de la Chesapeake. C&rsquo;est alors que deux fr\u00e9gates anglaises \u00ab&nbsp;<em>l&rsquo;Iris<\/em> \u00bb et le \u00ab&nbsp;<em>Richemond<\/em>&nbsp;\u00bb sont aper\u00e7ues. Elles cherchaient&nbsp; \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer dans la baie de Chesapeake et gagner le mouillage de l&rsquo;escadre fran\u00e7aise, pour le d\u00e9truire en coupant les bou\u00e9es des ancres qu&rsquo;elle avait laiss\u00e9e. On leur donne la chasse et on s&rsquo;en emparre.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 30 septembre, 800 hommes des garnisons des vaisseaux sont d\u00e9barqu\u00e9s sur la rive gauche de la rivi\u00e8re York, pour renforcer les troupes qui bloquent le poste de Cloucester. Le 19 Yorktown, o\u00f9 s&rsquo;\u00e9tait retranch\u00e9e l&rsquo;arm\u00e9e anglaise command\u00e9e par Cornwallis, capitule. Quatorze r\u00e9giments anglais et hessois, soit 7500 hommes, se rendent aux alli\u00e9s. C&rsquo;est la victoire d\u00e9cisive qui change le cours de la guerre.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;arm\u00e9e navale quitte la baie de Chesapeake le 4 novembre. Elle est compos\u00e9e de 33 vaisseaux de guerre. Elle arrive le 25 en vue de la Martinique.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 18 janvier 1782, alors que la flotte est en op\u00e9ration \u00e0 Basse Terre, le \u00ab&nbsp;<em>Glorieux&nbsp;<\/em>\u00bb, accompagn\u00e9 de la fr\u00e9gate&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>l&rsquo;Iris<\/em>&nbsp;\u00bb, en croisi\u00e8re du cot\u00e9 de l\u2019\u00eele de Ni\u00e8ves, s&#8217;emparent d&rsquo;un b\u00e2timent de 16 canons.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 24, le \u00ab&nbsp;<em>Glorieux<\/em>&nbsp;\u00bb, qui patrouille dans les m\u00eames parages, signale des voiles \u00e9trang\u00e8res. C\u2019est l\u2019avant-garde de l\u2019arm\u00e9e navale anglaise<\/p>\n\n\n\n<p>Le 25 janvier, l&rsquo;arm\u00e9e navale fran\u00e7aise cherche \u00e0 engager le combat avec les vaisseaux anglais. De Grasse pique au centre de la ligne anglaise. Le \u00ab&nbsp;<strong><em>Glorieux<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb &nbsp;est juste devant le \u00ab&nbsp;<em>Ville de Paris<\/em>&nbsp;\u00bb, le vaisseau amiral, lui m\u00eame suivi du \u00ab&nbsp;<em>Sceptre<\/em>&nbsp;\u00bb. A 2 heures de l&rsquo;apr\u00e8s midi la bataille commence. Tr\u00e8s vite le \u00ab&nbsp;<em>Glorieux<\/em>&nbsp;\u00bb, pris \u00e0 partie par plusieurs vaisseaux anglais est terriblement maltrait\u00e9. Il perd une trentaine de tu\u00e9s et beaucoup de bless\u00e9s. Il est oblig\u00e9 de se retirer de la ligne de feu. Au soir l\u2019issue de la bataille est ind\u00e9cise. Mais, il s&rsquo;agit, pour les anglais, d&rsquo;une diversion qui leur permet de d\u00e9barquer des troupes et de tenter de reprendre le fort du R\u00e9duit \u00e0 Basse Terre. La bataille navale, sur terre comme sur mer, se poursuit plusieurs jours. Les combats \u00e0 terre sont particuli\u00e8rement sanglants. Finalement, les ennemis rembarquent leurs troupes le 28 janvier.<\/p>\n\n\n\n<p>Est-ce ce jour l\u00e0 que Jean Travail est laiss\u00e9 pour mort&nbsp;ce qui lui vaut la mention <strong>\u00ab&nbsp;mort sur le \u00ab&nbsp;<em>Glorieux<\/em>&nbsp;\u00bb?<\/strong> Sans doute pas, car le \u00ab&nbsp;<em>Glorieux<\/em>&nbsp;\u00bb, certes en piteux \u00e9tat, est r\u00e9par\u00e9. Ses papiers sont sauvegard\u00e9s. On l&rsquo;aurait retrouv\u00e9, et aurait constat\u00e9 qu&rsquo;il \u00e9tait vivant. Les registres de Quimper n&rsquo;auraient pas \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><u>La \u00ab&nbsp;<em>Bataille des Saintes<\/em>&nbsp;\u00bb et la perte du \u00ab&nbsp;<em>Glorieux&nbsp;<\/em>\u00bb&nbsp;:<\/u><\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Le 26 f\u00e9vrier on apprend que l&rsquo;amiral anglais Rodney est arriv\u00e9 aux Antilles avec un renfort de vaisseaux. Cela fait \u00e9voluer le rapport des forces en leur faveur, d&rsquo;autant que plusieurs navires fran\u00e7ais sont en r\u00e9paration.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 9 avril a lieu une nouvelle bataille navale ind\u00e9cise qui continue durant plusieurs jours, ponctu\u00e9e d&rsquo;accrochages violents.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 12, ce qui restera dans l\u2019histoire sous le nom de \u00ab\u00a0Bataille des Saintes\u00a0\u00bb commence. Elle s&rsquo;engage d\u00e8s 8 heures du matin. Le vent est faible et vient de la ligne anglaise, ce qui leur procure un avantage. Les vaisseaux fran\u00e7ais ont des difficult\u00e9s \u00e0 man\u0153uvrer. Le centre de la ligne est en plein combat lorsque, vers 9 heures, le vent change de se sens. Il saute de 45 degr\u00e9s de l&rsquo;est au sud-est, masquant les vaisseaux fran\u00e7ais. Entre les vaisseaux du centre, directement engag\u00e9s et en partie d\u00e9gr\u00e9\u00e9s, et les l&rsquo;avant-garde oblig\u00e9e de man\u0153uvrer pour changer d&rsquo;amure, se cr\u00e9e un vide dangereux. La ligne de bataille se rompt derri\u00e8re le \u00ab\u00a0<strong><em>Glorieux<\/em><\/strong>\u00a0\u00bb et devant le \u00ab\u00a0<em>Diad\u00e8me<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;amiral anglais Rodney donne l&rsquo;ordre \u00e0 ses navires de couper la ligne fran\u00e7aise \u00e0 cet endroit. Cinq vaisseaux anglais le \u00ab&nbsp;<em>Formidable<\/em>&nbsp;\u00bb, suivi du \u00ab&nbsp;<em>Namur<\/em>&nbsp;\u00bb, du \u00ab&nbsp;<em>Saint-Alban<\/em>&nbsp;\u00bb, du \u00ab&nbsp;<em>Canada<\/em>&nbsp;\u00bb et de \u00ab&nbsp;<em>l&rsquo;Ajax<\/em>&nbsp;\u00bb, traversent la ligne fran\u00e7aise et prennent les Fran\u00e7ais en enfilade. Des deux cot\u00e9s, les terribles caronades de 68 crachent \u00e0 bout portant des milliers de balles qui tuent les marins et soldats, et hachent les haubans. En quelques instants, le \u00ab&nbsp;<strong><em>Glorieux<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb se retrouve compl\u00e8tement d\u00e9m\u00e2t\u00e9 dans un d\u00e9sordre indescriptible. Des tonnes de vergues, de poulies, de hunes, de cordages et de voiles couvrent le pont et masquent les canons. Les marins qui ont pu se d\u00e9gager se ruent \u00e0 coup de haches et de couteaux pour tenter de lib\u00e9rer le pont et les canons. On jette 18 morts \u00e0 la mer. Jean travail est-il l&rsquo;un d&rsquo;entre eux ?<\/p>\n\n\n\n<p>On essaye d&rsquo;\u00e9tablir un mat de fortune avec les restes du m\u00e2t de perroquet, mais en vain. Les vol\u00e9es anglaises frappent le navire en enfilade. Le commandant M. Des Cars tombe. Sont corps est cribl\u00e9 de balles, et il meurt. Le \u00ab&nbsp;<strong><em>Glorieux<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb ne man\u0153uvre plus, il est r\u00e9duit \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de ponton.<\/p>\n\n\n\n<p>Trois vaisseaux ennemis s&rsquo;en prennent maintenant au \u00ab\u00a0<em>Sceptre<\/em>\u00a0\u00bb, vaisseau qui pr\u00e9c\u00e8de le \u00ab\u00a0<em>Glorieux<\/em>\u00a0\u00bb dans la ligne de bataille. Apr\u00e8s le navire de Jean Boudigou-dit-Travail, c&rsquo;est au tour de celui d&rsquo;Henri Boudigou-dit-Travail de subir l\u2019assaut anglais. Ceux-ci cherchent \u00e0 mettre en panne dans sa hanche et le malm\u00e8nent impitoyablement \u00e0 coup de mitraille et de mousqueterie. Il est rapidement d\u00e9gr\u00e9\u00e9, et perd beaucoup d&rsquo;hommes, mais ses mats tiennent encore debout sans leurs haubans.<\/p>\n\n\n\n<p>Les vaisseaux ennemis passent. Le combat cesse de ce cot\u00e9 et se d\u00e9place vers l&rsquo;avant-garde. Dans cette accalmie, on essaie de r\u00e9parer, de sauver ce qui est possible. Le \u00ab&nbsp;<strong><em>Glorieux<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb est pris en remorque par la fr\u00e9gate &nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Richemond&nbsp;<\/em>\u00bb pour \u00eatre \u00e9cart\u00e9 de la zone de combat, et ramen\u00e9 en lieu s\u00fbr. Mais le vent manque.<\/p>\n\n\n\n<p>Vers 2 heures de l&rsquo;apr\u00e8s-midi, l&rsquo;escade anglaise se regroupe et fonce sur le \u00ab&nbsp;<em>Glorieux<\/em>&nbsp;\u00bb et le \u00ab&nbsp;<em>Richemond&nbsp;<\/em>\u00bb. Ce dernier est oblig\u00e9 de larguer la remorque. Le \u00ab&nbsp;<em>Glorieux<\/em>&nbsp;\u00bb est bient\u00f4t oblig\u00e9 d&rsquo;amener son pavillon. Dans la soir\u00e9e, le formidable vaisseau amiral \u00e0 3 ponts \u00ab&nbsp;<em>Ville de Paris<\/em>&nbsp;\u00bb, isol\u00e9 des autres navires et encercl\u00e9 par plusieurs navires ennemis,&nbsp; est oblig\u00e9 de se rendre. Il est compl\u00e8tement d\u00e9m\u00e2t\u00e9. L&rsquo;amiral De Grasse est fait prisonnier. La bataille est perdue. Les fran\u00e7ais ont perdu aussi le \u00ab&nbsp;<em>C\u00e9sar&nbsp;<\/em>\u00bb, \u00ab&nbsp;<em>l&rsquo;Hector<\/em>, \u00ab&nbsp;<em>l&rsquo;Hercule<\/em>&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;<em>l&rsquo;Eveill\u00e9<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est sans doute au cours de cette bataille et notamment dans le cadre de la perte du \u00ab\u00a0<strong><em>Glorieux<\/em><\/strong>\u00a0\u00bb que Jean Boudigou-dit-Travail est consid\u00e9r\u00e9 comme mort. Son fr\u00e8re, marin sur le \u00ab\u00a0<em>Sceptre<\/em>\u00a0\u00bb et t\u00e9moin du drame, a d\u00fb contribuer renforcer cette id\u00e9e. Jean est peut-\u00eatre intern\u00e9 sur un ponton anglais.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais peut-\u00eatre est-il tomb\u00e9 \u00e0 la mer. Gamin de la c\u00f4te, fils de marin, il avait s\u00fbrement l&rsquo;habitude de trainer sur les rivage de Poullan et de se baigner dans le port de Tr\u00e9boul. Il sait peut-\u00eatre nager. Dans ce cas il aurait r\u00e9ussi \u00e0 s&rsquo;accrocher \u00e0 une \u00e9pave et \u00e0 nager jusqu&rsquo;\u00e0 la c\u00f4te.<\/p>\n\n\n\n<p>Il r\u00e9appara\u00eet par la suite, peut-\u00eatre au cours de l\u2019ann\u00e9e 1782, en tout cas avant le 1<sup>er<\/sup> mars 1783, date \u00e0 laquelle il est \u00ab&nbsp;<em>mis en cong\u00e9<\/em>&nbsp;\u00bb. Ce qui lui vaut la rature sur la mention \u00ab&nbsp;<strong><em>mort sur le Glorieux<\/em><\/strong>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Quant au \u00ab&nbsp;<em>Glorieux<\/em>&nbsp;\u00bb, remis en \u00e9tat par les anglais, il sombrera quelques mois plus tard au large de Terre-Neuve<\/p>\n\n\n\n<p><strong><u>Sources&nbsp;:<\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Archives de la Marine \u00e0 Brest<\/strong> (<em>Archives de la Marine\u00a0:<\/em> <a href=\"http:\/\/mistral.culture.fr\/culture\/nllefce\/fr\/rep_ress\/an_00300.htm\">http:\/\/mistral.culture.fr\/culture\/nllefce\/fr\/rep_ress\/an_00300.htm<\/a>)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Revue \u00ab&nbsp;<em>Neptunia<\/em>&nbsp;\u00bb <\/strong>(la revue des Amis du Mus\u00e9e de la Marine)&nbsp;num\u00e9ros 45 \u00e0 50; \u00ab&nbsp;<em>Notes de campagnes du Comte Rigaud de Vaudreuil- 1781-1783<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Lire <strong>\u00ab&nbsp;<em>Le rendez-vous de Marie-Galante<\/em>&nbsp;\u00bb, <\/strong>roman de Jean-Jacques Antier, historien de marine, Presses de la Cit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Lire aussi<strong> \u00ab&nbsp;<em>Chirurgien sur la Circ\u00e9e<\/em>&nbsp;\u00bb <\/strong>r\u00e9cit historique de Gaston Blandin, Ouest-Editions\/ Universit\u00e9 interage de Nantes.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Gilles Pichavant (adh\u00e9rent au Centre de G\u00e9n\u00e9alogie du Finist\u00e8re n\u00b01747 C) De l\u2019int\u00e9r\u00eat des Archives de la Marine Jean Travail (Boudigou dit) est le fils de Jean Boudigou dit Travail et de Gabrielle Le Pichon, n\u00e9 le 3 mai&hellip;<\/p>\n<p class=\"more-link-p\"><a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/2023\/12\/22\/la-vie-aventureuse-de-jean-boudigou-dit-travail\/\">Read more &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[41,3],"tags":[526,84,524,522],"class_list":["post-1585","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-genealogie","category-histoire","tag-brest","tag-douarnenez","tag-guerre-dindependance-americaine","tag-marin"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1585","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1585"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1585\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1588,"href":"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1585\/revisions\/1588"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1585"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1585"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1585"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}