{"id":1595,"date":"2025-01-03T22:30:29","date_gmt":"2025-01-03T21:30:29","guid":{"rendered":"http:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/?p=1595"},"modified":"2025-03-02T18:31:56","modified_gmt":"2025-03-02T17:31:56","slug":"les-femmes-en-mouvement-pour-legalite-de-salaire-dans-les-ptt-1889-1939","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/2025\/01\/03\/les-femmes-en-mouvement-pour-legalite-de-salaire-dans-les-ptt-1889-1939\/","title":{"rendered":"Les femmes en mouvement pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 de salaire dans les PTT (1889-1939)"},"content":{"rendered":"<div class=\"fblike_button\" style=\"margin: 10px 0;\"><iframe src=\"http:\/\/www.facebook.com\/plugins\/like.php?href=https%3A%2F%2Fwww.gillespichavant.com%2Fblog%2F2025%2F01%2F03%2Fles-femmes-en-mouvement-pour-legalite-de-salaire-dans-les-ptt-1889-1939%2F&amp;layout=standard&amp;show_faces=false&amp;width=450&amp;action=like&amp;colorscheme=light\" scrolling=\"no\" frameborder=\"0\" allowTransparency=\"true\" style=\"border:none; overflow:hidden; width:450px; height:25px\"><\/iframe><\/div>\n<p class=\"has-text-align-right\">Par Gilles Pichavant <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right has-small-font-size\">Communication faite par Gilles Pichavant pour l&rsquo;IHS-CGT-FAPT, au colloque de la FNART d&rsquo;octobre 2022; Publi\u00e9 en deux parties dans la revue d&rsquo;histoire sociale <em>Le Relais<\/em>, de<a href=\"https:\/\/ihscgtfapt.fr\/\"> l&rsquo;IHS-CGT-FAPT<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-nowrap is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-ad2f72ca wp-block-group-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1894-02-17-Central-Gutenberg-LIllustration-1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"710\" src=\"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1894-02-17-Central-Gutenberg-LIllustration-1-1024x710.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1597\" srcset=\"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1894-02-17-Central-Gutenberg-LIllustration-1-1024x710.jpg 1024w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1894-02-17-Central-Gutenberg-LIllustration-1-300x208.jpg 300w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1894-02-17-Central-Gutenberg-LIllustration-1-768x533.jpg 768w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1894-02-17-Central-Gutenberg-LIllustration-1-260x180.jpg 260w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1894-02-17-Central-Gutenberg-LIllustration-1.jpg 1197w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Une salle du central t\u00e9l\u00e9phonique manuel Gutenberg \u00e0 Paris, en 1894. \u2014 L&rsquo;Illustration, 17 f\u00e9vrier 1894.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">La lutte pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 femme-homme a rebondi il y a une vingtaine d\u2019ann\u00e9es, au d\u00e9but du 21e si\u00e8cle,  par la mise en \u00e9vidence de persistance de discriminations. Cela a conduit \u00e0 la mise en place de nouveaux dispositifs visant \u00e0 r\u00e9duire celles-ci, notamment en mati\u00e8re de carri\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>On est frapp\u00e9 par l\u2019\u00e9cart de salaire entre les hommes et les femmes pendant tout le 19<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Cette situation a perdur\u00e9 tr\u00e8s longtemps et il a fallu de nombreuses d\u00e9cennies de luttes pour r\u00e9duire cet \u00e9cart. Cette question est aujourd\u2019hui encore loin d\u2019\u00eatre r\u00e9gl\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Car \u00e0 l\u2019exploitation de la force de travail s\u2019ajoute la pesanteur de la condition subalterne des femmes dans la soci\u00e9t\u00e9. En fait, m\u00eame si l\u2019\u00e9galit\u00e9 est inscrite au moins dans la devise des R\u00e9publiques fran\u00e7aise successives depuis plus de deux si\u00e8cles, l\u2019\u00e9galit\u00e9 femme\/homme n\u2019est jamais all\u00e9e de soi, notamment en ce qui concerne le salaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Et, nous allons le d\u00e9couvrir, elle a n\u00e9cessit\u00e9 des luttes importantes et pers\u00e9v\u00e9rantes pour y arriver. Mais qu\u2019en a-t-il \u00e9t\u00e9 de cette question pour les PTT&nbsp;?<em><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Femmes\/Hommes: une in\u00e9galit\u00e9 qui vient de tr\u00e8s loin !<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pendant tout le 19<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, le salaire des femmes est partout tr\u00e8s nettement inf\u00e9rieur \u00e0 celui des hommes. Le salaire de la femme \u00e9tait en g\u00e9n\u00e9ral de la moiti\u00e9&nbsp; du salaire des hommes, sans que cet \u00e9cart n\u2019ait sembl\u00e9 provoquer de r\u00e9actions, tant il \u00e9tait ancr\u00e9 dans la norme et inscrit dans le contexte culturel de l\u2019\u00e9poque. Et cette situation va durer tout le si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la fin du si\u00e8cle, et surtout apr\u00e8s la Commune de Paris qui l\u2019a mis en pratique chez les instituteurs, la revendication \u00ab&nbsp;<em>\u00e0 <\/em><em>travail \u00e9gal, salaire \u00e9gal<\/em>&nbsp;\u00bb commence \u00e0 \u00e9merger. \u00c0 partir de 1880, le principe est inscrit dans le programme du Parti Socialiste Ouvrier de France (PSOF) de Jules Guesde et Paul Lafargue, le gendre de Karl Marx. Dans sa partie \u00e9conomique, il est \u00e9crit en point 5 : \u00ab\u00a0<em>\u00c9<\/em><em>galit\u00e9 de salaire \u00e0 travail \u00e9gal pour les travailleurs des deux sexes<\/em>\u00ab\u00a0. Cette id\u00e9e percute les habitudes et les pratiques en vigueur.<\/p>\n\n\n\n<p>Un <strong>Congr\u00e8s international du droit des femmes<\/strong><a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\">[1]<\/a>, organis\u00e9 par les f\u00e9ministes, se tient en juin 1889, en m\u00eame temps que l\u2019exposition universelle. Il vote 12 v\u0153ux. Trois v\u0153ux traitent du travail. Deux v\u0153ux revendiquent l\u2019\u00e9galit\u00e9 d\u2019acc\u00e8s des femmes aux carri\u00e8res des professions lib\u00e9rales, et un troisi\u00e8me, le 11<sup>e,<\/sup> revendique l\u2019\u00e9galit\u00e9 de salaire chez les instituteurs: \u00ab\u00a0<em>Que les instituteurs et les institutrices aient un salaire \u00e9gal<\/em>\u00ab\u00a0. Aucun des 12 v\u0153ux ne concerne les autres femmes salari\u00e9es, ni donc le personnel f\u00e9minin des PTT<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\">[2]<\/a>.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1896-extrait-rapport-Commission-PTT-feminisation.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"723\" height=\"523\" src=\"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1896-extrait-rapport-Commission-PTT-feminisation.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1605\" srcset=\"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1896-extrait-rapport-Commission-PTT-feminisation.jpg 723w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1896-extrait-rapport-Commission-PTT-feminisation-300x217.jpg 300w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1896-extrait-rapport-Commission-PTT-feminisation-260x188.jpg 260w\" sizes=\"auto, (max-width: 723px) 100vw, 723px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Extrait du rapport de la commission de l&rsquo;assembl\u00e9e nationale charg\u00e9e d&rsquo;examiner le budget de Postes T\u00e9l\u00e9graphes et T\u00e9l\u00e9phones pour 1896. \u2014 Journal Officiel<\/em>.<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Les femmes dans les Postes et T\u00e9l\u00e9graphes: une longue histoire.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les femmes semblent toujours avoir travaill\u00e9 dans les services postaux, au moins depuis le 18<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, o\u00f9 il est attest\u00e9 que certaines ont acc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la fonction de directrice des postes, principalement par voie de succession. Cette pr\u00e9sence f\u00e9minine, contest\u00e9e \u00e0 partir de la R\u00e9volution, conna\u00eet un reflux pendant les deux premiers tiers du 19<sup>e<\/sup> si\u00e8cle (notamment \u00e0 Paris), sans pour autant dispara\u00eetre tout \u00e0 fait. Cette tendance s\u2019inverse \u00e0 la fin du si\u00e8cle, au cours duquel s\u2019amorce une vague de f\u00e9minisation qui touche, tour \u00e0 tour, l\u2019ensemble des services des PTT et va se poursuivre au cours du 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\">[3]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Dans le dernier tiers du 19<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, le d\u00e9veloppement des nouveaux services dans les PTT et les besoins de main d\u2019\u0153uvre conduisent \u00e0 la f\u00e9minisation de l\u2019Administration postale :&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Le recrutement d\u2019un personnel f\u00e9minin au t\u00e9l\u00e9graphe d\u00e9bute en Province, dans les ann\u00e9es 1860, au sein des petits bureaux dits bureaux secondaires, avant d\u2019\u00eatre mis en \u0153uvre quinze plus tard, \u00e0 partir de 1877, \u00e0 Paris. En 1899, o\u00f9 elles sont presque 600 (soit 50% de l\u2019effectif), les dames t\u00e9l\u00e9graphistes sont employ\u00e9es au poste central des t\u00e9l\u00e9graphes, rue de Grenelle.<\/li>\n\n\n\n<li>\u00c0 partir de 1881, la f\u00e9minisation des PTT se d\u00e9veloppe dans les services financiers \u00e0 partir de la cr\u00e9ation de la Caisse Nationale d\u2019\u00c9pargne Postale.<\/li>\n\n\n\n<li>La Compagnie des T\u00e9l\u00e9phones est nationalis\u00e9e en 1889, et l\u2019Administration postale, \u00e0 qui \u00e9choit cette nouvelle mission, r\u00e9cup\u00e8re le personnel f\u00e9minin de cette entreprise pour assurer la fonction de t\u00e9l\u00e9phoniste. Elle recrute de nouvelles t\u00e9l\u00e9phonistes par concours \u00e0 partir des ann\u00e9es 1890 et, \u00e0 l\u2019issue de cette ann\u00e9e, les dames du t\u00e9l\u00e9phone sont au nombre de 812<a href=\"#_ftn4\" id=\"_ftnref4\">[4]<\/a>.<\/li>\n\n\n\n<li>La f\u00e9minisation des PTT s\u2019\u00e9tend pour finir dans les bureaux de poste de Paris et des grandes villes. Initialement la pr\u00e9sence des femmes\u00a0 \u00e9tait tol\u00e9r\u00e9e dans les zones rurales, mais elle \u00e9tait refus\u00e9e dans les bureaux de poste dans les grandes zones urbaines depuis le d\u00e9but du 19<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. \u00c0 partir de 1892, l\u2019organisation d\u2019examens de guicheti\u00e8re change la donne. En moins de deux ans, pr\u00e8s 2 400 femmes sont admises \u00e0 des emplois de guichets dans la capitale et les grandes agglom\u00e9rations fran\u00e7aises.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>En trois d\u00e9cennies, le nombre de femmes aux PTT augmente donc consid\u00e9rablement, on passe de 1 830 femmes au budget des PTT de 1891, \u00e0 29 493 \u00e0 celui de 1923<a href=\"#_ftn5\" id=\"_ftnref5\">[5]<\/a>. Ces chiffres ne tiennent pas compte, au moins jusqu\u2019en 1914, de l\u2019effectif f\u00e9minin auxiliaire des petits bureaux de poste, dont les r\u00e9mun\u00e9rations sont difficilement financ\u00e9s sur une maigre ligne budg\u00e9taire accord\u00e9e aux receveurs. En comptant les auxiliaires, le nombre de femmes employ\u00e9es aux PTT atteindra les 40&nbsp;000 au milieu des ann\u00e9es 30<a href=\"#_ftn6\" id=\"_ftnref6\">[6]<\/a>.<strong><\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1912-operatrice-Bulletin_mensuel.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"760\" src=\"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1912-operatrice-Bulletin_mensuel-1024x760.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1602\" srcset=\"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1912-operatrice-Bulletin_mensuel-1024x760.jpeg 1024w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1912-operatrice-Bulletin_mensuel-300x223.jpeg 300w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1912-operatrice-Bulletin_mensuel-768x570.jpeg 768w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1912-operatrice-Bulletin_mensuel-260x193.jpeg 260w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1912-operatrice-Bulletin_mensuel-1346x999.jpeg 1346w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1912-operatrice-Bulletin_mensuel.jpeg 1533w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Op\u00e9ratrice dans un central manuel vers 1912 \u2014 Illustration en Une du Bulletin mensuel de l&rsquo;association des abonn\u00e9s du t\u00e9l\u00e9phone, ao\u00fbt 1912. <\/em><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Femmes: des salaires plus faibles, pour embaucher plus.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Avec l\u2019arriv\u00e9e des nouveaux services, la politique de salaires f\u00e9minins nettement inf\u00e9rieurs \u00e0 ceux des hommes se r\u00e9v\u00e8lent \u00eatre la raison principale de la f\u00e9minisation aux PTT. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, personne ne semble contester cet \u00e9cart de salaire, le salaire f\u00e9minin \u00e9tant pr\u00e9sent\u00e9 comme un salaire d\u2019appoint.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est vrai que, depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9e, l\u2019administration rencontrait des difficult\u00e9s \u00e0 embaucher des hommes. Par contre, d\u00e8s qu\u2019elle ouvre des concours f\u00e9minins, le nombre de candidates \u00e0 s\u2019y pr\u00e9senter est consid\u00e9rable. En 1892, premi\u00e8re ann\u00e9e de f\u00e9minisation des guichets, 1200 dames sont admises au concours, alors que les concours masculins de commis ne fournissent que 205 agents<a href=\"#_ftn7\" id=\"_ftnref7\">[7]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est l\u2019\u00e9cart de salaire entre les femmes et les hommes, et, en cons\u00e9quence, la possibilit\u00e9 d\u2019avoir plus de personnel sans d\u00e9penses suppl\u00e9mentaires, qui est toujours avanc\u00e9 pour justifier la f\u00e9minisation des services. C\u2019est en tout cas ce qu\u2019on peut lire explicitement dans les rapports des commissions charg\u00e9es de pr\u00e9senter les budgets des PTT \u00e0 la Chambre des d\u00e9put\u00e9s&nbsp;: \u00ab\u00a0<em>C\u2019<\/em><em>est dans la substitution d\u2019un personnel f\u00e9minin \u00e0 un plus ou moins grand nombre d\u2019agents secondaires, que l\u2019administration a cru pouvoir trouver le moyen de r\u00e9duire au minimum les frais de personnel et de main d\u2019\u0153uvre<\/em>\u00a0\u00bb pr\u00e9cise le rapporteur du budget des PTT pour 1896. On ne peut \u00eatre plus clair&nbsp;: il s\u2019agissait de transformer des emplois budg\u00e9taires de Commis (hommes) en emplois budg\u00e9taires de Dames-Employ\u00e9es, sans d\u00e9penses suppl\u00e9mentaires. Et d\u2019expliquer: \u00ab\u00a0<em>E<\/em><em>n 1892 on proposait donc la transformation de 768 emplois de commis en 1067 emplois de dames employ\u00e9es, soit le remplacement de 100 hommes par 137 femmes<\/em>\u00ab\u00a0<a href=\"#_ftn8\" id=\"_ftnref8\">[8]<\/a>. Et d\u2019insister&nbsp;: \u00ab\u00a0<em>Le salaire moyen d\u2019une dame n\u2019\u00e9tant que de 1400 francs, (\u2026) et celui d\u2019un commis de 2250 francs <\/em><a href=\"#_ftn9\" id=\"_ftnref9\">[9]<\/a><em>, l\u2019administration a pu, \u00e0 l\u2019aide de transformations faites, augmenter sans d\u00e9pense le personnel d\u2019un certain nombre de bureaux devenu insuffisant, ou ouvrir de nouveaux guichets dans les bureaux important<\/em>s<a href=\"#_ftn10\" id=\"_ftnref10\">[10]<\/a>.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>L\u2019in\u00e9galit\u00e9 de salaire dans les PTT de l\u2019origine \u00e0 1914.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En 1881, le salaire des premi\u00e8res femmes embauch\u00e9es au T\u00e9l\u00e9graphe n\u2019est que de la moiti\u00e9 du salaire masculin. Alors qu\u2019elles effectuent le m\u00eame travail que les hommes, leurs traitements vont de 1000 \u00e0 2000 frs, alors que ceux des hommes vont de 2000 \u00e0 4000 francs <a href=\"#_ftn11\" id=\"_ftnref11\">[11]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1889, aux PTT, le salaire des Dames-employ\u00e9es est des deux-tiers de celui des Commis, alors qu\u2019elles sont embauch\u00e9es sur des concours de m\u00eame niveau. Dans le <em>Journal officiel de la R\u00e9publique fran\u00e7aise (Annexes), <\/em>du26 avril 1908<a href=\"#_ftn12\" id=\"_ftnref12\">[12]<\/a>, on peut lire: \u00ab\u00a0<em>Lo<\/em><em>rsqu\u2019en 1887 et les ann\u00e9es suivantes, l\u2019administration des postes fit entrer l\u2019\u00e9l\u00e9ment f\u00e9minin dans ses cadres, elle estima qu\u2019il faudrait trois dames pour faire le travail de deux commis, et fixa le traitement maximum \u00e0 1800 <\/em><em>francs, celui des commis \u00e9tant de 2700 francs. Cette proportion des deux tiers fut appliqu\u00e9e jusqu\u2019en 1891, date \u00e0 laquelle l\u2019administration \u00e9leva \u00e0 3000 francs le traitement des commis, cependant que celui des femmes restait stable. Ce ne fut qu\u2019en 1905, apr\u00e8s de nombreuses d\u00e9marches faites par l\u2019Association G\u00e9n\u00e9rale des Agents, que l\u2019administration releva successivement leur traitement maximal \u00e0 d\u2019abord 2000 francs, puis \u00e0 2200 francs, en 1907<\/em>\u00ab\u00a0<em>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>En 1908, le rapporteur du budget des PTT \u00e0 la Chambre reconna\u00eet pourtant que \u00ab\u00a0<em>sa<\/em><em>ns aller jusqu\u2019\u00e0 la th\u00e9orie de l\u2019\u00e9galit\u00e9 de traitement pour le personnel masculin et f\u00e9minin, (\u2026) nous dirons que rien ne justifierait cette r\u00e9glementation trop limitative du traitement des dames employ\u00e9es&nbsp;\u00bb<\/em>. Et d\u2019estimer que le traitement des Dames-employ\u00e9es \u00e9tant insuffisant, il devrait \u00eatre augment\u00e9. Mais, seulement, \u00ab\u00a0<em>d\u00e8s<\/em><em> que la situation budg\u00e9taire le permettrait<\/em>\u00ab\u00a0. Pour lui la th\u00e9orie qui avait pr\u00e9sid\u00e9 jusque l\u00e0 aux choix budg\u00e9taires, qu\u2019il fallait trois dames pour faire le travail de deux commis, ne tenait pas. \u00ab\u00a0<em>S\u2019il est peut-\u00eatre vrai dans les services de guichet, nous pouvons affirmer qu\u2019il n\u2019en est rien au t\u00e9l\u00e9graphe, au t\u00e9l\u00e9phone, \u00e0 la Caisse d\u2019\u00e9pargne ou aux titres d\u2019argent<\/em>\u00ab\u00a0<em>,<\/em> d\u00e9clara-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>La r\u00e9sistance \u00e0 la f\u00e9minisation dans les PTT<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019introduction de femmes dans les services se heurte \u00e0 une r\u00e9sistance, notamment dans la profession, et toute une s\u00e9rie d\u2019arguments sont d\u00e9velopp\u00e9s pour tenter d\u2019en limiter le nombre&nbsp;: \u00ab\u00a0<em>l\u2019absent\u00e9isme des femmes serait plus important de celui des hommes<\/em>\u00ab\u00a0<em>; <\/em>\u00ab\u00a0<em>les dames ne pourraient pas r\u00e9pondre \u00e0 toutes les questions de service qu\u2019on leur adresse<\/em>\u00ab\u00a0<em>; <\/em>\u00ab\u00a0<em>les op\u00e9rations postales seraient faites moins rapidement par les femmes que par les hommes<\/em>\u00ab\u00a0<em>.<\/em> On s\u2019appuie aussi sur des \u00e9tudes \u00e9trang\u00e8res pour renforcer l\u2019argumentation&nbsp;antif\u00e9ministe: \u00ab\u00a0<em>les femmes<\/em>\u00ab\u00a0, selon une \u00e9tude anglaise, \u00ab\u00a0<em>commettraient plus d\u2019erreurs, se fatigueraient plus facilement, et s\u2019absenteraient plus souvent du service pour des indispositions l\u00e9g\u00e8res<\/em>\u00ab\u00a0<a href=\"#_ftn13\" id=\"_ftnref13\">[13]<\/a>. Etc.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, avant la guerre 14-18, un argument vient temp\u00e9rer cette ardeur antif\u00e9ministe, c\u2019est l\u2019argument militaire, en cette p\u00e9riode de campagne militariste pour r\u00e9cup\u00e9rer l\u2019Alsace et la Lorraine&nbsp;: \u00ab\u00a0<em>l\u2019<\/em><em>administration doit \u00eatre constamment en mesure de fournir les effectifs qu\u2019exigeraient en tant de guerre, les services de la t\u00e9l\u00e9graphie militaire, de la tr\u00e9sorerie, de la poste aux arm\u00e9es<\/em>\u00ab\u00a0. (\u2026) En cas de mobilisation, \u00ab\u00a0<em>le p<\/em><em>r\u00e9l\u00e8vement serait sur\u00e9lev\u00e9 dans les bureaux o\u00f9 se trouverait concentr\u00e9 le personnel masculin<\/em>\u00ab\u00a0<a href=\"#_ftn14\" id=\"_ftnref14\">[14]<\/a>, et le service serait donc affect\u00e9. Il faudrait donc f\u00e9miniser suffisamment pour r\u00e9duire l\u2019impact de la mobilisation sur les services.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette r\u00e9sistance va se compl\u00e9ter d\u2019une lutte contre l\u2019\u00e9galit\u00e9 de salaire femmes\/hommes qui va perdurer tr\u00e8s longtemps, jusqu\u2019en 1939. Elle traverse aussi le syndicalisme. Pour exemple, en 1924, et en 1925, dans les congr\u00e8s annuels du Syndicat National des Agents, cet antif\u00e9minisme s\u2019exprime ouvertement&nbsp;: plusieurs militants de premier plan montent \u00e0 la tribune pour exprimer que l\u2019\u00e9galit\u00e9 de salaire serait \u00ab\u00a0<em>la ruine de la famille<\/em>\u00ab\u00a0, qu\u2019elle serait \u00ab\u00a0<em>l\u2019avilissement des salaires<\/em>\u00ab\u00a0, \u00ab\u00a0<em>le tarissement du recrutement f\u00e9minin<\/em>\u00ab\u00a0, \u00ab\u00a0<em>la femme aurait moins de besoins que l\u2019homme<\/em>\u00ab\u00a0, \u00ab\u00a0<em>les rendements des hommes et des femmes seraient diff\u00e9rents<\/em>\u00ab\u00a0, etc.<a href=\"#_ftn15\" id=\"_ftnref15\">[15]<\/a><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1909-05-dames-employees-grevistes-arretees.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"745\" src=\"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1909-05-dames-employees-grevistes-arretees-1024x745.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1601\" srcset=\"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1909-05-dames-employees-grevistes-arretees-1024x745.jpg 1024w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1909-05-dames-employees-grevistes-arretees-300x218.jpg 300w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1909-05-dames-employees-grevistes-arretees-768x559.jpg 768w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1909-05-dames-employees-grevistes-arretees-1536x1117.jpg 1536w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1909-05-dames-employees-grevistes-arretees-260x189.jpg 260w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1909-05-dames-employees-grevistes-arretees-1374x999.jpg 1374w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1909-05-dames-employees-grevistes-arretees.jpg 1584w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Dame employ\u00e9e des Postes, T\u00e9l\u00e9graphes et T\u00e9l\u00e9phones, arr\u00eat\u00e9e lors d&rsquo;une des deux grandes gr\u00e8ves des PTT de 1909. <\/em><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Les gr\u00e8ves de 1909 font avancer la cause des femmes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ann\u00e9e 1909 est marqu\u00e9e par deux grandes gr\u00e8ves dans les PTT, provoqu\u00e9es par la modification des r\u00e8gles d\u2019avancement. Si la revendication de l\u2019\u00e9galit\u00e9 de salaire ne semble pas \u00e9merger pendant la gr\u00e8ve, le grand m\u00e9contentement parmi le personnel f\u00e9minin, dont l\u2019in\u00e9galit\u00e9 de traitement est constitutive, est vraisemblablement un des moteurs de la participation massive des femmes aux deux mouvements de gr\u00e8ve, notamment au t\u00e9l\u00e9graphe et au t\u00e9l\u00e9phone.<\/p>\n\n\n\n<p>Les femmes, et notamment les dames employ\u00e9es, participent massivement aux mouvements et aux meetings, si\u00e8gent \u00e0 la tribune, voire les pr\u00e9sident. Nous n\u2019en citerons que quelques unes, comme Mlles Thomas, Balle, Saint-Martin, Nojean, Puissant, Magne, Mmes Pech, Pinettes, Raspaud, Flandrin, etc., que l\u2019on retrouve \u00e0 la pr\u00e9sidence des \u00e9normes meetings r\u00e9unis au Tivoly-Vaux-Hall, ou membres des d\u00e9l\u00e9gations aupr\u00e8s du Pr\u00e9sident du Conseil. Elles furent au moins 48 \u00e0 \u00eatre r\u00e9voqu\u00e9es, les derni\u00e8res \u00e0 \u00eatre r\u00e9int\u00e9gr\u00e9es ne l\u2019\u00e9tant qu\u2019en 1910. Deux ans plus tard, les 3 candidates de l\u2019Association G\u00e9n\u00e9rale des agents (AG)<a href=\"#_ftn16\" id=\"_ftnref16\">[16]<\/a>, Mlle Thomas, Mmes Chancerelle et Ciret, sont \u00e9lues \u00e0 la commission extraparlementaire des traitements par 61,5% des voix du personnel f\u00e9minin.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, en 1911, le principe de l\u2019\u00e9galit\u00e9 de salaire pour un m\u00eame travail est reconnu, tant au niveau syndical que par l\u2019administration. En juin de cette ann\u00e9e l\u00e0, Mlle Thomas et Mme Pech interviennent dans le congr\u00e8s annuel de l\u2019AG pour revendiquer que \u00ab\u00a0<em>l<\/em><em>orsque la dame employ\u00e9e tient l\u2019emploi de commis, il faudrait la r\u00e9tribuer comme lui<\/em>\u00ab\u00a0. Et le congr\u00e8s en vote le principe. Mlle Thomas porte cette revendication&nbsp;au sein de la commission extraparlementaire, o\u00f9 elle est enfin valid\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9galit\u00e9 est-elle gagn\u00e9e? Et bien non ! Il y a loin de la coupe aux l\u00e8vres. Il faut inscrire l\u2019\u00e9galit\u00e9 dans les budgets, et c\u2019est l\u00e0 que le bat blesse. Elle ne sera pas mise en \u0153uvre, et bient\u00f4t la 1<sup>\u00e8re<\/sup> guerre mondiale va mettre la revendication sous le boisseau.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Pendant la guerre 14-18, les femmes d\u00e9montrent qu\u2019elles savent faire fonctionner les services aussi bien que les hommes.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque la Premi\u00e8re Guerre mondiale \u00e9clate en 1914, l\u2019Administration n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 faire appel aux femmes pour remplacer les postiers mobilis\u00e9s, sans que cela provoque de v\u00e9ritable opposition. Leur embauche est massive : les Dames employ\u00e9es d\u2019avant la guerre sont rejointes par d\u2019autres qui viennent remplacer une partie des postiers mobilis\u00e9s. Elles assurent, au pied lev\u00e9, l\u2019ensemble des activit\u00e9s pr\u00e9c\u00e9demment assur\u00e9es par les hommes : la responsabilit\u00e9 de la caisse, les d\u00e9parts du courrier, voire les ambulants, les services de nuits au milieu des alertes et des bombardements, le service des mesures (test des lignes en d\u00e9rangement), etc. Cette progression quantitative spectaculaire se double de bouleversements d\u2019ordre qualitatif. Le conflit donne l\u2019occasion \u00e0 ces femmes d\u2019assumer des fonctions qui jusque-l\u00e0 leur \u00e9taient rarement d\u00e9volues, \u00e0 l\u2019image de la fonction de facteur.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais \u00e0 la fin de la guerre, l\u2019immense majorit\u00e9 de ces femmes est remerci\u00e9e et licenci\u00e9e, et remplac\u00e9e par les anciens fonctionnaires d\u00e9mobilis\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>L\u2019imm\u00e9diat apr\u00e8s guerre (14-18) relance l\u2019esp\u00e9rance de l\u2019\u00e9galit\u00e9.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La guerre 14-18 a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par une forte hausse des prix et une baisse du pouvoir d\u2019achat des traitements. Des primes compensant partiellement la hausse des prix, la question d\u2019une remise \u00e0 plat&nbsp; des traitements se pose. En 1919, la commission <em>H\u00e9brard-de-Villeneuve<\/em> est charg\u00e9e de la revalorisation des traitements des fonctionnaires. Dans cette commission, les repr\u00e9sentants de l\u2019administration des PTT se rallient \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 de salaire entre les dames et les commis, sous r\u00e9serve d\u2019un m\u00eame recrutement. Cela \u00e9tait \u00e0 l\u2019\u00e9vidence la cons\u00e9quence de la part de plus en plus grande qu\u2019avaient pris les femmes dans les PTT, et le r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant qu\u2019elles avaient rempli pendant les quatre ann\u00e9es de guerre. Le sentiment d\u2019une juste r\u00e9mun\u00e9ration de leur travail semblait s\u2019imposer.<\/p>\n\n\n\n<p>Le contexte semble propice, car, imm\u00e9diatement apr\u00e8s la fin de la guerre, l\u2019article 427 du trait\u00e9 de Versailles sign\u00e9 en 1919 par les bellig\u00e9rants, dans sa section II (principes g\u00e9n\u00e9raux), pr\u00e9cise dans son&nbsp; point 7&nbsp;: \u00ab\u00a0<em>Le princ<\/em><em>ipe du salaire \u00e9gal, sans distinction de sexe, pour un travail de valeur \u00e9gale<\/em>\u00ab\u00a0.&nbsp;Ce principe est aussi affirm\u00e9 dans le pr\u00e9ambule de la Constitution de l\u2019OIT, organisation internationale cr\u00e9\u00e9e par ce trait\u00e9, apr\u00e8s avoir affirm\u00e9 qu\u2019\u00a0\u00bb<em>il n\u2019est possible de contribuer \u00e0 une paix universelle durable qu\u2019en faisant progresser la cause de la justice sociale<\/em>\u00ab\u00a0. La non-discrimination et la promotion de l\u2019\u00e9galit\u00e9 sont les principes fondamentaux qui soutiennent le travail de cette organisation. A l\u2019\u00e9vidence, une action syndicale bien men\u00e9e aurait suffi pour faire triompher ce principe. Mais cela ne sera pas le cas.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>\u00c0 la cr\u00e9ation du Syndicat National des Agents (1919), la revendication de l\u2019\u00e9galit\u00e9 salariale est affirm\u00e9e.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En 1919, le 1<sup>er<\/sup> congr\u00e8s du nouveau Syndicat national des agents (Syndicat National des Agents ), issu de la transformation en syndicat de l\u2019AG, se tient \u00e0 Valence. Il s\u2019affilie \u00e0 la CGT. Le rapport moral indique que son action n\u2019a port\u00e9 depuis la fin de la guerre que sur le r\u00e9tablissement de la situation d\u2019avant guerre, pour une am\u00e9lioration des salaires significative pour tous les agents, pour prendre en compte la vertigineuse hausse du co\u00fbt de la vie, mais sans porter la revendication de l\u2019\u00e9galit\u00e9 hommes femmes. Cela provoque l\u2019\u00e9motion parmi les dames-employ\u00e9es organis\u00e9es, notamment dans les grands services parisiens. Un t\u00e9l\u00e9gramme envoy\u00e9 par celles de Paris-central protestant contre l\u2019absence du principe \u00ab\u00a0<em>\u00e0 travail \u00e9gal salaire \u00e9gal\u00a0\u00bb<\/em> est lu en s\u00e9ance<em>. <\/em>Il s\u2019appuie notamment sur l\u2019exp\u00e9rience travail des femmes pendant la guerre.<em> <\/em>Et le congr\u00e8s vote la formule \u00ab\u00a0<em>\u00e0 travail \u00e9gal, salaire \u00e9gal<\/em>\u00ab\u00a0.<a href=\"#_ftn17\" id=\"_ftnref17\">[17]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Mais l\u2019\u00e9galit\u00e9 femmes-hommes reste un v\u0153u pieux pendant plus de 6 ans, si bien que tous les ans, on peut lire dans le rapport moral pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 chaque congr\u00e8s, une formule quasiment identique: \u00ab\u00a0<em>aucune action n\u2019a \u00e9t\u00e9 faite par le Conseil syndical en vue de la r\u00e9alisation de l\u2019\u00e9galit\u00e9 de salaire<\/em>\u00ab\u00a0<em> (1921);<\/em>&nbsp;\u00ab\u00a0<em>aucune action n\u2019a \u00e9t\u00e9 faite par le Conseil syndical en vue de la r\u00e9alisation du principe \u00e0 recrutement \u00e9gal, salaire \u00e9gal<\/em>\u00ab\u00a0(1922) <em>; <\/em>\u00ab\u00a0<em>aucune action syndicale n\u2019a \u00e9t\u00e9 entreprise pour l\u2019aboutissement de la formule vot\u00e9e au congr\u00e8s pr\u00e9c\u00e9dent, concernant l\u2019assimilation des dames et des commis<\/em>\u00a0\u00bb (1923); \u00ab\u00a0<em>aucune action syndicale n\u2019a \u00e9t\u00e9 entreprise en vue d\u2019un recrutement entre dames et commis permettant l\u2019application de l\u2019\u00e9galit\u00e9 de salaires<\/em>\u00a0\u00bb (1925).<a href=\"#_ftn18\" id=\"_ftnref18\">[18]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Cela ind\u00e9pendamment de la scission syndicale de 1921, qui a plut\u00f4t eu tendance \u00e0 renforcer les opposants \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 au sein du syndicat. Le Syndicat National des Agents a opt\u00e9 pour rester dans la CGT conf\u00e9d\u00e9r\u00e9e, alors que les deux autres syndicats nationaux, celui des sous-agents et celui des ouvriers, ont rejoint la F\u00e9d\u00e9ration postale unitaire (CGTU).<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1923_Poste_centrale_rue_du_Louvre_Agence_Rol_btv1b53116000v_1.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"753\" src=\"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1923_Poste_centrale_rue_du_Louvre_Agence_Rol_btv1b53116000v_1-1024x753.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1603\" srcset=\"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1923_Poste_centrale_rue_du_Louvre_Agence_Rol_btv1b53116000v_1-1024x753.jpeg 1024w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1923_Poste_centrale_rue_du_Louvre_Agence_Rol_btv1b53116000v_1-300x221.jpeg 300w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1923_Poste_centrale_rue_du_Louvre_Agence_Rol_btv1b53116000v_1-768x565.jpeg 768w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1923_Poste_centrale_rue_du_Louvre_Agence_Rol_btv1b53116000v_1-260x191.jpeg 260w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1923_Poste_centrale_rue_du_Louvre_Agence_Rol_btv1b53116000v_1-1358x999.jpeg 1358w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1923_Poste_centrale_rue_du_Louvre_Agence_Rol_btv1b53116000v_1.jpeg 1433w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>En 1923, il n&rsquo;y a pas que des op\u00e9ratrices dans les PTT. Il y a des femmes dans les guichets, ou au tri postal, comme ici \u00e0 la Poste centrale du Louvre, \u00e0 Paris. \u2014 Photo de presse, Gallica.fr<\/em><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>La bataille pour les traitements et l\u2019\u00e9galit\u00e9 !<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019apr\u00e8s guerre, plusieurs commissions extra-parlementaires sont successivement constitu\u00e9es par le gouvernement, pour remettre de l\u2019ordre dans les traitements. En effet, les salaires ont \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement malmen\u00e9s pendant la guerre. La hausse des prix a \u00e9t\u00e9 \u00e9norme, et l\u2019on n\u2019a institu\u00e9 que des primes pour compenser en partie la perte de pouvoir d\u2019achat. Dans l\u2019affaire, les PTT ont \u00e9t\u00e9 moins bien trait\u00e9s que d\u2019autres secteurs de l\u2019administration, comme le secteur des finances. Les institutrices, qui \u00e9taient moins bien pay\u00e9es que les dames-employ\u00e9es avant guerre, se retrouvent mieux r\u00e9mun\u00e9r\u00e9es qu\u2019elles. Pour autant toutes les cat\u00e9gories de fonctionnaires ont \u00ab\u00a0perdu des plumes\u00a0\u00bb dans la p\u00e9riode. Ces commissions extra-parlementaires prennent le nom de leurs pr\u00e9sidents, des parlementaires. On a ainsi la commission <em>H\u00e9brard de Villeneuve<\/em>, la Commission <em>Tr\u00e9pont<\/em>, la commission <em>Hendl\u00e9<\/em>, une 2<sup>e<\/sup> commission <em>Hendl\u00e9<\/em>, la commission <em>Payelle<\/em>, etc. Beaucoup d\u2019espoirs sont fond\u00e9s \u00e0 leur cr\u00e9ation, suivis de beaucoup de d\u00e9ceptions.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais l\u2019\u00e9galit\u00e9 de salaire entre les hommes et les femmes n\u2019avance pas. Pire, l\u2019\u00e9cart entre les commis et les Dames-employ\u00e9es s\u2019accro\u00eet. Le 17 septembre 1925, la Commission <em>Tr\u00e9pont<\/em>, charg\u00e9e de la r\u00e9partition des cr\u00e9dits, vote les traitements des fonctionnaires. C\u2019est la stupeur et l\u2019indignation parmi tout le personnel f\u00e9minin dont le salaire moyen passe de 80% \u00e0 73% du salaire moyen des commis. Avec leur niveau de traitement les Dames-employ\u00e9es ne peuvent m\u00eame plus \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme une cat\u00e9gorie moyenne, car leur d\u00e9but de carri\u00e8re est largement d\u00e9pass\u00e9 par les facteurs. Cela provoque une r\u00e9action massive des dames qui se mettent massivement en gr\u00e8ve le 21 septembre.<\/p>\n\n\n\n<p>Lors d\u2019une r\u00e9union de la section t\u00e9l\u00e9phonique r\u00e9gionale parisienne du Syndicat National des Agents, le 7 septembre, Mlle Thomas, qui avait eu vent du mauvais coup qui se pr\u00e9parait, avait appel\u00e9 \u00ab\u00a0<em>\u00e0 protester<\/em>\u00ab\u00a0, \u00ab\u00a0<em>\u00e0 provoquer une certaine agitation dans les bureaux<\/em>\u00ab\u00a0, \u00e0 envoyer \u00ab\u00a0<em>une d\u00e9l\u00e9gation au conseil du syndicat de jeudi<\/em>\u00ab\u00a0[le 10 septembre],\u00a0\u00bb<em>pour exposer l\u2019\u00e9motion du personnel f\u00e9minin et demander \u00e0 celui-ci d\u2019organiser un meeting de protestation<\/em>\u00ab\u00a0<a href=\"#_ftn19\" id=\"_ftnref19\">[19]<\/a>. Apr\u00e8s l\u2019annonce des d\u00e9cisions de la commission <em>Tr\u00e9pont<\/em>, ce syndicat est en difficult\u00e9, car d\u2019autres cat\u00e9gories du personnel s\u2019estiment aussi l\u00e9s\u00e9es. Aussi, press\u00e9 de toute part, d\u00e9clenche-t-il, sans pr\u00e9paration, une gr\u00e8ve de deux heures pour tout le personnel, le 21 septembre<a href=\"#_ftn20\" id=\"_ftnref20\">[20]<\/a>, de 11h00 \u00e0 13h00. Mais sa direction ne prend aucune disposition pratique pour la populariser, car ses premiers responsables y sont hostiles, sauf \u00e0 faire en sorte que la gr\u00e8ve, l\u00e0 o\u00f9 elle aura lieu, cesse bien \u00e0 13h00. De fait, peu de gens sont au courant. La gr\u00e8ve conna\u00eet un tr\u00e8s grand succ\u00e8s parmi le personnel f\u00e9minin, mais presque exclusivement parmi celui-ci.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1925_09_22_Greves-des-dames-employees_Excelsior.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"836\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1925_09_22_Greves-des-dames-employees_Excelsior-836x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1600\" srcset=\"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1925_09_22_Greves-des-dames-employees_Excelsior-836x1024.jpg 836w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1925_09_22_Greves-des-dames-employees_Excelsior-245x300.jpg 245w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1925_09_22_Greves-des-dames-employees_Excelsior-768x940.jpg 768w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1925_09_22_Greves-des-dames-employees_Excelsior-1254x1536.jpg 1254w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1925_09_22_Greves-des-dames-employees_Excelsior-260x318.jpg 260w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1925_09_22_Greves-des-dames-employees_Excelsior-816x999.jpg 816w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1925_09_22_Greves-des-dames-employees_Excelsior.jpg 1439w\" sizes=\"auto, (max-width: 836px) 100vw, 836px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>La gr\u00e8ve des op\u00e9ratrices, dans les centraux t\u00e9l\u00e9phoniques alors compl\u00e8tement manuels, fait l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement ! \u2014 L&rsquo;Excelsior, 22 septembre 1925.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>La gr\u00e8ve appara\u00eet alors comme un surgissement, une surprise. \u00c0 Paris, et dans toutes les grandes villes, le personnel du t\u00e9l\u00e9phone, du central t\u00e9l\u00e9graphique et des ch\u00e8ques postaux, interrompt le service pendant deux heures. Les ordres de Bourse ne peuvent \u00eatre transmis ni par t\u00e9l\u00e9phone, ni par t\u00e9l\u00e9gramme. \u00c0 Paris, ce sont 5 000 t\u00e9l\u00e9phonistes, soit 95% du personnel f\u00e9minin, qui font gr\u00e8ve&nbsp;; 2 000 au central t\u00e9l\u00e9graphique&nbsp;; 800 aux ch\u00e8ques postaux. Dans les grands centraux manuels comme l\u2019Interurbain ou Archives, les militantes conf\u00e9d\u00e9r\u00e9es demandent l\u2019appui des unitaires<a href=\"#_ftn21\" id=\"_ftnref21\">[21]<\/a> qui r\u00e9pondent avec enthousiasme. Dans cette p\u00e9riode de division syndicale, c\u2019est exceptionnel ! Dans la soir\u00e9e, la F\u00e9d\u00e9ration postale unitaire organise un meeting et propose par lettre aux conf\u00e9d\u00e9r\u00e9s de s\u2019y associer,<a href=\"#_ftn22\" id=\"_ftnref22\">[22]<\/a> mais la proposition reste sans r\u00e9ponse.<\/p>\n\n\n\n<p>Le lendemain, les sanctions sont g\u00e9n\u00e9reusement distribu\u00e9es. Plusieurs sont r\u00e9voqu\u00e9s, comme&nbsp; Baylot, le secr\u00e9taire du syndicat, Baby, Brousse, Bourget, Vaisette (Paris-Central), Perrin (Lyon) et Schropff (Marseille)&nbsp;; d\u2019autres sont mis en disponibilit\u00e9 d\u2019office, comme Combes, le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la f\u00e9d\u00e9ration postale conf\u00e9d\u00e9r\u00e9e, Lamy, Crouste, Mme Baron et Mlle Bonnet (Paris), Compadieu et Santagostino (de Marseille). D\u2019autres se voient chang\u00e9s de r\u00e9sidence, comme Dalas, Lafont, Ricard, Dupiol, Tixier, M\u00e8ge, Champion, Corbi\u00e8re, Saurines (Paris). D\u2019autres encore sont chang\u00e9s de bureau et r\u00e9trograd\u00e9s, comme Dispan (Paris), Chautemps, Lefort et Manson (Lyon). Mlle Deausse, de Paris, est chang\u00e9e de bureau. Quant \u00e0 Mlle Thomas, elle subit une suspension de deux mois<a href=\"#_ftn23\" id=\"_ftnref23\">[23]<\/a>. Mme Baron, militante unitaire du central t\u00e9l\u00e9phonique Gutenberg, est soutenue par une p\u00e9tition unanimement sign\u00e9e, adress\u00e9e au ministre pour lui demander de bien vouloir r\u00e9examiner son cas. Partout, le personnel se mobilise et soutient les sanctionn\u00e9-e-s. Si bien que, dans les quinze jours, les sanctions sont annul\u00e9es par le ministre, et tout le monde retrouve son poste.<\/p>\n\n\n\n<p>Le gouvernement fl\u00e9chit. Il demande \u00e0 la commission <em>Tr\u00e9pont<\/em>, de r\u00e9viser ses travaux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>1925- Affrontements internes au Syndicat National des Agents sur la question de l\u2019\u00e9galit\u00e9 de salaire.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En juin 1925, contre l\u2019avis des femmes, le congr\u00e8s du Syndicat National des Agents avait abandonn\u00e9 la revendication \u00ab\u00a0<em>\u00e0 travail \u00e9gal salaire \u00e9gal<\/em>\u00ab\u00a0, et s\u2019\u00e9tait prononc\u00e9 pour l\u2019alignement des Dames-employ\u00e9es sur les Institutrices. Il s\u2019agissait du fruit de tractations pass\u00e9es entre la F\u00e9d\u00e9ration postale conf\u00e9d\u00e9r\u00e9e et la F\u00e9d\u00e9ration conf\u00e9d\u00e9r\u00e9e de l\u2019Enseignement, dans le cadre du soutien de la CGT (conf\u00e9d\u00e9r\u00e9e) au nouveau gouvernement du Cartel des gauches. Cela ne se fit pas sans les protestations vives des d\u00e9l\u00e9gu\u00e9es femmes, comme Mme Stanko et Mlle Thomas, mais rien n\u2019y fit.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir du moins d\u2019ao\u00fbt, une campagne de d\u00e9nigrement est men\u00e9e contre la militante la plus en vue du courant f\u00e9minin du Syndicat National des Agents : Mme Stanko, qui \u00e9tait aussi la directrice et r\u00e9dactrice en chef du <em>Journal des t\u00e9l\u00e9phones<\/em><a href=\"#_ftn24\" id=\"_ftnref24\">[24]<\/a>, et qui refusait d\u2019abandonner la bataille pour l\u2019\u00e9galit\u00e9. On l\u2019accuse, d\u2019inciter les femmes \u00e0 se retirer du syndicat et \u00e0 former un groupement dissident. Tout cela est faux, mais cette affaire conna\u00eet une s\u00e9rie de rebondissements tout au long de l\u2019automne, jusqu\u2019\u00e0 qu\u2019elle finisse par se d\u00e9gonfler. Mais de nouveau Mme Stanko exprime les m\u00eames id\u00e9es dans la presse, le <em>Journal des T\u00e9l\u00e9phones<\/em> d\u2019abord, l\u2019article \u00e9tant repris dans <em>l\u2019Action f\u00e9ministe<\/em>. Si bien que le 14 janvier 1926, le conseil syndical lui vote un bl\u00e2me et le 16 janvier 1926, elle est exclue du Conseil syndical. Des protestations sont vot\u00e9es dans les services, comme au bureau Diderot, o\u00f9 les dames syndiqu\u00e9es et non syndiqu\u00e9es se solidarisent avec elle \u00ab\u00a0<em>en ce qui concerne les critiques qu\u2019elle a \u00e9lev\u00e9es au sujet de la tactique employ\u00e9e par le syndicat dans la d\u00e9fenses des int\u00e9r\u00eats f\u00e9minins sur la question des traitements<\/em>\u00ab\u00a0, et la \u00ab\u00a0<em>f\u00e9licitent de son attitude et l\u2019assurent de leur enti\u00e8re confiance<\/em>\u00ab\u00a0. De son c\u00f4t\u00e9, Mme Stanko continue \u00e0 militer pour que les femmes ne quittent pas le syndicat, position qu\u2019elle exprimera r\u00e9guli\u00e8rement dans tous les meetings o\u00f9 elle prend la parole.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Le-Journal-des-Dames-Livre-Madeleine-Vignes_0214_NB-scaled.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Le-Journal-des-Dames-Livre-Madeleine-Vignes_0214_NB-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1604\" srcset=\"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Le-Journal-des-Dames-Livre-Madeleine-Vignes_0214_NB-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Le-Journal-des-Dames-Livre-Madeleine-Vignes_0214_NB-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Le-Journal-des-Dames-Livre-Madeleine-Vignes_0214_NB-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Le-Journal-des-Dames-Livre-Madeleine-Vignes_0214_NB-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Le-Journal-des-Dames-Livre-Madeleine-Vignes_0214_NB-2048x1365.jpg 2048w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Le-Journal-des-Dames-Livre-Madeleine-Vignes_0214_NB-260x173.jpg 260w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Le-Journal-des-Dames-Livre-Madeleine-Vignes_0214_NB-1500x999.jpg 1500w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Les fondatrices du Journal des t\u00e9l\u00e9phone, qui s&rsquo;appellera ensuite Journal des Dames.<\/em> <em>Extrait d&rsquo;un num\u00e9ro de 1928<\/em><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>1926- Et les Dames-employ\u00e9es d\u00e9cid\u00e8rent de prendre leurs affaires en main !<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 1926 est tr\u00e8s actif en termes d\u2019actions revendicatives. Il se tient de tr\u00e8s nombreux meetings, de mani\u00e8re rapproch\u00e9e, avec d\u2019\u00e9normes participations de femmes, dans un contexte de grande effervescence dans les services. L\u2019alignement des Dames-employ\u00e9es sur les institutrices ne passe pas.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 22 janvier, Combes, le secr\u00e9taire de la F\u00e9d\u00e9ration postale conf\u00e9d\u00e9r\u00e9e, pourtant aur\u00e9ol\u00e9 de sa r\u00e9vocation, qui vient d\u00e9fendre cette revendication devant 3 000 personnes, est hu\u00e9. Le 17 f\u00e9vrier, dans un meeting organis\u00e9 par les militantes du Syndicat National des Agents, d\u2019autres militants de ce syndicat tentent de monter \u00e0 l\u2019assaut de la tribune, de remplacer le bureau choisi par un autre, et de faire voter un autre ordre du jour. Mais le coup de force ne r\u00e9ussit pas, les assaillants ayant compt\u00e9 sans la fermet\u00e9 des assi\u00e9g\u00e9es, et la revendication de \u00ab\u00a0salaire \u00e9gal\u00a0\u00bb est vot\u00e9e par les 3 000 participantes.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 18 f\u00e9vrier 1926, un troisi\u00e8me meeting est organis\u00e9 par le syndicat unitaire des PTT de la Seine. Plus de 1 000 femmes se pressent dans la salle Jean-Jaur\u00e8s de la Bourse du travail. Henri Gourdeaux, le secr\u00e9taire de la F\u00e9d\u00e9ration postale unitaire, pr\u00e9side, assist\u00e9 de Mmes Merland et Banet. Gourdeaux parle union et unit\u00e9 d\u2019action. Il d\u00e9plore le conflit entre les fonctionnaires, qui retarde et compromet la question vitale des traitements. Jean Grandel<a href=\"#_ftn25\" id=\"_ftnref25\">[25]<\/a>, secr\u00e9taire national de la FPU, expose la position prise par sa f\u00e9d\u00e9ration \u00e0 propos des traitements, \u00e0 savoir l\u2019\u00e9galit\u00e9 de salaire entre les femmes et les hommes, et l\u2019augmentation de tous les salaires. Il r\u00e9clame la p\u00e9r\u00e9quation des commis des PTT avec ceux des contributions indirectes, mais en consid\u00e9rant qu\u2019il faut r\u00e9parer d\u2019abord l\u2019injustice qui a inf\u00e9rioris\u00e9 les femmes. Un autre orateur parle des autres revendications des femmes&nbsp;: la maternit\u00e9, les cong\u00e9s, etc. L\u2019ordre du jour est vot\u00e9 \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 19 f\u00e9vrier 1926, la question des traitements des PTT est finalement remise \u00e0 l\u2019ordre du jour du Conseil des ministres. La situation est devenue intenable pour l\u2019administration et le gouvernement du Cartel des gauches. Celui-ci d\u00e9cide donc la cr\u00e9ation de deux nouvelles commissions, dont une charg\u00e9e de redresser les erreurs commises aux PTT par la pr\u00e9c\u00e9dente commission.<\/p>\n\n\n\n<p>Fin f\u00e9vrier ou d\u00e9but mars, un Comit\u00e9 d\u2019entente des Dames des PTT est constitu\u00e9. Il se compose de militantes appartenant aux 3 syndicats&nbsp;: Conf\u00e9d\u00e9r\u00e9 (CGT), Unitaire (CGTU), F\u00e9minin (CFTC), et de non-syndiqu\u00e9es. Il se constitue contre l\u2019avis de la F\u00e9d\u00e9ration postale conf\u00e9d\u00e9r\u00e9e, mais avec le soutien de la F\u00e9d\u00e9ration postale unitaire. Ce comit\u00e9 d\u2019entente est re\u00e7u par l\u2019Administration et les pouvoirs publics.\u00a0\u00bb<em>Pour la premi\u00e8re fois le probl\u00e8me de l\u2019\u00e9galit\u00e9 des salaires dans toute son ampleur et le sens profond de sa r\u00e9alisation est pos\u00e9<\/em>\u00ab\u00a0<em>,<\/em> lit-on dans le <em>Journal des T\u00e9l\u00e9phones<\/em> de mars 1926. Les dames sont aussi re\u00e7ues par Pr\u00e9sident du Conseil \u2014 le Pr\u00e9sident du Conseil, c\u2019est le premier ministre, Laval, \u2014 et par le chef de cabinet du ministre des PTT. De son c\u00f4t\u00e9, la F\u00e9d\u00e9ration postale unitaire est admise \u00e0 exposer ses vues sur le traitement des postiers \u00e0 la sous-commission des finances et au Conseil sup\u00e9rieur des PTT. Elle y d\u00e9pose un rapport g\u00e9n\u00e9ral sur la question des traitements dans lequel est incluse l\u2019\u00e9galit\u00e9 des salaires.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ann\u00e9e 1926 est marqu\u00e9e par de multiples rebondissements, de meetings, et de mobilisations. Si bien que le 25 septembre, un d\u00e9cret parait au journal officiel. Il corrige quelque peu les d\u00e9cisions de la commission <em>Tr\u00e9pont<\/em>. L\u2019\u00e9cart entre les hommes et les femmes se r\u00e9duit \u00e0 2 000 francs, soit encore 15,4% tout de m\u00eame<a href=\"#_ftn26\" id=\"_ftnref26\">[26]<\/a>, mais on est loin de l\u2019\u00e9galit\u00e9 de salaire revendiqu\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Le m\u00e9contentement reste grand chez les dames employ\u00e9es, m\u00eame si certaines sont sensibles aux am\u00e9liorations apport\u00e9es. Dans de nombreux services, conf\u00e9d\u00e9r\u00e9-e-s et unitaires cr\u00e9ent des comit\u00e9s mixtes de vigilance, et incitent les dirigeants des deux f\u00e9d\u00e9rations \u00e0 entrer en rapport. Cette tactique des comit\u00e9s est \u00e0 l\u2019initiative des unitaires. Cela correspond \u00e0 leur strat\u00e9gie d\u2019union \u00e0 la base. <em>Le Journal des t\u00e9l\u00e9phones<\/em> de septembre appelle les dames employ\u00e9es \u00e0 aider et \u00e0 participer \u00e0 la formation de ces comit\u00e9s. \u00ab\u00a0<em>Il faut faire l\u2019unit\u00e9 pour r\u00e9veiller l\u2019id\u00e9al syndicaliste&nbsp;; Il faut faire l\u2019unit\u00e9 pour obliger le gouvernement \u00e0 donner aux postiers des salaires qui leur permettent de vivre. Il faut faire l\u2019unit\u00e9 pour fusionner les forces d\u00e9clinantes des conf\u00e9d\u00e9r\u00e9s, avec les forces neuves des unitaires<\/em>\u00ab\u00a0<a href=\"#_ftn27\" id=\"_ftnref27\">[27]<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>En d\u00e9cembre 1926, <em>le Journal des T\u00e9l\u00e9phones<\/em> va plus loin encore dans sa prise de distance avec les conf\u00e9d\u00e9r\u00e9s. Il ne pr\u00e9conise plus aux dames qui le demandent, de se syndiquer au Syndicat National des Agents, m\u00eame s\u2019il incite \u00e0 la syndicalisation. Il d\u00e9nonce le trucage des \u00e9lections au Conseil sup\u00e9rieur des PTT, par l\u2019administration, au profit des conf\u00e9d\u00e9r\u00e9s. En effet, les bulletins unitaires sont arriv\u00e9s syst\u00e9matiquement en retard dans les services, et parfois n\u2019ont m\u00eame pas \u00e9t\u00e9 propos\u00e9s au vote au personnel. Enfin le, journal appelle \u00e0 soutenir la FPU qui organise le 14 janvier 1927 un meeting contre \u00ab\u00a0la barri\u00e8re\u00a0\u00bb, sorte d\u2019arr\u00eat \u00e0 l\u2019avancement qui rappelait le \u00ab\u00a0tiercement\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn28\" id=\"_ftnref28\">[28]<\/a>, \u00e0 l\u2019origine des gr\u00e8ves de 1909.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>En 1927, c\u2019est la cr\u00e9ation de la <em>Ligue des dames des PTT<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans <em>Le Journal des t\u00e9l\u00e9phones<\/em> de novembre 1926, l\u2019id\u00e9e d\u2019une <em>Ligue des dames<\/em> des PTT est avanc\u00e9e. Elle est con\u00e7ue \u00e0 l\u2019image de celle qui a exist\u00e9 pendant plus d\u2019une d\u00e9cennie chez les institutrices, et qui avait fortement contribu\u00e9 \u00e0 la satisfaction, en 1924, de la revendication de l\u2019\u00e9galit\u00e9 dans cette corporation.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle est cr\u00e9\u00e9e en f\u00e9vrier 1927. Initialement il s\u2019agit de prolonger le comit\u00e9 d\u2019entente cr\u00e9\u00e9 en d\u00e9but 1926, et non de cr\u00e9er un nouveau syndicat, concurrent des autres. L\u2019id\u00e9e est de f\u00e9d\u00e9rer les \u00e9nergies de tous les syndicats pour faire avancer la revendication de l\u2019\u00e9galit\u00e9. La Ligue est donc cr\u00e9\u00e9e en association de type 1901. La cotisation est fix\u00e9e \u00e0 10 frs par an et un droit d\u2019adh\u00e9sion de 2 frs \u00ab\u00a0<em>Unissons nous sans distinction d\u2019opinion syndicale, point n\u2019est besoin pour cela de quitter notre groupement, notre but n\u2019\u00e9tant que d\u2019obtenir le salaire \u00e9gal, nous n\u2019\u00e9tudierons dans notre ligue que les questions se rattachant \u00e0 cette revendication. (\u2026) une fois notre but atteint, notre association n\u2019aura plus de raison d\u2019\u00eatre, et nous pourrons apporter notre activit\u00e9 au groupement de notre choix<\/em>\u00ab\u00a0<a href=\"#_ftn29\" id=\"_ftnref29\">[29]<\/a>, peut-on lire dans <em>Le journal des T\u00e9l\u00e9phones<\/em> d\u2019avril 1927, qui se met \u00e0 son service d\u00e8s sa cr\u00e9ation.<\/p>\n\n\n\n<p>Imm\u00e9diatement, la Ligue fait feu de tout bois. Elle est partout&nbsp;: d\u00e9l\u00e9gation \u00e0 la Pr\u00e9sidence du Conseil, \u00e0 la Direction du budget, devant les diverses commissions gouvernementales s\u2019occupant des traitements, aupr\u00e8s des pr\u00e9sidents des groupes parlementaires, chez le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral des PTT (personnage essentiel de l\u2019administration des PTT), etc.&nbsp; \u00c0 cela s\u2019ajoutent des lettres aux s\u00e9nateurs et d\u00e9put\u00e9s, d\u00e9l\u00e9gations aupr\u00e8s des ministres et parlementaires, communiqu\u00e9s de presse, meetings, etc.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 4 mai, elle organise un premier meeting, salle des Soci\u00e9t\u00e9s Savantes, auquel participent de militantes conf\u00e9d\u00e9r\u00e9es comme des militantes unitaires et plusieurs milliers de dames employ\u00e9es.&nbsp; Prennent la parole successivement&nbsp;: Mme Sapin, Mlle Garrigues, Mme Bernard, Mlle Bonnin, Mlle Noyon, Mme Marie Couette de la F\u00e9d\u00e9ration postale unitaire (FPU). Celle-ci explique pourquoi les militantes de la FPU adh\u00e8rent, elles aussi, \u00e0 la Ligue&nbsp;: \u00ab\u00a0<em>parce qu\u2019elle a les m\u00eames revendications que la FPU<\/em>\u00ab\u00a0. Pour autant, si la FPU soutient la Ligue, elle craint que les dames employ\u00e9es ne s\u2019isolent des autres cat\u00e9gories. Pour elle, les commis ne sont pas des ennemis comme certaines militantes de la Ligue le formulent. C\u2019est l\u2019ensemble du personnel qui doit se mobiliser pour la revalorisation des salaires, et cette question est absente du programme de la Ligue. Et dans cette bataille, la question de l\u2019unit\u00e9 est essentielle. C\u2019est pourquoi la FPU a pris l\u2019initiative de cr\u00e9er partout des comit\u00e9s d\u2019entente dans les services, pour pousser au rapprochement intersyndical.<\/p>\n\n\n\n<p>Par lettre du 2 juin 1927, le Ministre des Finances cr\u00e9e une seconde Commission Hendl\u00e9 en vue d\u2019incorporer une indemnit\u00e9 de 12% dans les traitements. La Commission gouvernementale puis le Conseil sup\u00e9rieur des PTT valident une forte progression des salaires f\u00e9minins. Ce n\u2019est pas encore l\u2019\u00e9galit\u00e9, mais c\u2019est une avanc\u00e9e.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir du num\u00e9ro de juillet 1927, du <em>Journal des T\u00e9l\u00e9phones<\/em> change de nom et devient <em>Le Journal des Dames des PTT<\/em>. Le journal rend compte des multiples initiatives et actions pour faire avancer la revendication.<\/p>\n\n\n\n<p>La revendication semble d\u00e9sormais avancer. La commission gouvernementale et le conseil sup\u00e9rieur des PTT se sont prononc\u00e9s pour un maximum \u00e0 15 600 fr. pour les Dames employ\u00e9es. Les 15&nbsp;600 fr. n\u2019\u00e9taient pas la revendication de la Ligue, mais ils marquaient un r\u00e9el progr\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais, patatras, le Ministre des finances d\u00e9cide unilat\u00e9ralement de descendre le traitement maximum des dames-employ\u00e9es \u00e0 14&nbsp;000 fr. La revendication concernant l\u2019int\u00e9gration des 26 000 dames-employ\u00e9es dans le cadre des commis entra\u00eenerait, disait-on, une d\u00e9pense budg\u00e9taire de 4 ou 5 millions de francs. Or le budget des PTT s\u2019\u00e9l\u00e8ve d\u00e9j\u00e0 \u00e0 30 milliards pour les d\u00e9penses. L\u2019objection du co\u00fbt de la revendication est donc fallacieuse. \u00ab\u00a0<em>Abattement arbitraire pour les petites cat\u00e9gories, restrictions inconcevables pour les moyennes, en revanche plafond largement ouvert pour les hauts fonctionnaires<\/em>\u00ab\u00a0, r\u00e9sume <em>Le Journal des Dames<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 31 ao\u00fbt 1927, la Ligue convoque en urgence un meeting salle des Horticulteurs, rue de Grenelle, \u00e0 Paris, pour riposter \u00e0 cette d\u00e9cision<a href=\"#_ftn30\" id=\"_ftnref30\">[30]<\/a>. Dans ce meeting, aux c\u00f4t\u00e9s de la pr\u00e9sidente, Mlle Mar\u00e9chal, et de militantes d\u00e9j\u00e0 connues, apparaissent deux nouvelles militantes de la F\u00e9d\u00e9ration Postale Unitaire, Mme Laurent du central t\u00e9l\u00e9phonique, et Ad\u00e8le Lecocq. La Ligue semble, alors, se rapprocher un peu plus de celle-ci.<\/p>\n\n\n\n<p>La F\u00e9d\u00e9ration postale unitaire soutient, en effet, les revendications l\u00e9gitimes du personnel f\u00e9minin. Mais d\u00e8s son premier num\u00e9ro, <em>la Bataille des PTT,<\/em> le nouvel organe de la FPU qui vient d\u2019\u00eatre cr\u00e9\u00e9, regrette toutefois que la scission pratiquement consomm\u00e9e entre la Ligue des Dames et le Syndicat des Agents conf\u00e9d\u00e9r\u00e9 introduise une division suppl\u00e9mentaire dans le personnel, qui, en fin de compte, sera n\u00e9faste. Elle propose une autre d\u00e9marche \u00e0 la Ligue qui pourrait, en travaillant au sein des organisations syndicales, obliger le syndicat conf\u00e9d\u00e9r\u00e9 \u00e0 prendre une autre attitude&#8230; Elle pourrait, d\u2019autre part, \u00eatre l\u2019instigatrice d\u2019une action commune entre l\u2019organisation conf\u00e9d\u00e9r\u00e9e et l\u2019organisation unitaire qui, elle, et depuis toujours, n\u2019a cess\u00e9 de d\u00e9fendre l\u2019\u00e9galit\u00e9 de salaire<a href=\"#_ftn31\" id=\"_ftnref31\">[31]<\/a>. Mais, ce n\u2019est pas l\u2019avis des dirigeantes de la Ligue des Dames. L\u2019antif\u00e9minisme, dont les int\u00e9ress\u00e9es ont tant souffert, engendre malheureusement son contraire rituel.<\/p>\n\n\n\n<p>Les militantes de la Ligue ne d\u00e9sarment pas. Le 23 septembre, elles d\u00e9posent sur le bureau de M. Bokanowski, le ministre des PTT, une p\u00e9tition sign\u00e9e dans 359 bureaux de poste de France et d\u2019Alg\u00e9rie, couverte de 12 806 signatures<a href=\"#_ftn32\" id=\"_ftnref32\">[32]<\/a>. Le ministre des PTT promet de d\u00e9fendre \u00e9nergiquement leurs revendications. Elles multiplient les d\u00e9l\u00e9gations aupr\u00e8s des parlementaires, des ministres et m\u00eame du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique. Mais le ministre des finances campe sur sa position. En novembre, la Ligue publie un communiqu\u00e9 dans lequel elle constate&nbsp;: \u00ab\u00a0<em>Des centaines de millions ont \u00e9t\u00e9 affect\u00e9es au rel\u00e8vement des salaires des fonctionnaires. En b\u00e9n\u00e9ficiaires de cette mesures, les dames-employ\u00e9es ont touch\u00e9 pour une p\u00e9riode de quinze mois, la somme de 27 fr. 50, soit une majoration journali\u00e8re de 6 centimes<\/em>\u00ab\u00a0<a href=\"#_ftn33\" id=\"_ftnref33\">[33]<\/a>.&nbsp; C\u2019est une premi\u00e8re d\u00e9sillusion.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la p\u00e9riode, des d\u00e9missions en masse sont enregistr\u00e9es un peu partout chez les conf\u00e9d\u00e9r\u00e9s : le Syndicat National des Agents et la F\u00e9d\u00e9ration Postale conf\u00e9d\u00e9r\u00e9e sont s\u00e9v\u00e8rement jug\u00e9s pour leur inaction persistante. La condamnation s\u2019exprime dans toutes les cat\u00e9gories, pas seulement chez les dames employ\u00e9es. Aussi, lorsque la F\u00e9d\u00e9ration Postale Conf\u00e9d\u00e9r\u00e9e tient ses assises, en octobre 1927, d\u00e9cr\u00e8te-t-elle&#8230; le huis clos ! Le fait est si rare dans la vie syndicale qu\u2019il provoque une curiosit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale. Et comme tout se sait, on apprend qu\u2019une lutte de personnes oppose depuis des ann\u00e9es Combes, Baylot, Digat, Tintignac, etc.<\/p>\n\n\n\n<p>Finalement, la crise se d\u00e9noue. Le 10 d\u00e9cembre, Baylot et son \u00e9quipe sont d\u00e9barqu\u00e9es de la direction du Syndicat National des Agents , et remplac\u00e9s par une nouvelle \u00e9quipe conduite par Math\u00e9<a href=\"#_ftn34\" id=\"_ftnref34\">[34]<\/a>. Il semble vouloir r\u00e9orienter le syndicat. Il ne refuse plus le contact avec les unitaires. Et surtout il op\u00e8re un rapprochement avec la Ligue des dames.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><a href=\"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1928_01_21_La-ligue-des-dames-et-legalite-des-salaires_L_Oeuvre_Retronews.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"400\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1928_01_21_La-ligue-des-dames-et-legalite-des-salaires_L_Oeuvre_Retronews-400x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1599\" srcset=\"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1928_01_21_La-ligue-des-dames-et-legalite-des-salaires_L_Oeuvre_Retronews-400x1024.jpg 400w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1928_01_21_La-ligue-des-dames-et-legalite-des-salaires_L_Oeuvre_Retronews-117x300.jpg 117w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1928_01_21_La-ligue-des-dames-et-legalite-des-salaires_L_Oeuvre_Retronews-768x1968.jpg 768w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1928_01_21_La-ligue-des-dames-et-legalite-des-salaires_L_Oeuvre_Retronews-799x2048.jpg 799w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1928_01_21_La-ligue-des-dames-et-legalite-des-salaires_L_Oeuvre_Retronews-260x666.jpg 260w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1928_01_21_La-ligue-des-dames-et-legalite-des-salaires_L_Oeuvre_Retronews-390x999.jpg 390w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1928_01_21_La-ligue-des-dames-et-legalite-des-salaires_L_Oeuvre_Retronews.jpg 856w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>La Ligue des Dames en meeting pour l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 de salaire femmes\/hommes dans les PTT en janvier 1928. \u2014 \u00ab\u00a0L\u2019\u0153uvre\u00a0\u00bb, 21 janvier 1928<\/em><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>L\u2019ann\u00e9e 1928&nbsp;: vers le d\u00e9nouement&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9but 1928, une nouvelle organisation voit le jour&nbsp;: prenant la suite d\u2019un comit\u00e9 de d\u00e9fense des commis et des contr\u00f4leurs, <em>l\u2019Association G\u00e9n\u00e9rale des commis<\/em> est cr\u00e9\u00e9e. Dissidente du Syndicat National des Agents, elle consid\u00e8re que celui-ci ne les d\u00e9fend pas. Elle prend le contre-pied de la <em>Ligue des dames<\/em>. Pour elle, les commis ne feraient pas le m\u00eame travail que les dames-employ\u00e9es, ce qui ne justifierait pas l\u2019\u00e9galit\u00e9, et le Syndicat National des Agents &nbsp;ne d\u00e9fendrait plus les revendications des commis. Imm\u00e9diatement l\u2019administration la reconna\u00eet. En f\u00e9vrier elle sera re\u00e7ue, avec <em>la Ligue des dames<\/em> et les organisations syndicales, par une nouvelle commission du parlement, la commission <em>Payelle<\/em>, charg\u00e9e de r\u00e9soudre ce que les pr\u00e9c\u00e9dentes commissions n\u2019avaient pas r\u00e9ussi \u00e0 faire. Mais dans les services, la division se renforce parmi le personnel.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant les choses semblent bouger. L\u2019administration annonce que le prochain concours de commis sera mixte, et qu\u2019elle va arr\u00eater d\u2019embaucher des dames-employ\u00e9es. Les nouvelles embauch\u00e9es seront donc des dames-commis.<\/p>\n\n\n\n<p>Sensible aux avances que lui fait la nouvelle direction du Syndicat National des Agents, la Ligue des dames s\u2019\u00e9loigne de la f\u00e9d\u00e9ration unitaire et se rapproche de la f\u00e9d\u00e9ration conf\u00e9d\u00e9r\u00e9e. Le 4 septembre, la Ligue des dames et la F\u00e9d\u00e9ration postale conf\u00e9d\u00e9r\u00e9e font pour la premi\u00e8re fois d\u00e9l\u00e9gation commune aupr\u00e8s du nouveau ministre des PTT, M. Ch\u00e9ron. &nbsp;Dans les semaines qui suivent, le gouvernement annonce l\u2019int\u00e9gration par \u00e9tape des dames employ\u00e9es dans le grade de commis.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9galit\u00e9 est-elle gagn\u00e9e ? Les dirigeantes de la <em>Ligue des dames<\/em> pensent que oui. Et le 25 octobre 1928, en assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, la <em>Ligue des dames <\/em>se dissout, annon\u00e7ant avoir atteint son objectif. Ses principales militantes r\u00e9int\u00e8grent le Syndicat National des Agents, o\u00f9 Mlle Bonnin, son ancienne secr\u00e9taire de la Ligue, entre au bureau.<\/p>\n\n\n\n<p>Derri\u00e8re cette dissolution de la Ligue, il y a surtout un deal politicien pass\u00e9 entre le Syndicat National des Agents, et les dirigeantes de la Ligue des dames. En fait, il s\u2019agit de renforcer la position du courant Math\u00e9 au sein du Syndicat National des Agents. \u00ab\u00a0<em>La dissolution de la ligue est la condition du maintien de Math\u00e9 \u00e0 la t\u00eate du syndicat.<\/em> <em>Ses adversaires, qui sont les adversaires du salaire \u00e9gal, veulent le faire tomber, justement \u00e0 cause des relations entre la ligue et le syndicat, ces relations \u00e9tant anti-statutaires<\/em>\u00ab\u00a0, justifie Mme Stanko dans le d\u00e9bat de l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de dissolution de la Ligue<a href=\"#_ftn35\" id=\"_ftnref35\">[35]<\/a>. D\u2019ailleurs, dans son num\u00e9ro de novembre 1928, le <em>Journal des dames <\/em>appelle \u00e0 voter pour les candidats du Syndicat National des Agents &nbsp;aux \u00e9lections au conseil sup\u00e9rieur des PTT.<\/p>\n\n\n\n<p>Lors de cette assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, plusieurs voix s\u2019\u00e9l\u00e8vent contre la dissolution. Mme D\u2019Harcourt, par exemple, \u00ab\u00a0<em>reproche aux dirigeantes de la Ligue de ne pas tenir leurs engagements. On n\u2019a pas le droit de dissoudre la Ligue avant la r\u00e9alisation de l\u2019\u00e9galit\u00e9 de salaire<\/em>\u00ab\u00a0. (\u2026) Et elle ajoute ne pas croire \u00ab\u00a0<em>possible qu\u2019une fois dissoute, la ligue puisse se reconstituer<\/em>\u00ab\u00a0. De son c\u00f4t\u00e9 Marie Couette, intervenant en tant que militante unitaire, rappelle que les unitaires n\u2019\u00e9taient initialement pas favorables \u00e0 la fondation de la Ligue, mais elles y \u00e9taient\u00a0\u00bb<em>venues pour d\u00e9fendre le salaire \u00e9gal<\/em>\u00ab\u00a0. Pour elle, la Ligue aurait d\u00fb rester un \u00ab\u00a0<em>comit\u00e9 d\u2019entente<\/em>\u00ab\u00a0. \u00c0 l\u2019\u00e9vidence la dissolution de la Ligue est un mauvais coup pour l\u2019unit\u00e9 des dames-employ\u00e9es, car Mme Stanko fait voter par l\u2019assembl\u00e9e un appel aux dames-employ\u00e9es de rejoindre le Syndicat National des Agents. Les militantes unitaires sont donc, de fait, d\u00e9finitivement \u00e9cart\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant tout le monde a compris que l\u2019\u00e9galit\u00e9 de salaire n\u2019est pas encore gagn\u00e9e, et les \u00e9v\u00e9nements vont le confirmer tr\u00e8s vite. Le 9 d\u00e9cembre, la Chambre des d\u00e9put\u00e9s vote le budget des PTT avec la transformation de seulement 2000 emplois de Dames-employ\u00e9es en commis<a href=\"#_ftn36\" id=\"_ftnref36\">[36]<\/a>. Le vote est confirm\u00e9 le 14 d\u00e9cembre au S\u00e9nat. Finalement elles se seront que 1 900. On est donc tr\u00e8s loin des 26&nbsp;000 int\u00e9grations esp\u00e9r\u00e9es, et l\u2019on se demande comment la promesse de les int\u00e9grer en cinq ans va pouvoir se faire \u00e0 ce rythme.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1928-02-25-Conges-de-maternite-aux-PTT-Tribune-des-fonctionnaires-confederes.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"492\" height=\"532\" src=\"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1928-02-25-Conges-de-maternite-aux-PTT-Tribune-des-fonctionnaires-confederes.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1598\" srcset=\"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1928-02-25-Conges-de-maternite-aux-PTT-Tribune-des-fonctionnaires-confederes.jpg 492w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1928-02-25-Conges-de-maternite-aux-PTT-Tribune-des-fonctionnaires-confederes-277x300.jpg 277w, https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/1928-02-25-Conges-de-maternite-aux-PTT-Tribune-des-fonctionnaires-confederes-260x281.jpg 260w\" sizes=\"auto, (max-width: 492px) 100vw, 492px\" \/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>En marge de la lutte des dames des PTT, celles-ci obtiennent enfin le cong\u00e9 de maternit\u00e9 de deux mois dont b\u00e9n\u00e9ficiaient d\u00e9j\u00e0 de leur c\u00f4t\u00e9 les institutrices<\/em> \u2014 extrait de la <em>Tribune des fonctionnaires<\/em>, du 25 f\u00e9vrier 1928.<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>1929, il y a encore loin de la coupe aux l\u00e8vres !<\/strong><strong> <\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Patatras, l\u2019int\u00e9gration des dames-employ\u00e9es dans le grade de commis est annonc\u00e9e par examen, et non \u00e0 pas l\u2019anciennet\u00e9. Et l\u2019examen se r\u00e9v\u00e8le, en fait, \u00eatre un concours, puisqu\u2019il y a 3 155 candidates pour 1 900 places. S\u2019engage une lutte acharn\u00e9e pour la suppression de cet examen, que le Syndicat National des Agents &nbsp;ne conteste pas.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le premier semestre de l\u2019ann\u00e9e 1929, de nombreux meetings sont organis\u00e9s r\u00e9guli\u00e8rement, rassemblant \u00e9norm\u00e9ment de femmes, dans un climat de grande effervescence dans les services. Le 6 mars, par exemple, une manifestation est organis\u00e9e \u00e0 la Bourse du travail, qui r\u00e9unit 5 000 dames-employ\u00e9es. Quelques avanc\u00e9es sont obtenues&nbsp;: les premi\u00e8res dames int\u00e9gr\u00e9es dans le grade de commis, le seront sans avoir \u00e0 subir d\u2019examen, si elles ont plus de 45 ans. Mais on commence \u00e0 parler de la mise \u00e0 la retraite d\u2019office des plus anciennes, ce qui permettrait de ne pas les promouvoir. Et fin mai, dans les d\u00e9crets qui sont publi\u00e9s, on apprend que les commis voient leur salaire terminal augment\u00e9 \u00e0 17&nbsp;500 fr., alors que celui des dames est de 15&nbsp;000 fr. L\u2019\u00e9cart entre les commis et les dames passe de 2 000 fr. \u00e0 2 500 fr. En juin, on apprend que les places propos\u00e9es d\u00e9finitivement aux laur\u00e9ates seront tr\u00e8s majoritairement dans les services administratifs, et tr\u00e8s peu dans les services t\u00e9l\u00e9phoniques : un peu plus de 50% \u00e0 la Poste, 35% au t\u00e9l\u00e9graphe, seulement 11% au t\u00e9l\u00e9phone. Or les dames employ\u00e9es sont majoritairement au t\u00e9l\u00e9phone. Par ailleurs, l\u2019administration annonce l\u2019ouverture d\u2019un concours externe mixte de commis avec seulement 100 places r\u00e9serv\u00e9es aux femmes, sur un total de 500. De plus les femmes ne pourront y concourir que si elles ont moins de 30 ans.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme l\u2019\u00e9crit la F\u00e9d\u00e9ration unitaire,le <em>\u00ab\u00a0\u00c0 travail \u00e9gal, salaire \u00e9gal vient de recevoir le coup de gr\u00e2ce\u00a0\u00bb<\/em>. Les \u00e9v\u00e9nements et l\u2019inaction du Syndicat National des Agents &nbsp;conduisent \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019un premier nouveau <em>comit\u00e9 d\u2019entente<\/em>, cette fois \u00e0 Paris Ch\u00e8ques. D\u2019autres se cr\u00e9ent tr\u00e8s rapidement dans les services t\u00e9l\u00e9graphiques et t\u00e9l\u00e9phoniques. Les militantes de ces comit\u00e9s protestent contre la volont\u00e9 de mettre en place un examen pour l\u2019acc\u00e8s au grade de commis, examen que ne passent pas les hommes. Le 6 juin, c\u2019est meeting \u00e0 la Bourse du travail qui rassemble 2000 dames. Le 7 juin, un autre rassemble 800 dames&nbsp;; 10 et 11 juin, des meetings organis\u00e9s par les sections des grands centraux t\u00e9l\u00e9phoniques parisiens, <em>Carnot, Auteuil, Passy, Laborde, \u00c9lys\u00e9e, Gutenberg,<\/em> et<em> les Ch\u00e8ques postaux<\/em>, font salles combles.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019automne, la mobilisation se poursuit. Elle se renforce \u00e0 la suite des d\u00e9clarations du ministre Germain-Martin qui insulte publiquement les employ\u00e9s des PTT, dans une circulaire publi\u00e9e le 29 octobre, et reprise par toute la presse. Il parle de \u00ab\u00a0<em>laisser aller<\/em>\u00a0\u00bb dans les services; pour lui, on \u00ab\u00a0<em>ne redresse pas les rel\u00e2chements&nbsp;qui ont cess\u00e9 d\u2019\u00eatre exceptionnels,<\/em> [on] <em>excuse les erreurs r\u00e9p\u00e9t\u00e9es,<\/em> [on] <em>pardonne \u00e0 la mauvaise volont\u00e9, etc.<\/em>\u00a0\u00bb&nbsp;; il d\u00e9nonce \u00ab\u00a0<em>la mauvaise tenue de certains bureaux<\/em>\u00ab\u00a0, bl\u00e2me \u00ab\u00a0<em>la mauvaise tenue des agents<\/em>\u00ab\u00a0, etc. Cela provoque une \u00e9norme \u00e9motion parmi le personnel des PTT qui se sent trahi<a href=\"#_ftn37\" id=\"_ftnref37\">[37]<\/a>. Le 5 novembre, une nouvelle grande manifestation contre l\u2019examen est une grande r\u00e9ussite. Puis c\u2019est la crise minist\u00e9rielle qui dure une dizaine de jours, apr\u00e8s laquelle le ministre retrouve son poste.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019examen pr\u00e9vu initialement les 23 et 25 novembre est report\u00e9 deux fois&nbsp;: d\u2019abord aux 13 et 14 d\u00e9cembre, puis, une nouvelle fois, au 25 janvier 1930. Deux cat\u00e9gories de dames sont d\u00e9sormais dispens\u00e9es de l\u2019examen&nbsp;: les employ\u00e9es de plus de 45 ans, au traitement maximum, et les m\u00e8res de famille de 40 ans, ayant 3 enfants vivants<a href=\"#_ftn38\" id=\"_ftnref38\">[38]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Et la mobilisation se renforce encore. Tous les services f\u00e9minins sont alert\u00e9s. Le 21 janvier 1930, les manifestations sont massives&nbsp;: 600 dames employ\u00e9es des PTT manifestent devant le minist\u00e8re. Malgr\u00e9 une force de police imposante (300 policiers), elles r\u00e9ussissent \u00e0 entrer dans la cour, et pendant \u00bd heure crient <em>\u00ab\u00a0\u00e0 bas l\u2019examen&nbsp;!\u00a0\u00bb<\/em>. Tout le personnel du minist\u00e8re est aux fen\u00eatres. La police r\u00e9ussit \u00e0 faire \u00e9vacuer les manifestantes, mais en arr\u00eatent 37 qui sont conduites au poste<a href=\"#_ftn39\" id=\"_ftnref39\">[39]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019effervescence qu\u2019elles parviennent \u00e0 cr\u00e9er fait peur au gouvernement qui, finalement, supprime l\u2019examen dans la nuit du 23 au 24 janvier 1930. Et, cerise sur le g\u00e2teau, les pourcentages d\u2019int\u00e9gration selon les branches sont supprim\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Dans les ann\u00e9es 1930, de d\u00e9ceptions en d\u00e9ceptions, l\u2019\u00e9galit\u00e9 tr\u00e8s lentement.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La crise, qui se d\u00e9veloppe \u00e0 la suite du Krach de Wall Street, devient pr\u00e9texte \u00e0 une attaque contre le droit du travail des femmes. En novembre 1931, une campagne de presse enfle \u00e0 la suite de la publication d\u2019un article dans le journal <em>Le Matin<\/em>, intitul\u00e9 <em>\u00ab\u00a0Le travail des femmes augmente le ch\u00f4mage et nuit \u00e0 la famille\u00a0\u00bb<\/em>. Aux PTT, le gouvernement l\u2019utilise pour accro\u00eetre le rendement et faire baisser le pouvoir d\u2019achat. Une circulaire administrative donne ordre aux receveurs de diminuer les salaires des auxiliaires. Le nombre de transformations d\u2019emplois de Dames-employ\u00e9es en Commis est r\u00e9duit de moiti\u00e9 en 1931, puis limit\u00e9 \u00e0 100 en 1932.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Syndicat National des Agents (conf\u00e9d\u00e9r\u00e9) ne dit rien. Seul le Syndicat Unitaire proteste. Des meetings sont organis\u00e9s par des services, comme celui du 13 juin 1933, salle des Soci\u00e9t\u00e9s Savantes, par les t\u00e9l\u00e9phonistes de la r\u00e9gion parisienne. Elles obtiennent du ministre la promesse que 1 180 dames seront imm\u00e9diatement nomm\u00e9es commis. La mobilisation relance donc l\u2019\u00e9galit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Arrive le 6 f\u00e9vrier 1934. Les ligues factieuses tentent de prendre d\u2019assaut l\u2019assembl\u00e9e nationale. La riposte s\u2019organise et, le 12 f\u00e9vrier, des millions de travailleurs se mettent en gr\u00e8ve. La gr\u00e8ve est massive dans les PTT, notamment parmi le personnel f\u00e9minin. Des piquets de gr\u00e8ves sont organis\u00e9s \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur et \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur des centraux t\u00e9l\u00e9phoniques, comme \u00e0 Paris-Inter ou au central Roquette. Mais de nouveau le gouvernement ampute de 5 \u00e0 10% les traitements des travailleurs de l\u2019\u00c9tat. L\u2019\u00e9galit\u00e9 de traitement et l\u2019int\u00e9gration des Dames-employ\u00e9es dans le grade de commis tombent de nouveau dans les oubliettes.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les ann\u00e9es suivantes, la lutte pour les salaires, dans un contexte de grand mouvement vers l\u2019unit\u00e9 syndicale et le Front populaire, mobilise les travailleurs. Mais la victoire du Front populaire ne fera pas avancer la question de l\u2019\u00e9galit\u00e9, pas plus qu\u2019elle ne fera avancer d\u2019ailleurs celle de la r\u00e9duction du temps de travail aux PTT.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1937, il restait encore 13 000 dames employ\u00e9es \u00e0 ne pas avoir \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9es dans le grade de commis, sans compter celles qui furent contraintes de prendre leur retraite sans avoir \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9es dans ce grade (pourtant promis en 1928), pendant la p\u00e9riode de restrictions budg\u00e9taires et de baisse de traitement d\u00e9cid\u00e9es au d\u00e9but des ann\u00e9es 1930. Lors d\u2019un conseil national de la F\u00e9d\u00e9ration postale r\u00e9unifi\u00e9e, en 1937, seules les femmes soutiennent l\u2019ordre du jour d\u00e9pos\u00e9 dans le sens de l\u2019\u00e9galit\u00e9, propos\u00e9 par Marie Couette (ex-CGTU)<a href=\"#_ftn40\" id=\"_ftnref40\">[40]<\/a>. La bataille pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 \u00e9tait loin d\u2019\u00eatre termin\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Apr\u00e8s l\u2019acquis de la suppression de l\u2019examen en 1930, le statut des fonctionnaires <strong>(1946)<\/strong><\/strong> <strong>est la seconde grande avanc\u00e9e des luttes des femmes<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la Lib\u00e9ration, la cr\u00e9ation du statut de la Fonction publique r\u00e9sout, en partie, la question de l\u2019\u00e9galit\u00e9 femmes\/hommes, en instaurant des grilles indiciaires li\u00e9es aux grades, quel que soit le sexe de l\u2019individu, sans avoir r\u00e9gl\u00e9 pour autant la question de l\u2019\u00e9galit\u00e9 des d\u00e9roulements de carri\u00e8res entre les femmes et les hommes. Mais ceci est une autre histoire.<\/p>\n\n\n\n<p>De plus, lorsqu\u2019il s\u2019est agi d\u2019int\u00e9grer les anciens grades dans les nouvelles carri\u00e8res, les choses ne furent pas si simples. En effet apr\u00e8s la Lib\u00e9ration, des r\u00e9formes vont transformer automatiquement les commis en contr\u00f4leurs, puis en inspecteurs (cat\u00e9gorie A de la fonction publique); mais elles vont maintenir les dames-commis d\u2019avant-guerre dans le grade de contr\u00f4leur (cat\u00e9gorie B de la fonction publique). Et l\u2019histoire ne nous dit pas ce que sont devenues les Dames-employ\u00e9es d\u2019avant-guerre. De fait, les Dames-commis perdent l\u2019\u00e9galit\u00e9 avec leurs coll\u00e8gues masculins qui, eux, ont r\u00e9ussi \u00e0 se faire int\u00e9grer dans une cat\u00e9gorie sup\u00e9rieure.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> Il s\u2019agit du 2<sup>e<\/sup> congr\u00e8s international du droit des femmes, le premier ayant eu lieu pendant l\u2019exposition universelle de 1878.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a> <em>Le Soleil<\/em>, 1<sup>er<\/sup> juillet 1889, p2&nbsp;; <em>Le Parti ouvrier<\/em>, 3 juillet 1889, p3&nbsp;; etc. (R\u00e9tronews)<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\" id=\"_ftn3\">[3]<\/a> Peggy Bette, <em>Les femmes dans les m\u00e9tiers des postes et des t\u00e9l\u00e9communications (ann\u00e9es 1880-1980), <\/em>2014).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\" id=\"_ftn4\">[4]<\/a> Jeanne Bouvier, <em>Histoire des dames employ\u00e9es<\/em> <em>dans les Postes t\u00e9l\u00e9graphes et t\u00e9l\u00e9phones de 1714-1929<\/em>, Impr. des Presses Universitaires de France, 1930 (BNF), p 141.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref5\" id=\"_ftn5\">[5]<\/a> <em>Journal officiel de la R\u00e9publique fran\u00e7aise (Annexes),<\/em> 16 f\u00e9vrier 1896, p 1137 (Budget de Postes et T\u00e9l\u00e9graphes), chiffres repris dans le num\u00e9ro du 10 mai 1935, page 1943.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref6\" id=\"_ftn6\">[6]<\/a> <em>La Vie-Ouvri\u00e8re<\/em>, 15 septembre 1933<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref7\" id=\"_ftn7\">[7]<\/a> <em>Journal officiel<\/em>, s\u00e9ance du 21 octobre 1891, cit\u00e9 par Jeanne Bouvier, ouvrage cit\u00e9, p 154<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref8\" id=\"_ftn8\">[8]<\/a> <em>Journal officiel de la R\u00e9publique fran\u00e7aise (Annexes),<\/em> 16 f\u00e9vrier 1896<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref9\" id=\"_ftn9\">[9]<\/a> Pour r\u00e9duire l\u2019importance de l\u2019\u00e9cart de salaire entre les hommes et les femmes, le rapporteur ins\u00e9rait cette information \u00ab&nbsp;<em>tandis que celui d\u2019un commis auxiliaire est de 1700 fr.&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref10\" id=\"_ftn10\">[10]<\/a>&nbsp; <em>Journal officiel de la R\u00e9publique fran\u00e7aise (Annexes),<\/em> 16 f\u00e9vrier 1896, p 1138. Le salaire moyen de 1400 fr. n\u2019avait pas vari\u00e9 jusqu\u2019\u00e0, au moins 1900.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref11\" id=\"_ftn11\">[11]<\/a> Jeanne Bouvier, ouvrage cit\u00e9, p 132.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref12\" id=\"_ftn12\">[12]<\/a> <em>Journal officiel de la R\u00e9publique fran\u00e7aise (Annexes),<\/em> 26 avril 1908, p 1844.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref13\" id=\"_ftn13\">[13]<\/a> <em>JO (Annexes),<\/em> 16 f\u00e9vrier 1896, p 1137.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref14\" id=\"_ftn14\">[14]<\/a> <em>JO (Annexes),<\/em> 14 f\u00e9vrier 1894, p 1868.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref15\" id=\"_ftn15\">[15]<\/a> Madeleine Vignes, <em>Le Journal des Dames, f\u00e9minisme, syndicalisme dans les PTT de 1934 \u00e0 1937<\/em>, p 88<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref16\" id=\"_ftn16\">[16]<\/a> Le droit syndical \u00e9tant interdit aux fonctionnaires, ils s\u2019organisent en association loi 1901. L\u2019Association G\u00e9n\u00e9rale des Agents, ou AG, est la grande organisation de cette cat\u00e9gorie de personnel dans le premier quart du 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref17\" id=\"_ftn17\">[17]<\/a> <em>Le <\/em><em>journal des T\u00e9l\u00e9phones<\/em>, avril 1927, BNF cote JO-56448.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref18\" id=\"_ftn18\">[18]<\/a> Idem<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref19\" id=\"_ftn19\">[19]<\/a> <em>Le journal des T\u00e9l\u00e9phones, <\/em>n\u00b025, dat\u00e9 du 25 septembre 1925.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref20\" id=\"_ftn20\">[20]<\/a> <em>L\u2019information sociale<\/em>, 1<sup>er<\/sup> octobre 1925<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref21\" id=\"_ftn21\">[21]<\/a> La F\u00e9d\u00e9ration postale unitaire (FPU) est une f\u00e9d\u00e9ration issue de la scission dans la CGT en 1922. Elle est proche du parti communiste.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref22\" id=\"_ftn22\">[22]<\/a> <em>Le journal des T\u00e9l\u00e9phones<\/em>, ibid, sept 1925.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref23\" id=\"_ftn23\">[23]<\/a> <em>Le journal des T\u00e9l\u00e9phones, <\/em>n\u00b026, octobre 1925.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref24\" id=\"_ftn24\">[24]<\/a> <em>Le journal des T\u00e9l\u00e9phones<\/em> est un journal cat\u00e9goriel f\u00e9minin, cr\u00e9\u00e9 par un collectif de militantes du Syndicat National des Agents .<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref25\" id=\"_ftn25\">[25]<\/a> Jean Grandel, fut plus tard maire de Gennevilliers (Seine, Hauts-de-Seine) de 1934 \u00e0 1939, et conseiller g\u00e9n\u00e9ral du canton d\u2019Asni\u00e8res de 1934 \u00e0 1939. Arr\u00eat\u00e9 en juillet 1940, il fut fusill\u00e9 comme otage le 22&nbsp;octobre 1941 \u00e0 Ch\u00e2teaubriant (Loire-Inf\u00e9rieure, Loire-Atlantique)<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref26\" id=\"_ftn26\">[26]<\/a> <em>Le journal des T\u00e9l\u00e9phones<\/em>, avril 1927, BNF cote JO-56448<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref27\" id=\"_ftn27\">[27]<\/a> <em>Le journal des T\u00e9l\u00e9phones<\/em>, septembre 1926, ibid<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref28\" id=\"_ftn28\">[28]<\/a> Le tiercement \u00e9tait une r\u00e8gle d\u2019avancement sous la forme d\u20191\/3 au choix, 1\/3 au demi-choix, et 1\/3 \u00e0 l\u2019anciennet\u00e9. Pr\u00e9c\u00e9demment il \u00e9tait \u00e0 100% au choix.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref29\" id=\"_ftn29\">[29]<\/a> <em>Le journal des T\u00e9l\u00e9phones<\/em>, avril 1927&nbsp;;<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref30\" id=\"_ftn30\">[30]<\/a> <em>L\u2019Information sociale<\/em>, <a href=\"https:\/\/www.retronews.fr\/journal\/l-information-sociale\/29-septembre-1927\/2341\/4494219\/6\">29 septembre 1927<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref31\" id=\"_ftn31\">[31]<\/a> <em>La Bataille des PTT<\/em>, n\u00b01, octobre 1927, cit\u00e9e par Georges Frischmann dans <em>L\u2019Histoire de la F\u00e9d\u00e9ration postale<\/em>&nbsp;; note 11, p273<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref32\" id=\"_ftn32\">[32]<\/a> <em>L\u2019\u00e9cho d\u2019Alger<\/em>, <a href=\"https:\/\/www.retronews.fr\/journal\/l-echo-d-alger\/24-septembre-1927\/30\/1678695\/3\">24 septembre 1927<\/a>, <em>Le Journal des Dames<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref33\" id=\"_ftn33\">[33]<\/a> <em>Le Quotidien<\/em>, <a href=\"https:\/\/www.retronews.fr\/journal\/le-quotidien\/9-novembre-1927\/2453\/3271313\/2\">9 novembre 1927<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref34\" id=\"_ftn34\">[34]<\/a> Math\u00e9 restera le secr\u00e9taire du Syndicat National des Agents &nbsp;jusqu\u2019en 1935<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref35\" id=\"_ftn35\">[35]<\/a> <em>Le journal des dames des PTT (ex Journal des T\u00e9l\u00e9phones), <\/em>novembre 1928,<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref36\" id=\"_ftn36\">[36]<\/a> <em>M\u00e9morial de la Loire et de la Haute Loire<\/em>, 10 d\u00e9cembre 1928<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref37\" id=\"_ftn37\">[37]<\/a> Madeleine Vignes, <em>le Journal des Dames<\/em>, p 211.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref38\" id=\"_ftn38\">[38]<\/a> <em>L\u2019\u0153uvre<\/em>, <a href=\"https:\/\/www.retronews.fr\/journal\/l-oeuvre\/11-decembre-1929\/361\/2518191\/5\">11 d\u00e9cembre 1929<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref39\" id=\"_ftn39\">[39]<\/a> <em>L\u2019information sociale<\/em>, <a href=\"https:\/\/www.retronews.fr\/journal\/l-information-sociale\/21-novembre-1929\/2341\/4493957\/6\">21 novembre 1929<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref40\" id=\"_ftn40\">[40]<\/a> Madeleine Vignes, ouvrage cit\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Gilles Pichavant Communication faite par Gilles Pichavant pour l&rsquo;IHS-CGT-FAPT, au colloque de la FNART d&rsquo;octobre 2022; Publi\u00e9 en deux parties dans la revue d&rsquo;histoire sociale Le Relais, de l&rsquo;IHS-CGT-FAPT. La lutte pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 femme-homme a rebondi il y a&hellip;<\/p>\n<p class=\"more-link-p\"><a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/2025\/01\/03\/les-femmes-en-mouvement-pour-legalite-de-salaire-dans-les-ptt-1889-1939\/\">Read more &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[510,13],"tags":[558,536,564,10,530,542,544,548,570,532,566,23,538,540,170,550,472,44,556,534,546,560,554,568],"class_list":["post-1595","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-femmes","category-syndicalisme","tag-association","tag-central","tag-cftc","tag-cgt","tag-cgtu","tag-commis","tag-ecart-de-salaire","tag-egalite","tag-front-populaire","tag-ftu","tag-krach","tag-la-poste","tag-manuel","tag-operatrices","tag-premiere-guerre-mondiale","tag-salaire-egal","tag-salaires","tag-service-public","tag-syndicat","tag-telecommunications","tag-telegraphie","tag-traitements","tag-travail-egal-2","tag-wall-street"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1595","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1595"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1595\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1610,"href":"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1595\/revisions\/1610"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1595"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1595"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1595"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}