{"id":597,"date":"2011-03-04T20:01:47","date_gmt":"2011-03-04T19:01:47","guid":{"rendered":"http:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/?p=597"},"modified":"2011-03-04T20:34:51","modified_gmt":"2011-03-04T19:34:51","slug":"face-aux-nouveaux-negationismes-indignons-nous","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/2011\/03\/04\/face-aux-nouveaux-negationismes-indignons-nous\/","title":{"rendered":"Face aux nouveaux n\u00e9gationismes indignons nous !"},"content":{"rendered":"<div class=\"fblike_button\" style=\"margin: 10px 0;\"><iframe src=\"http:\/\/www.facebook.com\/plugins\/like.php?href=https%3A%2F%2Fwww.gillespichavant.com%2Fblog%2F2011%2F03%2F04%2Fface-aux-nouveaux-negationismes-indignons-nous%2F&amp;layout=standard&amp;show_faces=false&amp;width=450&amp;action=like&amp;colorscheme=light\" scrolling=\"no\" frameborder=\"0\" allowTransparency=\"true\" style=\"border:none; overflow:hidden; width:450px; height:25px\"><\/iframe><\/div>\n<p>Vous avez sans doute vu le scandaleux reportage pour la r\u00e9habilitation de Louis Renault dans le journal de France 2 avant-hier soir\u00a0!<\/p>\n<p>On y pr\u00e9tendait que Renault n\u2019avait jamais fabriqu\u00e9 de chars pour l\u2019Allemagne\u00a0!!! Cela m\u2019avait profond\u00e9ment choqu\u00e9.<\/p>\n<p>Voici une r\u00e9action \u00e0 faire conna\u00eetre largement, pour r\u00e9tablir la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>Alors que nous entrons dans une p\u00e9riode de comm\u00e9moration du 70<sup>e<\/sup> anniversaire de la 2<sup>e<\/sup> guerre mondiale, le patronat, qui fut massivement dans le camp des collaborateurs, travaille \u00e0 sa r\u00e9habilitation.<\/p>\n<p>Alors que parall\u00e8lement certains tentent de remettre \u00e0 l&rsquo;ordre du jour des mesures ignobles invent\u00e9es du temps de Daladier, et \u00e9largies au temps du fasciste P\u00e9tain, &#8211; comme la d\u00e9ch\u00e9ance de la nationalit\u00e9 fran\u00e7aise pour les nationalis\u00e9s de moins de 10 ans, en cas de condamnation &#8211; le risque est grand qu&rsquo;en 2011 et au cours des ann\u00e9es suivantes, aucune ignominie ne nous soit \u00e9pargn\u00e9e.<\/p>\n<h3><!--more-->Michel Certano, Aim\u00e9 Halbeher et Roger Sylvain, militants syndicaux et  politiques des usines Renault r\u00e9clament un droit de r\u00e9ponse<\/h3>\n<p>DEVANT une nouvelle et intol\u00e9rable tentative de r\u00e9habilitation de Louis Renault, condamn\u00e9 pour collaboration avec l\u2019ennemi de port\u00e9e nationale.<\/p>\n<ul>\n<li>=&gt; Huit pages sur le sujet ont d\u00e9j\u00e0 paru dans le Monde Magasine du 8\/01\/2011.<\/li>\n<li>=&gt; Le Journal T\u00e9l\u00e9vis\u00e9 du 20 heure de David Pujadas du 2\/03\/2011 sur la cha\u00eene publique France 2 est all\u00e9 dans le m\u00eame sens.<\/li>\n<li>=&gt; Face au refus de ces deux m\u00e9dias de donner suite au droit de r\u00e9ponse des trois syndicalistes historiques.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Comme ils ont eut a le faire plusieurs fois durant leur longue carri\u00e8re chez Renault (plus de 40 ans) &#8211; <strong>Michel Certano, Aim\u00e9 Halbeher et Roger Silvain<\/strong> &#8211; comme ouvriers et responsables syndicaux et politiques, &#8211; soutenus par <strong>Annie Lacroix-Riz<\/strong> historienne sp\u00e9cialiste de la deuxi\u00e8me guerre mondiale &#8211; d\u00e9montreront preuve a l&rsquo;appui<\/p>\n<ul>\n<li>=&gt; que <strong>l&rsquo;ordonnance de nationalisation du 16 janvier 1945 <\/strong>vot\u00e9e par l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale provisoire et<strong> sign\u00e9e par le g\u00e9n\u00e9ral de Gaule<\/strong> instituant la nationalisation, ainsi que<\/li>\n<li>=&gt; la confiscation des biens et participations de Louis Renault parce que <strong>les usines Renault ont constitu\u00e9es un instrument entre les mains de l&rsquo;ennemi <\/strong><\/li>\n<li>=&gt; est une d\u00e9cision d&rsquo;\u00e9tat inviolable d&rsquo;ailleurs confirm\u00e9e par diff\u00e9rents proc\u00e8s engag\u00e9s par la famille les ann\u00e9es suivantes.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Cette d\u00e9cision qu&rsquo;il n&rsquo;appartient \u00e0 aucune cour de justice de la remettre en cause. <strong>Les preuves de la culpabilit\u00e9 de Louis Renault <\/strong>sont aussi confirm\u00e9e par de nombreux ouvrages notamment les livres de F. Picard collaborateur de Louis Renault pendant l&rsquo;occupation l&rsquo;actuelle direction de Renault embourb\u00e9e dans une sombre histoire d&rsquo;espionnage qui est en train de se retourn\u00e9e contre elle qui a sacrifie trois hommes porte a la vindicte populaire des semaines durant en mettant a la disposition de David Pujadas les locaux de l&rsquo;institut d&rsquo;histoire de Renault situ\u00e9 rue des abondances \u00e0 Boulogne pour filmer son reportage r\u00e9visionniste est complice de cette op\u00e9ration<\/p>\n<h3><strong>R\u00e9tablir la v\u00e9rit\u00e9 historique, un devoir de m\u00e9moire pour l&rsquo;honneur de toutes les victimes de la barbarie nazie.<\/strong><\/h3>\n<p>Depuis ces derni\u00e8res ann\u00e9es, une entreprise de r\u00e9habilitation des dirigeants du haut patronat fran\u00e7ais sous l&rsquo;Occupation est organis\u00e9e sans la moindre source d\u2019&rsquo;archives et faits v\u00e9rifiables.<\/p>\n<p>Se servant d&rsquo;un jugement de la cour d&rsquo;appel de Limoges o\u00f9 les petits enfants de Louis Renault ont obtenu une condamnation intol\u00e9rable contre le Centre de la m\u00e9moire d&rsquo;Oradour-sur-Glane (pour motif d&rsquo;\u2019utilisation d&rsquo;une photo de louis Renault serrant la main \u00e0 Hitler \u00e0 Berlin en 1939), une nouvelle campagne est lanc\u00e9e au travers du \u00ab Monde magazine \u00bb du 8 janvier 2011.<\/p>\n<p><strong>Cette nouvelle entreprise n\u00e9gationniste, relay\u00e9e par d&rsquo;autres m\u00e9dias, vise \u00e0 pr\u00e9senter Louis Renault en victime osant affirmer qu&rsquo;il n&rsquo;aurait pas collabor\u00e9 avec l&rsquo;ennemi !<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019&rsquo;est une insulte intol\u00e9rable envers la m\u00e9moire de toutes les victimes de la barbarie nazie et en particulier envers les r\u00e9sistants de l&rsquo;\u2019entreprise morts sous les balles nazies ou dans les camps de d\u00e9portation. Tous ces crimes n\u2019&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 possibles que gr\u00e2ce \u00e0 la participation active de leurs complices au gouvernement de Vichy ainsi que dans la p\u00e9riode dite \u00ab de la dr\u00f4le de guerre \u00bb o\u00f9 d\u00e9buta une r\u00e9pression f\u00e9roce envers les militants.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 la r\u00e9pression interne du \u00ab saigneur de Billancourt \u00bb, la r\u00e9sistance int\u00e9rieure, par ses actes de sabotage, a frein\u00e9 d\u00e8s les premiers jours de l&rsquo;\u2019occupation la machine de guerre au service de l&rsquo;\u2019occupant nazi.<\/p>\n<p>Comme le signale Ars\u00e8ne Tchakarian dans son livre \u00ab Les fusill\u00e9s du Mont Val\u00e9rien \u00bb, les premiers \u00e0 \u00eatre fusill\u00e9s au Mont Val\u00e9rien sont les dix-huit ouvriers syndicalistes C.G.T. des usines Renault de Boulogne-Billancourt, accus\u00e9s d&rsquo;avoir foment\u00e9 dans l&rsquo;usine le refus de travailler pour l&rsquo;occupant.<\/p>\n<p>Durant toute l\u2019&rsquo;occupation, la liste des martyrs de notre usine s&rsquo;est allong\u00e9e.<\/p>\n<h3><strong>Le temps qui passe n\u2019autorise ni l\u2019oubli, ni l&rsquo;affront<\/strong><\/h3>\n<p>Cette op\u00e9ration de r\u00e9habilitation de Louis Renault est \u00e9galement un affront aux \u00e9lus du peuple qui ont clairement condamn\u00e9 les responsabilit\u00e9s de Louis Renault au travers du texte qui argumente l&rsquo;expos\u00e9 des motifs de l&rsquo;ordonnance de nationalisation des usines Renault du 16 janvier 1945.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce en particulier au niveau des luttes sociales, chacun s&rsquo;\u2019accorde \u00e0 reconna\u00eetre que toute la p\u00e9riode de nationalisation de l\u2019&rsquo;entreprise a permis un progr\u00e8s social b\u00e9n\u00e9fique \u00e0 l\u2019ensemble du monde du travail conjointement au progr\u00e8s \u00e9conomique pour notre pays.<\/p>\n<p><strong>Trois militants syndicaux et politiques :<\/strong> &#8211; Aim\u00e9 Halbeher &#8211; Roger Silvain &#8211; Michel Certano, figures historiques de la p\u00e9riode de la nationalisation des usines Renault, ont eu dans le pass\u00e9 \u00e0 combattre plusieurs tentatives de r\u00e9habilitation de Louis Renault dont celle de 1994 visant \u00e0 justifier la d\u00e9nationalisation de la R.N.U.R.<strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong>Aujourd\u2019hui, ils s&rsquo;insurgent contre cette nouvelle tentative de r\u00e9habilitation.<\/strong><\/p>\n<p>Ils s\u2019appuient et font leur le document ci-joint d\u2019Annie Lacroix-Riz, professeur \u00e9m\u00e9rite d&rsquo;histoire contemporaine \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 Paris VII-Denis Diderot qui d&rsquo;une mani\u00e8re irr\u00e9futable valide la d\u00e9cision prise en 1944 de nationaliser l&rsquo;entreprise pour collaboration avec l&rsquo;ennemi.<\/p>\n<p><strong>Ces trois militants demandent au Monde de publier ce communiqu\u00e9 et le texte d\u2019&rsquo;Annie Lacroix-Riz au nom du droit de r\u00e9ponse.<\/strong><\/p>\n<p>Ce texte est adress\u00e9 aux journaux, radios et t\u00e9l\u00e9s qui ont repris et comment\u00e9 l&rsquo;article du Monde Magazine du 8 janvier 2011 et au Centre de la m\u00e9moire d&rsquo;Oradour-sur-Glane.<\/p>\n<p>Ils appellent les organisations d\u00e9mocratiques \u00e0 populariser et soutenir ce devoir de m\u00e9moire pour r\u00e9tablir la v\u00e9rit\u00e9 historique et combattre les nouveaux n\u00e9gationnistes.<\/p>\n<h1>Louis Renault et \u00ab la fabrication de chars pour la Wehrmacht \u00bb<\/h1>\n<p>Annie Lacroix-Riz, professeur \u00e9m\u00e9rite d&rsquo;histoire contemporaine \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 Paris VII-Denis Diderot<\/p>\n<p>____________________<\/p>\n<p>F\u00e9vrier 2011<\/p>\n<p>____________________<\/p>\n<p>Je remercie vivement Michel Certano de m\u2019avoir communiqu\u00e9 le dossier \u00ab Renault \u00bb du<em> Monde Magazine<\/em> du 8 janvier 2011; l\u2019article du<em> <\/em><em>Populaire<\/em> et de <em>La Montagne <\/em>du 15 janvier 2011; et le dossier dactylographi\u00e9 qu\u2019il a constitu\u00e9 \u00ab sur Louis Renault \u00bb, citant divers travaux parus de 1955 \u00e0 2009 (voir la note 8).<\/p>\n<p>____________________<\/p>\n<p>Le 13 juillet 2010, la Cour d&rsquo;Appel de Limoges, saisie par deux petits-enfants de Louis Renault (sur huit), H\u00e9l\u00e8ne Renault-Dingli et Louis Renault, a condamn\u00e9 le \u00ab Centre de la m\u00e9moire \u00bb d&rsquo;Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne) \u00e0 payer 2.000 euros aux plaignants. Elle a \u00e9galement exig\u00e9 que f\u00fbt retir\u00e9e de l\u2019exposition permanente (depuis 1999) une photo de l&rsquo;industriel, entour\u00e9 d\u2019Hitler et G\u00f6ring, leur montrant une Juvaquatre au salon de l\u2019auto de Berlin de [f\u00e9vrier] 1939, avec cette l\u00e9gende : \u00ab Louis Renault pr\u00e9sente un prototype \u00e0 Hitler et G\u00f6ring \u00e0 Berlin en 1938 (sic) [&#8230;] Louis Renault fabriqua des chars pour la Wehrmacht. Renault sera nationalis\u00e9 \u00e0 la Lib\u00e9ration. \u00bb D\u00e9finir Louis Renault \u00ab \u201ccomme l&rsquo;incarnation de la collaboration industrielle\u201d \u00bb au moyen \u00ab d&rsquo;une photo anachronique \u00bb dont la l\u00e9gende lui impute une \u00ab inexacte activit\u00e9 de fabrication de chars \u00bb constituerait une \u00ab v\u00e9ritable d\u00e9naturation des faits [\u2026D]ans un contexte de pr\u00e9paration du visiteur \u00e0 la d\u00e9couverte brutale des atrocit\u00e9s commises le 10 juin 1944 par les nazis de la division Waffen SS das Reich, [ceci] ne peut manquer de cr\u00e9er un lien historiquement infond\u00e9 entre le r\u00f4le de Louis Renault pendant l&rsquo;Occupation et les cruaut\u00e9s dont furent victimes les habitants d&rsquo;Oradour-sur-Glane\u201d \u00bb<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn1\">[1]<\/a>. <em>Le Monde Magazine<\/em> du 8 janvier 2011 se fait l\u2019\u00e9cho de cette th\u00e8se dans un dossier de 5 pages intitul\u00e9 : \u00ab Renault. La justice r\u00e9vise les ann\u00e9es noires \u00bb.<\/p>\n<p>Ainsi se pr\u00e9cise \u00e0 l&rsquo;occasion d\u2019une initiative \u00ab familiale \u00bb la vaste entreprise de r\u00e9habilitation de Louis Renault, et avec lui, du haut patronat fran\u00e7ais sous l&rsquo;Occupation, relanc\u00e9e depuis les ann\u00e9es 1990 par plusieurs historiens et publicistes<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn2\">[2]<\/a>. Dans la derni\u00e8re de ces hagiographies (2009), Jean-No\u00ebl Mouret, qui \u00ab se partage entre la communication institutionnelle et les guides de voyage \u00bb, a clon\u00e9 une s\u00e9rie caract\u00e9ris\u00e9e par le recours aux t\u00e9moignages <em>post\u00e9rieurs<\/em> \u00e0 l\u2019Occupation jamais confront\u00e9s aux sources originales contradictoires, par la n\u00e9gation du sens de celles-ci dans les rares cas o\u00f9 il en est fait usage et par la philippique contre un PCF qui aurait \u00e9t\u00e9 assoiff\u00e9 de vengeance contre le malheureux industriel depuis l\u2019entre-deux-guerres, et enfin capable de l\u2019assouvir \u00e0 la Lib\u00e9ration : cette pieuvre, \u00e9touffant l\u2019appareil d\u2019\u00c9tat dans ses tentacules, pla\u00e7ant partout ses pions, harcelant et manipulant ses partenaires gouvernementaux, serait la responsable de l\u2019injustice commise contre Louis Renault \u2011 iniquit\u00e9 soulignant l\u2019ill\u00e9gitimit\u00e9 de la nationalisation de ses usines<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn3\">[3]<\/a>. Thomas Wieder, apr\u00e8s avoir en une demi-colonne esquiss\u00e9 le \u00ab d\u00e9saccord \u00bb s\u00e9parant \u00ab <em>les<\/em> historiens \u00bb (travaux les plus critiques omis<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn4\">[4]<\/a>), accr\u00e9dite la th\u00e8se \u00ab familiale \u00bb en interviewant longuement \u00ab Laurent Dingli, historien \u00bb, mari d\u2019un(e) des deux plaignants, auteur d\u2019un <em>Louis Renault<\/em> (2000) aupr\u00e8s duquel l\u2019hagiographie d\u2019Emmanuel Chadeau (1998) fait figure d\u2019ouvrage critique<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn5\">[5]<\/a>. Selon ce petit-fils par alliance de Renault, docteur en histoire d\u2019ordinaire vou\u00e9 au roman historique \u00ab moderne \u00bb (Colbert en 1997, Robespierre en 2008), \u00ab jamais Louis Renault n\u2019a accept\u00e9 de fabriquer ni de r\u00e9parer des chars pour les Allemands \u00bb<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn6\">[6]<\/a>.<\/p>\n<h2>Le Renault d\u2019avant-guerre<\/h2>\n<p>La Cour d&rsquo;Appel de Limoges reproche au \u00ab Centre \u00bb d&rsquo;Oradour d\u2019avoir donn\u00e9 \u00e0 une photo d\u2019avant-guerre une l\u00e9gende portant en partie sur l\u2019Occupation ou d\u2019avoir choisi pour traiter de l\u2019Occupation un document ant\u00e9rieur \u00e0 cette p\u00e9riode. En d\u00e9pit de la pertinence de ce grief formel, le texte pr\u00e9sentant le Louis Renault de l\u2019Occupation comme conforme \u00e0 celui de l\u2019avant-guerre est historiquement fond\u00e9. La collaboration politique et \u00e9conomique de 1940 \u00e0 1944 poursuivit celle que Louis Renault, comme tout le grand patronat, avait nou\u00e9e avec le Reich pr\u00e9-hitl\u00e9rien et hitl\u00e9rien. C\u2019est la volont\u00e9 de la maintenir \u00e0 tout prix, et en tous domaines, qui g\u00e9n\u00e9ra la d\u00e9faite et <em>toutes<\/em> ses cons\u00e9quences pour les ouvriers des usines Renault, pour le peuple fran\u00e7ais et pour d\u2019autres : Blitzkrieg achev\u00e9 avec la D\u00e9b\u00e2cle fran\u00e7aise, Renault influa, comme tous ses pairs, sur la guerre \u00e0 l\u2019Est.<\/p>\n<p>Avant le 10 mai 1940, Renault livra la guerre au seul ennemi int\u00e9rieur, la conduisit avec acharnement contre ses propres ouvriers et opta pour la politique des bras crois\u00e9s envers l\u2019ennemi ext\u00e9rieur \u2013 le Reich et l\u2019Axe Rome-Berlin. Il pr\u00e9para, comme ses pairs, un plan de liquidation du r\u00e9gime r\u00e9publicain en finan\u00e7ant les ligues fascistes (parmi lesquelles les Croix de Feu du colonel de la Rocque) puis la Cagoule qui unit les factieux depuis 1935-1936. Il mit son veto \u00e0 tout effort de guerre et pr\u00f4na l\u2019\u00ab entente \u00bb franco-allemande entre gens de bonne volont\u00e9, Hitler en t\u00eate. Il afficha un pacifisme antagonique avec son fort rentable allant \u00ab patriotique \u00bb de la Premi\u00e8re Guerre mondiale et clama qu\u2019on ne pouvait plus gagner d&rsquo;argent qu\u2019en fabriquant des v\u00e9hicules de tourisme<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn7\">[7]<\/a> : \u00ab les programmes de guerre ne correspondaient pas aux possibilit\u00e9s de nos usines et [\u2026] les changements fr\u00e9quents de ces programmes ne permettent pas de faire un travail s\u00e9rieux \u00bb, \u00e9crivit-il au pr\u00e9sident du Conseil (Daladier), le 8 novembre 1939<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn8\">[8]<\/a>. Il s\u2019entretint deux heures avec Hitler le 21 f\u00e9vrier 1935 \u00e0 la Chancellerie du Reich<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn9\">[9]<\/a>, en 1938 et en f\u00e9vrier 1939 (objet de la photo), derni\u00e8re rencontre suivie de l\u2019adoption d\u2019une formule assez connue de son personnel pour devenir son surnom, \u00ab Hitler-m\u2019a-dit \u00bb<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn10\">[10]<\/a>. Il aimait autant Mussolini et son \u00ab familier, M. [Giovanni] Agnelli \u00bb, qui vint \u00e0 Paris en d\u00e9cembre 1939, en pleine dr\u00f4le de guerre, alors que l\u2019Italie fasciste avait conclu le 22 mai une alliance <em>offensive<\/em> avec le Reich (le \u00ab pacte d&rsquo;acier \u00bb) : le patron de la FIAT comptait \u00ab revenir au d\u00e9but de 1940 \u00e0 la t\u00eate d\u2019une d\u00e9l\u00e9gation d\u2019industriels italiens, pour jeter les bases d\u2019une collaboration \u00e9conomique entre la France et l\u2019Italie. \u00bb<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn11\">[11]<\/a>. Les \u00e9v\u00e9nements militaires et politiques se d\u00e9roulant comme pr\u00e9vu, l\u2019\u0153uvre s\u2019accomplit avec \u00e0 peine un an de retard.<\/p>\n<p>Louis Renault avait d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 aux missions politiques int\u00e9rieures et ext\u00e9rieures qui firent triompher les putschistes de l\u2019\u00e9t\u00e9 1940 sa garde rapproch\u00e9e, que je borne ici \u00e0 trois \u00e9minences de Vichy : le baron Petiet, chef de ses aci\u00e9ries (UCPMI), tr\u00e9sorier de la CGPF (Conf\u00e9d\u00e9ration g\u00e9n\u00e9rale de la Production fran\u00e7aise dite, depuis juillet 1936, du Patronat fran\u00e7ais, anc\u00eatre du MEDEF), organisateur de l\u2019\u00e9meute fasciste du 6 f\u00e9vrier 1934 et bailleur de fonds de la Cagoule au nom du Comit\u00e9 des Forges (alors dirig\u00e9 par Fran\u00e7ois de Wendel); Ren\u00e9 de Peyrecave de Lamarque, autre cagoulard av\u00e9r\u00e9, \u00ab administrateur-directeur \u00bb depuis 1934 de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme des usines Renault (SAUR), apr\u00e8s avoir pr\u00e9sid\u00e9 la Soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;importation de charbon et autres produits (SICAP) cr\u00e9\u00e9e pour traiter avec l\u2019Office du charbon allemand (<em>Kohlensyndicat<\/em> ou KS); Fran\u00e7ois Lehideux, neveu par alliance de Renault, administrateur directeur de la SAUR d\u00e8s 1930, administrateur-d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 en 1934, particuli\u00e8rement charg\u00e9 de la lutte des classes dans ce fief du communisme parisien et de la CGT (syndicat ici issu de l\u2019ex-Conf\u00e9d\u00e9ration g\u00e9n\u00e9rale du Travail unitaire, CGTU). Lehideux, financier de la Cagoule au nom de Renault, \u00e9tait aussi un des chefs de la synarchie, club de grands banquiers et industriels qui avaient d\u00e8s 1934 charg\u00e9 P\u00e9tain et Laval d\u2019abattre la R\u00e9publique, et dont les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s envahirent \u00ab l\u2019\u00c9tat fran\u00e7ais \u00bb : ils occup\u00e8rent <em>tous<\/em> ses postes \u00e9conomiques, sans n\u00e9gliger l\u2019int\u00e9rieur gr\u00e2ce auquel Pierre Pucheu, de juillet 1941 \u00e0 avril 1942, fit grandement avancer \u00ab l\u2019extermination des cadres du mouvement ouvrier \u00bb tandis que son ami Lehideux lui succ\u00e9dait \u00e0 la production industrielle<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn12\">[12]<\/a>. Dans la nuit du 24 au 25 novembre 1938, Lehideux avait en personne supervis\u00e9, aux c\u00f4t\u00e9s du pr\u00e9fet de police Roger Langeron \u2013 qui accueillit l\u2019occupant allemand au moins aussi bien que la maison Renault<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn13\">[13]<\/a>\u2011 la r\u00e9pression militaire baptis\u00e9e \u00ab \u00e9vacuation \u00bb des gr\u00e9vistes de Renault-Billancourt accus\u00e9s de \u00ab r\u00e9bellion \u00bb<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn14\">[14]<\/a>.<\/p>\n<p>Cette guerre contre les \u00ab unitaires \u00bb des M\u00e9taux seconda l\u2019invasion, comme l\u2019\u00e9crivirent les services \u00e9conomiques attach\u00e9s au commandant militaire en France (<em>Milit\u00e4rbefehlshaber in Frankreich, MBF<\/em>), dirig\u00e9s par le Dr Elmar Michel (section Wi), dans un de leurs nombreux portraits flatteurs de Lehideux (L.) : \u00ab pendant la guerre et aussi d\u00e9j\u00e0 depuis 1938 une propagande germanophile avait \u00e9t\u00e9 conduite dans les syndicats ouvriers [traduction : jaunes] fond\u00e9s par L. (sic) et surtout parmi les travailleurs des usines Renault \u00bb<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn15\">[15]<\/a>. Est-ce contre les ordres de Louis Renault que sa garde rapproch\u00e9e combattit avant l\u2019Occupation ses ouvriers, la R\u00e9publique et le r\u00e9armement? <em>Le Monde<\/em> esquive son r\u00f4le avant juillet 1940, pr\u00e9f\u00e9rant consacrer une page enti\u00e8re&#8230; au colonel de La Rocque dont \u00ab la famille refuse qu\u2019il soit qualifi\u00e9 de fasciste \u00bb : \u00e0 bon droit, estime M. Wieder, puisque cinq prestigieuses \u00ab signatures \u00bb d\u2019historiens ont \u00ab \u00e9paissi [\u2026] le dossier de la d\u00e9fense \u00bb. La correspondance originale, fran\u00e7aise et allemande, \u00f4te tout doute sur le fascisme <em>stricto sensu<\/em> du chef des Croix de Feu, par ailleurs grand favori de Louis Renault, Lehideux, etc., jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e8re Doriot (1936-1937)<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn16\">[16]<\/a>, mais le pr\u00e9sent contentieux m\u2019oblige \u00e0 revenir \u00e0 son seul grand bailleur de fonds. La campagne de r\u00e9habilitation de l\u2019oncle l\u2019opposant au neveu, je m\u2019arr\u00eaterai sur ce point avant d\u2019aborder l\u2019objet qui d\u00e9finit ou exclut la \u00ab collaboration \u00bb selon l\u2019arr\u00eat de Limoges : \u00ab la fabrication des chars pour la Wehrmacht \u00bb.<\/p>\n<h2>Le Renault de l\u2019Occupation<\/h2>\n<p>Le Renault de l\u2019Occupation ne d\u00e9mentit pas celui de l\u2019avant-guerre, et son neveu, comme le reste de sa garde rapproch\u00e9e, l\u2019aida \u00e0 assurer la continuit\u00e9. Lehideux est certes honni des h\u00e9ritiers de Louis Renault, qui le jurent seul responsable, d\u00e8s juillet-ao\u00fbt 1940, de la collaboration \u00e9conomique avec l\u2019occupant ou de la \u00ab r\u00e9paration [forc\u00e9e] des chars \u00bb sur \u00ab r\u00e9quisition \u00bb. Non seulement Renault ne chassa pas de sa soci\u00e9t\u00e9 son neveu, mais Vichy promut ce dernier comme tous les auxiliaires de haut rang de l\u2019industriel. Le 1er octobre 1940, Lehideux fut nomm\u00e9 \u00ab directeur responsable du comit\u00e9 d&rsquo;organisation de l\u2019industrie automobile \u00bb (COA) constitu\u00e9 le 30 septembre, et Petiet \u00ab chef du comit\u00e9 d&rsquo;organisation du cycle \u00bb et \u00ab pr\u00e9sident de la chambre consultative du COA. \u00bb. En d\u00e9pit de la pr\u00e9tendue brouille irr\u00e9parable entre l\u2019oncle et le neveu depuis l\u2019\u00e9t\u00e9, Lehideux resta sous l&rsquo;Occupation, comme Peyrecave, membre du \u00ab conseil d&rsquo;administration \u00bb de la SAUR dont \u00ab M. Renault \u00bb, son pr\u00e9sident, continuait \u00e0 d\u00e9tenir \u00ab une tr\u00e8s grosse part majoritaire \u00bb. La liste des administrateurs de juin 1942 est formelle : Marcel Champin, Paul Hug\u00e9, Samuel Guillelmon, Roger Boullaire, Fran\u00e7ois Lehideux, Pierre Rochefort, Charles Serge, Ren\u00e9 de Peyrecave de Lamarque<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn17\">[17]<\/a>.<\/p>\n<p>Dot\u00e9 de fonctions \u00e9tatiques (\u00e9t\u00e9 1940-avril 1942, dont le secr\u00e9tariat d\u2019\u00c9tat-minist\u00e8re de la production industrielle (PI) de juillet 1941 \u00e0 avril 1942), ou non, Lehideux dirigea, jusqu\u2019\u00e0 son arrestation, le 28 ao\u00fbt 1944, le COA. C\u2019est \u00e0 dire un organisme cr\u00e9\u00e9 comme tous les comit\u00e9s d&rsquo;organisation sur le mod\u00e8le allemand des <em>Reichsgruppen<\/em> et sous l\u2019\u0153il vigilant de l\u2019occupant, en vertu du d\u00e9cret g\u00e9n\u00e9ral du 16 ao\u00fbt 1940. Ce d\u00e9cret, \u0153uvre du grand synarque Jacques Barnaud, chef de cabinet (mais vrai ministre) du ministre cosm\u00e9tique de la PI, l\u2019ex-secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral adjoint de la CGT Ren\u00e9 Belin, fut le pilier du dispositif \u00e9conomique, int\u00e9rieur et ext\u00e9rieur, cr\u00e9\u00e9 par la synarchie apr\u00e8s la D\u00e9faite et gr\u00e2ce \u00e0 celle-ci. Compl\u00e9t\u00e9 par l\u2019Office central de r\u00e9partition des produits industriels (OCRPI), cr\u00e9\u00e9 par d\u00e9cret (du m\u00eame Barnaud) du 10 septembre 1940, il permit une concentration int\u00e9rieure de l\u2019\u00e9conomie qui, \u00e0 court terme, visait \u00e0 drainer la quasi-totalit\u00e9 des mati\u00e8res premi\u00e8res et des produits finis fran\u00e7ais vers le Reich<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn18\">[18]<\/a>.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 Peyrecave, \u00ab directeur des usines Renault \u00bb, puis son \u00ab directeur g\u00e9n\u00e9ral par d\u00e9l\u00e9gation, administrateur de soci\u00e9t\u00e9s \u00bb nombreuses, dont Air-France, et \u00ab pr\u00e9sident de la Chambre syndicale des constructeurs de moteurs d&rsquo;avions \u00bb, il fut \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 1940 nomm\u00e9 \u00e0 la commission d&rsquo;armistice aupr\u00e8s du g\u00e9n\u00e9ral Huntziger \u2013 personnage-cl\u00e9 de la trahison militaire \u2011 et affect\u00e9 aux commandes allemandes \u00e0 l\u2019industrie fran\u00e7aise<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn19\">[19]<\/a>. C\u2019est sa qualit\u00e9 de \u00ab pr\u00e9sident du conseil d&rsquo;administration \u00bb du \u00ab Groupe Caudron-Renault \u00bb qui lui valut, en septembre 1944, sa place sur la liste des huit personnalit\u00e9s (parmi lesquelles Louis Renault) dont le minist\u00e8re de l&rsquo;Air requ\u00e9rait l\u2019arrestation<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn20\">[20]<\/a>. Renault ha\u00efssait-il \u00e9galement Peyrecave?<\/p>\n<h3>Lehideux, artisan du cartel automobile \u00ab europ\u00e9en \u00bb contre Louis Renault?<\/h3>\n<p>La r\u00e9organisation \u00e0 l\u2019allemande de l\u2019\u00e9conomie fran\u00e7aise (CO et OCRPI) s\u2019op\u00e9ra dans l\u2019automobile comme ailleurs sur fond de bonnes mani\u00e8res mutuelles. Renault s\u2019y tailla la part du lion, accueillant \u00e0 Paris dans les jours suivant la nomination de Lehideux \u00e0 la t\u00eate du COA, l\u2019industriel allemand Karl Schippert, directeur g\u00e9n\u00e9ral des usines Mercedes-Benz \u00e0 Stuttgart : il \u00ab vient d\u2019\u00eatre charg\u00e9 par le gouvernement du Reich de la r\u00e9organisation en France occup\u00e9e de l\u2019industrie automobile [et\u2026] s\u2019est install\u00e9 \u00e0 cet effet, avec plusieurs techniciens, aux usines Renault \u00bb, releva la S\u00fbret\u00e9 nationale le 4 octobre 1940, sans signaler l\u2019invasion ou le viol de la maison par cette prestigieuse cohorte. Schippert \u00ab d\u00e9clare vouloir r\u00e9organiser l\u2019industrie automobile en France en trois branches : 1\u00b0 camions de transport : Renault-Saurer-Latil-Unic; 2\u00b0 voitures de tourisme : Renault-Citro\u00ebn-Peugeot; 3\u00b0 voitures de luxe : Delage-Delahaye-Hispano-Suiza. \u00bb<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn21\">[21]<\/a> Renault serait donc la seule firme \u00e0 \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9e dans deux branches sur trois, \u00e0 la veille de la formation du \u00ab comit\u00e9 europ\u00e9en de l\u2019automobile \u00bb \u2011 cartel sous direction allemande \u2013, formule que Renault pr\u00f4nait publiquement depuis 1934 au moins.<\/p>\n<p>Lehideux, administrateur de Renault, aurait-il donc mis en \u0153uvre les vieux plans d\u2019\u00ab entente europ\u00e9enne \u00bb du Patron contre le gr\u00e9 de ce dernier, en rencontrant \u00e0 Berlin le 10 novembre 1940 le g\u00e9n\u00e9ral Adolf von Schell? Ce sp\u00e9cialiste allemand de la motorisation de l\u2019arm\u00e9e depuis 1927 \u00e9tait sous Hitler sous-secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat aux communications et \u00ab pl\u00e9nipotentiaire charg\u00e9 de l\u2019automobile \u00bb (<em>Generalbevollm\u00e4chtigten f\u00fcr das Kraftfahrwesen<\/em>, <em>GBK<\/em>) depuis le 15 novembre 1938 : c\u2019est \u00e0 dire, avait alors expos\u00e9 l\u2019attach\u00e9 militaire fran\u00e7ais \u00e0 Berlin, \u00ab chef d&rsquo;\u00e9tat-major charg\u00e9 de l\u2019inspection des troupes blind\u00e9es [\u2026et,] dans le cadre du plan de quatre ans [dirig\u00e9 par Goering], de prendre des mesures dictatoriales tendant \u00e0 faire faire \u00e0 l\u2019industrie allemande automobile le dernier pas d\u00e9cisif dans la voie de la mobilisation permanente \u00bb, par rationalisation-concentration drastique (fabrication de 3 types de camions, au lieu de 130, via la cr\u00e9ation \u00ab un \u00e9tablissement d\u2019exp\u00e9riences, commun \u00e0 toutes les entreprises priv\u00e9es \u00bb<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn22\">[22]<\/a>. En novembre 1940 Lehideux et von Schell planifi\u00e8rent donc \u00ab la coop\u00e9ration europ\u00e9enne \u00bb : ils d\u00e9finirent un cartel franco-allemand-italien en \u00ab cinq points \u00bb, dont un \u00ab programme [de fabrication] pour les types de v\u00e9hicule \u00bb par pays et pour \u00ab l\u2019ensemble europ\u00e9en \u00bb (article 1er), une \u00ab organisation du march\u00e9 \u00bb int\u00e9rieur (article 4) et une \u00ab r\u00e9glementation de l\u2019exportation \u00bb (article (5). Le texte \u00e9tait si largement connu dans les milieux automobiles que m\u00eame le \u00ab m\u00e9moire de d\u00e9fense \u00bb de Lehideux de 1945 sur ledit \u00ab comit\u00e9 europ\u00e9en \u00bb ne put l\u2019esquiver<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn23\">[23]<\/a>.<\/p>\n<p>Est-ce contre Renault que, le 24 d\u00e9cembre 1940, un Lehideux lyrique, \u00ab retour d\u2019Allemagne \u00bb, \u00ab pr\u00e9sent[a] \u00bb \u00e0 la presse sous tutelle allemande \u00ab son rapport de collaboration, [\u2026] plan qui correspond[ait] aux exigences des temps pr\u00e9sents \u00bb<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn24\">[24]<\/a>? Le chef du COA venait de \u00ab demande[r] \u00e0 ses collaborateurs MM. Champomier et [Andr\u00e9] Reynaud \u00bb, respectivement directeur g\u00e9n\u00e9ral du COA et chef de cette d\u00e9l\u00e9gation fran\u00e7aise \u00e0 Berlin, \u00ab d\u2019\u00e9tablir les bases du comit\u00e9 de collaboration internationale. [Son plan] pr\u00e9voyait que seraient r\u00e9unis \u00e0 la France outre le march\u00e9 m\u00e9tropolitain, la Hollande, la Belgique, la Suisse et l\u2019Espagne. Il d\u00e9terminait les zones propres \u00e0 l\u2019Allemagne et \u00e0 l\u2019Italie et terminait en \u00e9non\u00e7ant : \u201caucune voiture am\u00e9ricaine\u201d \u00bb<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn25\">[25]<\/a>. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment la formule que Louis Renault avait vant\u00e9e \u00e0 Hitler le 21 f\u00e9vrier 1935 : \u00ab Une guerre \u00e9conomique entre la France et l\u2019Allemagne n\u2019aurait d\u2019avantages que pour l\u2019Angleterre et l\u2019Am\u00e9rique \u00bb<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn26\">[26]<\/a>. L\u2019exclusion de la terrible concurrence am\u00e9ricaine faisait depuis la crise l\u2019unanimit\u00e9 au sein du patronat synarchique nagu\u00e8re plus tourn\u00e9 vers la Manche et l\u2019Atlantique<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn27\">[27]<\/a>.<\/p>\n<p>Est-ce contre Renault que Lehideux, toujours accompagn\u00e9 de ses hommes de confiance, mit en \u0153uvre le cartel tripartite via \u00ab deux [\u2026] accords \u00bb officiels? Le premier, cr\u00e9ant \u00ab une commission [que Lehideux d\u00e9cr\u00e9ta en <em>1945<\/em>] transitoire pour la collaboration de l\u2019industrie automobile europ\u00e9enne \u00bb, fut sign\u00e9 \u00ab \u00e0 Berlin du 1er au 6 mars 1941 \u00bb aux \u00ab entretiens au GBK \u00bb, par von Schell et Egger, Lehideux, chef du COA (incluant Renault), et Giuseppe Acutis, pr\u00e9sident de l\u2019association nationale de l\u2019industrie automobile (<em>ANFIA<\/em>) \u00e9troitement li\u00e9 \u00e0 Giovanni Agnelli. Ces engagements, respectivement souscrits au nom du Reich, de la France et de l\u2019Italie, furent consign\u00e9s dans au moins trois rapports, un allemand et deux fran\u00e7ais. Le second accord, sign\u00e9 le 8 juillet 1942 par Egger, Lehideux et Acutis, \u00ab fix[a\u2026] la contribution annuelle \u00bb de chaque membre du cartel (aucunement transitoire) \u00ab \u00e0 8 000 marks \u00bb. Entre temps, Lehideux \u2013 toujours contre Renault? \u2013 avait fait la navette pour le cartel \u00ab europ\u00e9en \u00bb, surtout en terre allemande, en 1941, fin f\u00e9vrier-d\u00e9but mars, fin mars, fin avril, fin septembre-d\u00e9but octobre \u00e0 Berlin, en novembre \u00e0 Turin; en 1942 \u00e0 Nuremberg (en avril-mai) et \u00e0 Stuttgart (en novembre), etc.<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn28\">[28]<\/a> \u2011 sans pr\u00e9judice de maint autre voyage. Les conditions de la cr\u00e9ation, pr\u00e9coce (un des records chronologiques de la cartellisation allemande g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019industrie de la France occup\u00e9e) <a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn29\">[29]<\/a>, d\u2019un cartel domin\u00e9 par l\u2019appareil du plan (de guerre) de quatre ans excluent l\u2019atmosph\u00e8re de si\u00e8ge et de \u00ab r\u00e9quisition \u00bb d\u00e9crite par Lehideux et son entourage au cours de l\u2019instruction des proc\u00e8s d\u2019apr\u00e8s-Lib\u00e9ration \u2011 instruction \u00e0 laquelle Renault fut naturellement soustrait par son d\u00e9c\u00e8s d\u2019octobre 1944 \u00e0 la prison de Fresnes.<\/p>\n<p>Entre Paris et l\u2019Allemagne, Lehideux et son \u00e9tat-major du COA ou\/et de la SAUR ne pr\u00e9par\u00e8rent pas seulement le cartel qui r\u00e9girait l\u2019automobile dans l\u2019Europe d\u2019apr\u00e8s victoire allemande : ils discut\u00e8rent avant tout des commandes militaires allemandes \u00e0 l\u2019industrie automobile en g\u00e9n\u00e9ral et \u00e0 Renault en particulier.<\/p>\n<h3>Renault et les \u00ab chars pour les Allemands \u00bb<\/h3>\n<p>Ces commandes allemandes, fruit exclusif de \u00ab r\u00e9quisitions \u00bb, n\u2019auraient, en d\u00e9pit de telles r\u00e9quisitions, pas inclus de chars : \u00ab aucun travail historique<em>, tranche <\/em><em>la cour d&rsquo;appel de Limoges,<\/em> n&rsquo;infirme une d\u00e9cision judiciaire du 30 avril 1949 disant que les usines Renault n&rsquo;avaient pas fabriqu\u00e9 de chars ou de chenillettes mais avaient \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9es d&rsquo;effectuer des r\u00e9parations durant la guerre. \u00bb<\/p>\n<h4>La r\u00e9paration des chars pour la Wehrmacht, acquise le 1er ao\u00fbt 1940<\/h4>\n<p>En juillet-ao\u00fbt 1940, l\u2019oncle devan\u00e7a m\u00eame le neveu, qui, appuy\u00e9 apr\u00e8s la Lib\u00e9ration par une l\u00e9gion de \u00ab t\u00e9moins \u00bb \u2011 presque tous aussi impliqu\u00e9s que lui dans la collaboration \u00e9conomique et \u00e9tatique \u2011, mua leur divergence <em>tactique<\/em>, fugace, en preuve (d\u00e9mentie par <em>toute<\/em> la correspondance d\u2019Occupation) de sa \u00ab r\u00e9sistance \u00bb \u00e0 Louis Renault.<\/p>\n<p>Ce dernier, revenu d\u00e9but juillet des \u00c9tats-Unis, discuta avec les Allemands pendant \u00ab <em>trois semaines<\/em> [\u2026] sur la question de la r\u00e9paration des chars \u00bb. Le 1er ao\u00fbt, il signifia au g\u00e9n\u00e9ral Tuckertort son acceptation formelle, \u00e9tay\u00e9e par une lettre \u00ab remise \u00e0 la fin de [cette] conf\u00e9rence \u00bb, de r\u00e9parer pour la Wehrmacht \u00ab d\u00e8s le 2 ao\u00fbt \u00bb les chars de la maison. La r\u00e9union du dimanche 4 ao\u00fbt \u00e0 l\u2019H\u00f4tel Majestic, entre six Allemands, dont Tuckertort et le ministre Schmidt, chef de la division \u00e9conomique de l\u2019administration militaire en France (<em>MBF<\/em>), et le trio Lehideux, Petiet, Grandjean, permit de faire le point. Elle eut lieu en l\u2019absence de Renault qui avait, le 2 ao\u00fbt, sollicit\u00e9 de la partie allemande \u00ab un d\u00e9lai de 10 jours \u00bb de r\u00e9flexion. Celle-ci le d\u00e9plora mais rappela que, cette \u00ab condition [\u2026] accept\u00e9e, M. Renault prenait l\u2019engagement de commencer les travaux de r\u00e9paration de chars d\u00e8s le 2 ao\u00fbt \u00bb. \u00ab <em>M. Renault<\/em>, ajouta-t-elle,<em> lui a remis une lettre destin\u00e9e au g\u00e9n\u00e9ral et a confirm\u00e9 verbalement et \u00e0 plusieurs reprises ce qu\u2019il avait \u00e9crit, \u00e0 savoir [que] M. Lehideux avait pleins pouvoirs pour traiter de la question de l\u2019entretien des chars. Il a donn\u00e9 l\u2019assurance qu\u2019il n\u2019aurait pas \u00e0 d\u00e9savouer M. Lehideux<\/em>. \u00bb<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9change Schmidt-Petiet-Lehideux, dans le cadre de \u00ab la discussion [\u2026] ouverte [\u2026] depuis trois semaines \u00bb (Schmidt), balaie les variations que la d\u00e9cision de \u00ab r\u00e9paration des chars \u00bb de l\u2019\u00e9t\u00e9 1940 inspira <em>post Liberationem<\/em> \u00e0 Lehideux et consorts. Il sugg\u00e8re que l\u2019entourage de Renault, 1\u00b0 avait obtenu de prolonger les tractations que son empressement avait arr\u00eat\u00e9es le 1er ao\u00fbt et, 2\u00b0 avait pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 continuer, le 4, \u00ab la discussion \u00bb sans lui. Ce proc\u00e8s-verbal du 4 ao\u00fbt 1940 fait liti\u00e8re de la th\u00e8se, emprunt\u00e9e aux m\u00e9moires de Lehideux par M. Mouret, soit de la surprise du neveu devant la d\u00e9cision unilat\u00e9rale de son oncle brutalement signifi\u00e9e par les Allemands, soit d\u2019un \u00ab bluff \u00bb allemand rest\u00e9 sans trace \u00e9crite<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn30\">[30]<\/a>. Il confirme l\u2019existence de l\u2019accord du 1er sign\u00e9 par Renault, qui fut d\u00e9finitivement acquis au prix, seule nouveaut\u00e9 du jour, d\u2019une pr\u00e9caution tactique que, dans sa h\u00e2te, le Patron avait omise.<\/p>\n<p>\u00c0 la question pos\u00e9e par Schmidt \u00e0 ses interlocuteurs fran\u00e7ais : \u00ab Pourquoi ne voulez-vous pas faire les travaux demand\u00e9s par le g\u00e9n\u00e9ral? \u00bb, Petiet, se posant, non en seul repr\u00e9sentant de Renault, mais en d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019industrie automobile (le d\u00e9cret de l\u2019ami Barnaud instituant les comit\u00e9s d&rsquo;organisation \u00e9tait imminent), r\u00e9pondit ainsi : il \u00ab rappelle ses entretiens avec le colonel Thoenissen \u00bb \u2011 adjoint du g\u00e9n\u00e9ral von Schell et chef du GBK en France \u2013 \u00ab et le major Hoezhauer qui ont demand\u00e9 d\u2019\u00e9tudier le probl\u00e8me de la collaboration des usines d\u2019automobiles fran\u00e7aises avec l\u2019industrie allemande. Ces conversations doivent reprendre dans les prochains jours et il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sign\u00e9 pour repr\u00e9senter l\u2019industrie fran\u00e7aise, c\u2019est la raison pour laquelle il a demand\u00e9 \u00e0 \u00eatre re\u00e7u en m\u00eame temps que les repr\u00e9sentants des usines Renault. \u00bb<\/p>\n<p>Lehideux prit la suite de Petiet, arguant que son oncle \u00e9tait \u00ab tout juste [revenu] aux usines quand il a[vait] eu les premi\u00e8res discussions avec le commissaire allemand et qu\u2019il n\u2019avait pas eu le temps de se mettre au courant des directives de son gouvernement, ni de se rendre compte exactement des sentiments de ses collaborateurs, directeurs, ing\u00e9nieurs et ma\u00eetrise, dont certains venaient de combattre dans des chars Renault. Apr\u00e8s ses entretiens du 1er ao\u00fbt, M. Renault a d\u00fb se rendre compte qu\u2019il ne pouvait pas demander \u00e0 ces collaborateurs d\u2019effectuer les travaux qui lui \u00e9taient demand\u00e9s. [\u2026C]e n&rsquo;est pas au moment pr\u00e9cis o\u00f9 l\u2019on demande \u00e0 l\u2019industrie automobile et aux usines Renault de s\u2019engager dans la voie de la collaboration avec l\u2019industrie allemande que l\u2019on peut demander aux cadres de l\u2019usine d\u2019effectuer les travaux qui apparaissent comme les plus p\u00e9nibles pour leur sentiment national.<\/p>\n<p>[M. Lehideux] fait part de la d\u00e9cision d\u00e9j\u00e0 prise de fournir les pi\u00e8ces de rechange de la fabrication Renault qui seraient utiles pour la r\u00e9paration des chars, de donner tous renseignements utiles sur les pi\u00e8ces fabriqu\u00e9es au dehors, de faciliter le recrutement de la main-d&rsquo;\u0153uvre. Mais <em>il demande avec insistance que la direction des travaux de r\u00e9parations soit assur\u00e9e par les autorit\u00e9s allemandes<\/em>.<\/p>\n<p>M. le ministre Schmidt prend acte de la d\u00e9claration de M. Lehideux, qu\u2019il r\u00e9sume comme suit :<\/p>\n<p>1\u00b0 Les cadres des usines Renault refusent d\u2019ex\u00e9cuter les instructions donn\u00e9es par M. Renault pour la r\u00e9paration des chars.<\/p>\n<p>2\u00b0 Les usines n\u2019ont pas demand\u00e9 aux ouvriers s\u2019ils seraient d&rsquo;accord pour effectuer ces travaux.<\/p>\n<p>3\u00b0 Il y a opposition entre M. Renault et la direction des usines sur cette question.<\/p>\n<p>M. Lehideux r\u00e9pond que ses d\u00e9clarations ne peuvent se traduire en formules aussi absolues. La r\u00e9ticence des cadres s\u2019est manifest\u00e9e sous une forme plus nuanc\u00e9e. Aucune question ne leur fut d&rsquo;ailleurs pos\u00e9e. M. Lehideux estimait de son devoir de traduire ce qu\u2019il savait \u00eatre le sentiment profond qui animait ses cadres. <em>M. Lehideux rappelle comment il envisage la collaboration des usines pour faciliter le travail de la direction allemande qui serait charg\u00e9e de la r\u00e9paration et, sur la demande du ministre, donne sa parole qu\u2019il donnera l\u2019aide utile<\/em>.<\/p>\n<p>Avant de lever la s\u00e9ance, s\u2019\u00e9tablit une conversation entre les membres allemands \u00bb et l\u2019un d&rsquo;entre eux \u00ab d\u00e9clare qu\u2019il peut prendre en charge <em>la r\u00e9paration des chars sous les conditions de collaboration indiqu\u00e9es par M. Lehideux<\/em>. La s\u00e9ance est lev\u00e9e sur l\u2019impression tr\u00e8s pr\u00e9cise que la solution est admise. \u00bb<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn31\">[31]<\/a><\/p>\n<p>Il ressort du compte rendu \u00e9crit de cet entretien qu\u2019entre les 1er et 4 ao\u00fbt 1940, Louis Renault et la direction de la SAUR agr\u00e9\u00e8rent d\u00e9finitivement l\u2019exigence allemande de r\u00e9paration des chars fran\u00e7ais pour usage allemand; et que Lehideux, le 4 ao\u00fbt, requit de Schmidt, en leur nom, \u00ab la direction allemande \u00bb de ces travaux, seule apte \u00e0 soustraire la direction fran\u00e7aise \u00e0 ses responsabilit\u00e9s face \u00e0 un personnel tr\u00e8s r\u00e9ticent. Ainsi naquit la \u00ab r\u00e9quisition \u00bb allemande, n\u00e9e d\u2019une demande <em>fran\u00e7aise<\/em>, astuce juridique si utile apr\u00e8s la Lib\u00e9ration dont us\u00e8rent pour des raisons comptables les hauts fonctionnaires r\u00e9unis apr\u00e8s les bombardements anglais de mars 1942 dans le bureau de Barnaud (depuis mars 1941 d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral aux relations \u00e9conomiques franco-allemandes) : \u00ab La Wehrmacht a r\u00e9quisitionn\u00e9 un atelier chez Renault pour la r\u00e9paration de chars effectu\u00e9e par la maison allemande Daimler-Benz. \u00bb<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn32\">[32]<\/a><\/p>\n<h4>\u00ab La fabrication des chars \u00bb avant le 22 juin 1941<\/h4>\n<p>La h\u00e2te \u00e0 s\u2019ex\u00e9cuter fut g\u00e9n\u00e9rale, et typique des inclinations \u00ab <em>arbeitswillig<\/em> \u00bb (de bonne volont\u00e9 au travail) des milieux \u00e9conomiques fran\u00e7ais relev\u00e9es par l\u2019occupant<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn33\">[33]<\/a>. En t\u00e9moigne le contenu des r\u00e9unions tenues depuis l\u2019automne 1940 par le GBK et le COA, hommes de Renault, Lehideux et Andr\u00e9 Reynaud, en t\u00eate. Le MBF ne cessa de se f\u00e9liciter d\u00e8s le d\u00e9but de 1941 (et <em>jusqu&rsquo;au terme de l\u2019Occupation<\/em>) du succ\u00e8s des \u00ab n\u00e9gociations avec l\u2019industrie allemande d\u00e9but janvier \u00bb : elles avaient abouti au \u00ab plan automobile conclu par Lehideux avec le g\u00e9n\u00e9ral von Schell et [\u00e0] l\u2019important transfert des commandes pour lequel les capacit\u00e9s de l\u2019industrie fran\u00e7aise ont \u00e9t\u00e9 dans une large mesure mises \u00e0 la disposition de l\u2019\u00e9conomie allemande, <em>y compris pour la pure et simple production de guerre<\/em> \u00bb<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn34\">[34]<\/a>. Peyrecave, appr\u00e9ci\u00e9 des hagiographes de Renault, s\u2019afficha donc \u00ab \u00e0 Vichy \u00bb dans la seconde quinzaine de janvier 1941 pour discuter \u00ab des accords franco-allemands de la m\u00e9tallurgie. \u00bb<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn35\">[35]<\/a><\/p>\n<p>Sans attendre la signature du plan Lehideux-von Schell, Renault s\u2019\u00e9tait inscrit au firmament d\u2019une galaxie automobile enti\u00e8rement mobilis\u00e9e au service de l\u2019\u00e9conomie de guerre allemande. L\u2019effort fut spectaculaire avant que le Reich n\u2019e\u00fbt men\u00e9 \u00e0 bien son vieux projet de conqu\u00eate de la Russie, qu\u2019il s&rsquo;ag\u00eet de chars (ou tanks) ou du reste. On ne s\u2019activait pas seulement dans l\u2019\u00ab installation \u00bb allemande directement g\u00e9r\u00e9e par la Wehrmacht chez Renault, mais dans l\u2019ensemble des ateliers, ici et ailleurs. On ne travaillait pas seulement en zone occup\u00e9e, suppos\u00e9e apr\u00e8s la Lib\u00e9ration avoir fonctionn\u00e9, contre l\u2019Angleterre, sur la base des strictes obligations de la convention d&rsquo;Armistice du 22 juin 1940, via la \u00ab r\u00e9quisition \u00bb. Depuis l\u2019automne 1940 furent conclus des accords libres et priv\u00e9s stipulant \u00ab <em>transfert de poids lourds de zone non occup\u00e9e<\/em> \u00bb \u2013 zone exclue de la convention d&rsquo;Armistice et des contraintes allemandes y aff\u00e9rentes \u2013 \u00ab <em>en zone occup\u00e9e et en Alsace-Lorraine<\/em> \u00bb, accords qu\u2019agr\u00e9a officiellement le MBF \u00e0 la mi-janvier 1941 : cette signature allemande concernait six soci\u00e9t\u00e9s automobiles, \u00ab Renault, 8, rue \u00c9mile Zola, Boulogne-Billancourt \u00bb, ainsi que, \u00e0 Paris, Delahaye, 20, rue du Banquier; Citro\u00ebn, 143, quai de Javel, Peugeot, 108, quai de Passy; en banlieue, Latil, 8, rue Gallieni, Suresnes, et Matford, 225, quai Aulagnier, Asni\u00e8res<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn36\">[36]<\/a>. Au printemps 1941, on fabriquait couramment \u00ab <em>en zone libre<\/em> [\u2026des] pi\u00e8ces de chars pour les autorit\u00e9s allemandes. \u00bb<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn37\">[37]<\/a> L\u2019Axe fut aussi g\u00e2t\u00e9 dans les colonies et protectorats non vis\u00e9s par les clauses de l\u2019armistice : \u00ab connues dans le public \u00bb, les livraisons massives aux Allemands et aux Italiens, de camions \u00ab en excellent \u00e9tat \u00bb mis \u00e0 leur disposition par les Fran\u00e7ais \u00e0 la fronti\u00e8re tripolitaine, les \u00ab r\u00e9servoirs d\u2019essence pleins et compl\u00e8tement charg\u00e9s de vivres, notamment de l\u00e9gumes verts \u00bb, soulev\u00e8rent alors \u00ab des sentiments d\u2019indignation et de haine dans la population \u00bb<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn38\">[38]<\/a>.<\/p>\n<p>Dans les mois pr\u00e9c\u00e9dant l\u2019assaut allemand contre l\u2019URSS, les usines s\u2019\u00e9taient transform\u00e9es en fourmili\u00e8res, d\u00e9crites par le menu aux services de renseignements gaullistes de Londres par une foule d\u2019informateurs fran\u00e7ais (communistes?), qui requ\u00e9raient toujours des bombardements <em>industriels<\/em> susceptibles de paralyser l\u2019appareil de guerre allemand. Ces courriers fixaient depuis la fin de l\u2019hiver la date de l\u2019attaque, \u00ab les commandes devant \u00eatre pr\u00eates pour le 15 juin \u00bb 1941. En mars, \u00ab Renault \u2011 voitures de tourisme, camions, tanks \u2011 \u00bb, fut recens\u00e9 en t\u00eate d\u2019une liste d\u2019entreprises \u00ab travaillant pour les Allemands \u00bb, qui ne varierait gu\u00e8re jusqu\u2019\u00e0 la Lib\u00e9ration de Paris : \u00ab Citro\u00ebn [propri\u00e9t\u00e9 de Michelin depuis 1935] \u2011 voitures de tourisme, camions, tanks; Latil, camions; Saurer, chenillettes et camions; les chenillettes sont t\u00f4l\u00e9es comme des voitures ordinaires et non blind\u00e9es, la caisse arri\u00e8re est en bois; Somua, \u00e0 Saint-Ouen, tanks; Hispano Suiza \u00e0 Colombes, moteurs d\u2019avions; Gnome et Rh\u00f4ne \u00e0 Paris et Gentilly, moteurs d\u2019avions; Ford entre Poissy et Asni\u00e8res, camions, et toutes les maisons d\u2019accessoires pour avions, Bronzavia, Air \u00c9quipement, Salmon, Isoflex, etc. \u00bb<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn39\">[39]<\/a> Selon une note appelant aux bombardements alli\u00e9s, intitul\u00e9e \u00ab <em>Industrie de guerre<\/em> \u00bb, aussi antagonique avec les arr\u00eat\u00e9s de cours de justice de 2010 ou de 1949 que la masse environnante des fiches d\u2019avril-mai 1941, \u00ab 4-4-41 (sic)<\/p>\n<p>les \u00c9tablissements Renault \u00e0 Billancourt travaillent jour et nuit pour les Allemands, fabriquant des automobiles et du mat\u00e9riel blind\u00e9. Une seule bombe lanc\u00e9e sur la centrale \u00e9lectrique situ\u00e9e au Nord des fabriques suffirait \u00e0 faire arr\u00eater les travaux; sans causer de pertes parmi les Fran\u00e7ais. Les \u00c9tablissements Renault \u00e0 Billancourt produisent actuellement une s\u00e9rie de petits tanks Renault, qui sont livr\u00e9s aux Allemands de la fa\u00e7on suivante: sous le contr\u00f4le d\u2019un officier allemand, des ing\u00e9nieurs fran\u00e7ais conduisent les tanks et effectuent deux ou trois tours sur la place en face du Pont de S\u00e8vres. Lorsqu\u2019il est \u00e9vident qu\u2019il ne peut y avoir aucun sabotage, des soldats allemands prennent les tanks des mains m\u00eames de nos ing\u00e9nieurs.<\/p>\n<p>7-4-41<\/p>\n<p>Les \u00c9tablissements Renault ne fabriquent soi-disant pas de bombes incendiaires pour les Allemands, mais leur fournissent des milliers de pot d\u2019\u00e9chappement de voitures en t\u00f4le que les Allemands remplissent de phosg\u00e8ne avec une fraction de m\u00e9linite et obtiennent de cette fa\u00e7on tr\u00e8s simple une quantit\u00e9 de bombes incendiaires. \u00bb<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn40\">[40]<\/a> Fin avril, un ouvrier de Billancourt \u00ab doit faire pour le 15 juin 420 pi\u00e8ces de tanks Renault. Ses camarades ont d\u2019autres pi\u00e8ces \u00e0 faire, mais le m\u00eame nombre. Travail en s\u00e9rie et \u00e0 la cha\u00eene de mani\u00e8re \u00e0 avoir environ 420 tanks pour le 15 juin. Les Allemands sont tr\u00e8s contents du tank Renault \u00bb<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn41\">[41]<\/a>.<\/p>\n<p>Renault partageait alors avec \u00ab l\u2019Usine Rateau, rue Carnot, au Pr\u00e9 St Gervais \u00bb la \u00ab transform[ation] en tanks allemands des anciens tanks fran\u00e7ais. [\u2026] Les canons de 47 viennent, non finis, de Tch\u00e9coslovaquie, apr\u00e8s \u00eatre pass\u00e9s par l\u2019atelier de la Courneuve, ils sont dirig\u00e9s par voiture sur l\u2019usine Renault. Il est sorti 60 canons dans le mois (avril). L\u2019usine a encore une commande de 600. Il s\u2019agit de canons anti-chars. \u00bb<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn42\">[42]<\/a> Renault r\u00e9partissait ses efforts, comme tous ses confr\u00e8res, entre l\u2019armement automobile et a\u00e9ronautique: les usines Avia, qui \u00ab ont re\u00e7u [des] liasses [de] dessins [de] moteur Argus de combat H-110 \u00bb commencent la fabrication de \u00ab 10 [pi\u00e8ces] par jour aux usines FF \u00bb; le montage s\u2019en fait \u00ab aux usines Q 11 (entre place Nationale et Salmson) Billancourt \u00bb; un \u00ab ing\u00e9nieur allemand \u00bb, Deken, \u00ab r\u00e9ceptionne \u00bb le tout. \u00ab \u00c0 Issy-les-Moulineaux Caudron [Renault], on commence la fabrication des ailerons Messer[schmitt] \u00bb<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn43\">[43]<\/a>). Les deux usines Renault du Pont de S\u00e8vres font \u00ab l\u2019une des avions Messerschmitt [,&#8230;] l\u2019autre des tanks \u00bb<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn44\">[44]<\/a>.<\/p>\n<p>Avant le 22 juin 1941, la production de tanks ou pi\u00e8ces de tanks n\u2019avait donc pas \u00e9t\u00e9 cantonn\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00ab installation r\u00e9quisitionn\u00e9e \u00bb de Renault-Billancourt sous gestion directe la Wehrmacht<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn45\">[45]<\/a>.<\/p>\n<h4>Renault et la fr\u00e9n\u00e9sie franco-allemande \u00e0 l\u2019heure du front de l&rsquo;Est<\/h4>\n<p>La guerre en Russie porta aux cimes la \u00ab collaboration de l\u2019industrie automobile fran\u00e7aise aux programmes de guerre allemands \u00bb qui absorbaient depuis l\u2019automne <em>1940<\/em> la quasi-totalit\u00e9 de ses activit\u00e9s. Le pr\u00e9tendu \u00ab secteur civil \u00bb approvisionnait d&rsquo;ailleurs autant la Wehrmacht : au printemps 1941, \u00ab une impression f\u00e2cheuse [\u00e9tait] cr\u00e9\u00e9e dans la population parisienne par le d\u00e9fil\u00e9 journalier dans les art\u00e8res principales de la capitale de voitures Peugeot, Renault et Citro\u00ebn conduites par des soldats allemands. Ne serait-il pas possible d\u2019envisager la circulation de ces voitures \u00e0 des heures matinales et par des circuits moins centraux? \u00bb, demanda un collaborateur de Barnaud au chef du COA Lehideux fin mai<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn46\">[46]<\/a>. Malgr\u00e9 les al\u00e9as des bombardements anglo-saxons \u2011 tels ceux des 4 mars 1942, 4 avril et surtout 3 et 15 septembre 1943 de Renault-Billancourt, qui occasionn\u00e8rent de \u00ab gros d\u00e9g\u00e2ts \u00bb<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn47\">[47]<\/a> \u2011, des sabotages ouvriers et des effets du STO, les activit\u00e9s souffrirent peu. Stimul\u00e9 par la direction et la Wehrmacht \u00e9galement fr\u00e9n\u00e9tiques, le d\u00e9blaiement \u00ab des usines Renault \u00bb de Boulogne-Billancourt fut apr\u00e8s la nuit des 3-4 mars 1942 effectu\u00e9 en trois semaines par \u00ab les ouvriers et un grand nombre de soldats allemands \u00bb<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn48\">[48]<\/a>.<\/p>\n<p>Pr\u00e9cisons pour m\u00e9moire, ce champ d\u00e9passant celui des tanks, que, malgr\u00e9 sa f\u00e9brilit\u00e9 reconstructrice, la maison ne r\u00e9sista pas plus que les autres au recrutement allemand de main-d&rsquo;\u0153uvre forc\u00e9e, et bien avant le d\u00e9cret de f\u00e9vrier 1943 sur le STO. Lehideux, comme chef du COA, transmit imm\u00e9diatement la circulaire Laval du 2 juillet 1942 pr\u00f4nant la \u00ab rel\u00e8ve \u00bb et la propagande en sa faveur, accompagn\u00e9e de celle de son ami et successeur (depuis avril) au minist\u00e8re de la PI, Jean Bichelonne, \u00ab donnant des instructions \u00e0 ce sujet \u00bb. Il recommen\u00e7a en adressant \u00ab \u00e0 ses ressortissants la circulaire [Bichelonne] du 31 d\u00e9cembre 1942 relative \u00e0 la fourniture d\u2019un contingent d\u2019ouvriers sp\u00e9cialis\u00e9s (57 000) destin\u00e9s \u00e0 travailler en Allemagne \u00bb : \u00ab avec la mention : \u201cNous vous demandons d\u2019examiner tr\u00e8s attentivement ce document, afin de suivre exactement les directives qu\u2019il vous apporte\u201d. \u00bb<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn49\">[49]<\/a> La direction de Renault fut aussi z\u00e9l\u00e9e \u2013 \u00e9tait-ce aussi contre l\u2019avis Louis Renault ? \u2011, et son entrain refl\u00e9t\u00e9 par ces chiffres de novembre 1942 : \u00e0 Billancourt \u00ab sur 200 d\u00e9sign\u00e9s (&#8230;) 18 manquants, qui se sont d\u2019ailleurs empress\u00e9s de dispara\u00eetre, soit 9% seulement de refus \u00bb<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn50\">[50]<\/a>.<\/p>\n<p>La reconstruction prioritaire et la d\u00e9centralisation des usines, de la r\u00e9gion parisienne au Mans, firent merveille jusqu&rsquo;au bout. Au premier semestre 1944, les usines du \u00ab Groupe Caudron-Renault \u00bb, que pr\u00e9sidait Peyrecave <a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn51\">[51]<\/a>, fabriquaient des roulements \u00e0 billes pour Messerschmitt et des avions Messerschmitt <em>stricto sensu<\/em>, \u00ab travaill[ai]ent jour et nuit \u00bb et leurs ouvriers \u00ab 54 h par semaine \u00bb<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn52\">[52]<\/a>. On \u00e9tait alors souvent pass\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tape de \u00ab la construction des usines souterraines \u00bb. La masse des fiches contemporaines av\u00e8re les r\u00e9v\u00e9lations du chef SS Knochen \u00e0 la direction des RG en janvier 1947 : cette \u00ab construction [\u2026] s\u2019est poursuivie sans discontinuer et surtout sans tenir compte de la situation militaire qui \u00e9voluait d\u00e9favorablement. C\u2019est ainsi que malgr\u00e9 le repli de la Wehrmacht aussi bien en Russie, en Italie qu\u2019en Afrique, et m\u00eame apr\u00e8s le d\u00e9barquement alli\u00e9 en France, les travaux se sont poursuivis comme si de rien n\u2019\u00e9tait. Au moment o\u00f9 il a fallu quitter le sol fran\u00e7ais, ces usines \u00e9taient pr\u00eates \u00e0 fonctionner \u00bb<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn53\">[53]<\/a>.<\/p>\n<p>Jusqu\u2019en <em>juillet<\/em> 1944 inclus, Renault se dressa \u00e0 l\u2019avant-garde de toute la r\u00e9gion parisienne industrielle qui avait dans les mois pr\u00e9c\u00e9dents fonctionn\u00e9 en partie sous terre. D\u00e9but juillet, les services allemands de Paris discutaient encore avec \u00ab des repr\u00e9sentants d\u2019Unic, Latil, Renault, Hotchkiss, \u00bb etc., du \u00ab plan g\u00e9n\u00e9ral des carri\u00e8res am\u00e9nag\u00e9es \u00e0 Carri\u00e8res-sous-Bois (entre Maisons-Laffitte et Saint-Germain) o\u00f9 d[evai]ent \u00eatre install\u00e9es les diff\u00e9rentes usines souterraines \u00bb pour les \u00ab fabrications sp\u00e9ciales des usines suivantes: Renault (vilebrequins, roulements \u00e0 billes) \u00bb, ouvrait la liste. Tout \u00e9tait fin pr\u00eat, ateliers, voirie, approvisionnement en eau \u00ab par une centrale commune \u00bb, en gaz, \u00e9lectricit\u00e9, t\u00e9l\u00e9phone, \u00ab cantines communes \u00bb groupant \u00ab plusieurs usines \u00bb, \u00ab garage commun \u00bb pour v\u00e9los, etc. \u00ab Dans cette question d\u2019usine souterraine, Renault semble vouloir marcher seule et est actuellement plus avanc\u00e9e que les autres constructeurs. \u00bb<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn54\">[54]<\/a> Toujours contre Renault, Lehideux, Peyrecave, etc.?<\/p>\n<p>Le contribuable fran\u00e7ais dut assumer le co\u00fbt des bombardements <em>industriels<\/em> britanniques, puis anglo-saxons<em>. <\/em>Ce nouveau fardeau s\u2019ajouta \u00e0 la gigantesque contribution des frais d&rsquo;occupation et du clearing, n\u00e9e avec l\u2019Occupation, qui faisait de la France la meilleure vache \u00e0 lait du Reich en guerre (45% de la dette allemande de clearing totale)<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn55\">[55]<\/a>. Le \u00ab 28 f\u00e9vrier 1942 \u00bb \u2011 juste avant des bombardements attendus \u2011 fut conclu \u00ab l\u2019\u00e9change de notes franco-allemand \u00bb qui conf\u00e9rait aux entreprises priv\u00e9es et \u00e0 l\u2019occupant le droit d\u2019exiger du \u00ab gouvernement fran\u00e7ais [\u2026] la reconstruction et le financement des entreprises industrielles endommag\u00e9es par des bombardements anglais \u00bb<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn56\">[56]<\/a>. \u00ab Nous nous sommes \u00bb ainsi, expliqua peu apr\u00e8s (le 19 mars) dans le bureau de Barnaud Maurice Couve de Murville, directeur des Finances ext\u00e9rieures et des changes de Vichy (et futur ministre de De Gaulle), \u00ab engag\u00e9s vis-\u00e0-vis des Allemands :<\/p>\n<p>1\u00b0 \u00e0 prendre les mesures financi\u00e8res permettant la reconstruction ;<\/p>\n<p>2\u00b0 \u00e0 assurer cette reconstruction dans la mesure des possibilit\u00e9s.<\/p>\n<p>Toutefois, l\u2019accord avec les Allemands devrait \u00eatre doubl\u00e9 d\u2019une l\u00e9gislation int\u00e9rieure fran\u00e7aise qui n\u2019existe pas encore. De ce fait, Renault n\u2019a droit \u00e0 aucune indemnit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;heure actuelle; il peut seulement b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019avance dans le cadre de la loi du 1er juillet 1901. \u00bb Vichy lui donna ledit droit.<\/p>\n<p>Dans les jours qui suivirent \u00ab le bombardement par l\u2019aviation britannique de l\u2019ouest de la r\u00e9gion parisienne \u00bb \u2011 dans la nuit du 3 au 4 mars 1942 \u2011, Hemmen, chef de la section \u00e9conomique de la Commission allemande d&rsquo;armistice (CAA) pr\u00e9senta \u00e0 de Boisanger (gouverneur de la Banque de France et chef de la d\u00e9l\u00e9gation \u00e9conomique fran\u00e7aise \u00e0 la CAA) \u00ab la liste des usines que les autorit\u00e9s allemandes estim[ai]ent n\u00e9cessaire de reconstruire \u00bb : elle \u00e9tait ouverte par Renault, qui avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9valu\u00e9 les dommages subis \u00e0 Billancourt \u00e0 \u00ab 150 millions de francs \u00bb. Le 19 mars, chez Barnaud, Jean Bichelonne, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la PI (autre grand synarque, successeur imminent de Lehideux au secr\u00e9tariat d\u2019\u00c9tat, en avril) fit \u00e9tat du \u00ab plan actuellement examin\u00e9 par la Production industrielle \u00bb : \u00ab il pr\u00e9vo[ya]it la reconstruction de Renault partie \u00e0 Billancourt et partie au Mans. \u00bb Ainsi s\u2019engagea la <em>nationalisation<\/em> de fait des pertes que valait \u00e0 Renault son engagement au service de la production de guerre du Reich<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn57\">[57]<\/a>. Ces bont\u00e9s b\u00e9n\u00e9fici\u00e8rent naturellement \u00e0 d\u2019autres. Vichy, toujours \u00e0 la demande d\u2019Hemmen, promit \u00ab de prendre toutes les mesures financi\u00e8res n\u00e9cessaires \u00e0 la reconstruction de trois nouvelles usines \u00bb de r\u00e9gion parisienne \u00ab endommag\u00e9es par des bombardements anglais \u00bb \u2011 Matford, Glaenzer\u2013Spicer et SA Monopole, \u00e0 Poissy, \u00ab de telle sorte que les livraisons \u00e0 effectuer par ces usines au profit de la Wehrmacht et leurs exportations vers l\u2019Allemagne puissent \u00eatre reprises aussit\u00f4t que possible. \u00bb<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn58\">[58]<\/a><\/p>\n<p>La statistique administrative confirme la pr\u00e9\u00e9minence de Renault dans les faveurs de Vichy ou\/et dans la contribution fran\u00e7aise \u00e0 l\u2019effort de guerre allemand : selon l\u2019\u00ab \u00e9tat des versements [\u2026] d\u2019acomptes aux entreprises sinistr\u00e9es travaillant pour le compte allemand [\u2026] du 11 mai 1943 au 12 janvier 1944 \u00bb, sur un total de pr\u00e8s de 253 millions, Renault figurait tr\u00e8s dignement, pour ses diverses entreprises de r\u00e9gion parisienne frapp\u00e9es, avec 60,2 millions et pr\u00e8s de 24% du total, juste devant Dunlop-Montlu\u00e7on (60) et Ford (26)<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn59\">[59]<\/a> (groupe dont le chef du COA Lehideux, r\u00e9concili\u00e9 avec Washington, deviendrait pr\u00e9sident en 1950). Mais cette liste chiffr\u00e9e de janvier 1944 ne comprend pas Renault-Le Mans, recens\u00e9 comme sinistr\u00e9 et b\u00e9n\u00e9ficiaire d\u2019acomptes sur d\u2019autres \u00ab liste[s] des entreprises \u00bb (sans chiffrage des acomptes vers\u00e9s).<\/p>\n<h2>\u00ab La justice [n&rsquo;est pas habilit\u00e9e \u00e0] r\u00e9vise[r] les ann\u00e9es noires \u00bb<\/h2>\n<p>Camions, tanks, moteurs d\u2019avions, avions, bombes incendiaires, canons anti-chars, roulements \u00e0 billes, fabriqu\u00e9s pour le front de l&rsquo;Est, sans oublier les tracteurs, \u00e0 usage militaire (pour transport de mat\u00e9riels et armements), etc. toutes les pi\u00e8ces possibles de l\u2019armement allemand furent construites pour le Reich. Pour oser r\u00e9duire la production de guerre \u00e0 celle des tanks ou pour pr\u00e9tendre que Renault \u2013 comme le reste de l\u2019industrie fran\u00e7aise \u2013 avait en 1940 subi la torture des \u00ab r\u00e9quisitions \u00bb allemandes, il faut avoir, au fil des d\u00e9cennies, travesti le sens des archives, \u00e0 la suite de ce que firent les cours de justice pourvues de documents d\u2019instruction, d&rsquo;origine fran\u00e7aise et allemande, qui accablaient les fournisseurs fran\u00e7ais de la Wehrmacht; ou il faut s\u2019\u00eatre dispens\u00e9 de d\u00e9pouiller les montagnes d\u2019archives consultables.<\/p>\n<p>Tout servit \u00e0 la guerre contre l\u2019Est qui, mentionnons-le au-del\u00e0 de l\u2019objet r\u00e9duit de cette mise au point, provoqua l\u2019enthousiasme des classes dirigeantes fran\u00e7aises, \u00e0 l\u2019avant-garde depuis 1918 dans la croisade contre les bolcheviques. Lehideux, chef de la guerre de Renault et de la synarchie contre la classe ouvri\u00e8re fran\u00e7aise, fit \u00e9clater, en 1941-1942, l\u2019all\u00e9gresse \u00e9prouv\u00e9e par <em>tous<\/em> ses pairs, Renault, Peyrecave, Petiet <em>et alii<\/em>. Si rentable que f\u00fbt l\u2019op\u00e9ration, cette ferveur comportait une forte dimension politico-id\u00e9ologique, exprim\u00e9e devant le mar\u00e9chal de l\u2019Air Milch et le g\u00e9n\u00e9ral von Loeb par le chef du COA Lehideux, en visite \u00e0 Berlin les 18-19 mai 1942. L\u2019exemple est choisi entre mille : \u00ab La guerre contre le bolchevisme, c\u2019est vraiment la guerre de l\u2019Europe, la d\u00e9fense d\u2019une civilisation commune \u00e0 tous les peuples europ\u00e9ens \u00bb<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn60\">[60]<\/a>. Les communistes ne furent pas seuls \u00e0 affirmer que Louis Renault et les siens s\u2019\u00e9taient acharn\u00e9s \u00e0 d\u00e9truire les traces de leur tr\u00e8s long emballement pour le Reich. <em>Le Populaire<\/em>, organe de la SFIO, parti fort antibolchevique, s\u2019\u00e9cria, \u00e0 l\u2019\u00e9poque de l\u2019arrestation de Louis Renault et de Peyrecave : \u00ab Les dossiers de Louis Renault auraient disparu !&#8230; Les scell\u00e9s n\u2019auraient pas \u00e9t\u00e9 appos\u00e9s sur son h\u00f4tel ! C\u2019est d&rsquo;ailleurs \u00e0 un v\u00e9ritable d\u00e9m\u00e9nagement que l\u2019on s\u2019est livr\u00e9 ces jours-ci dans la somptueuse demeure \u00bb de l\u2019avenue Foch<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn61\">[61]<\/a>.<\/p>\n<p>Il reste pourtant trace de cette durable passion : les pi\u00e8ces fran\u00e7aises d\u00e9truites sont parfois compens\u00e9es par des sources allemandes. Peut-\u00eatre Renault, que ses biographes nous d\u00e9crivent mourant ou\/et g\u00e2teux depuis 1938 au plus tard, fut-il moins intens\u00e9ment associ\u00e9 au collaborationnisme mondain que Lehideux et Peyrecave, jeunes adultes qu\u2019on vit pendant quatre ans \u00e0 Vichy et en tous lieux tr\u00f4ner au milieu d\u2019\u00e9minences allemandes de tous genres. Mais le mourant pr\u00e9sum\u00e9 participa, comme sa garde rapproch\u00e9e, aux mondanit\u00e9s de l\u2019h\u00f4tel Ritz : le nom de \u00ab Louis Renault \u00bb figure sur une note du Dr Albert Koerber, r\u00e9dacteur en chef de la <em>Nationalzeitung<\/em> d\u2019Essen, pr\u00e9sentant, le 20 septembre 1941, \u00ab Notre liste des personnalit\u00e9s <em>fran\u00e7aises<\/em> et <em>allemandes<\/em> invit\u00e9es pour le petit d\u00e9jeuner pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019\u201cH\u00f4tel Ritz\u201d dans l\u2019int\u00e9r\u00eat du service europ\u00e9en de l\u2019\u00e9conomie \u00bb<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn62\">[62]<\/a>. Un des biographes de Renault, ing\u00e9nieur \u00e0 Issy-les-Moulineaux sous l&rsquo;Occupation, rappela en 1976 que Peyrecave, instruit par les (fugaces) \u00ab purges \u00bb gaullistes op\u00e9r\u00e9es en Afrique du Nord contre certains grands collaborationnistes, s\u2019attelait en novembre 1943 \u00e0 refaire l\u2019histoire r\u00e9cente de la maison Renault: il fit forger des dossiers attestant que la soci\u00e9t\u00e9 n\u2019avait travaill\u00e9 \u00ab pour les arm\u00e9es allemandes \u00bb que sous la contrainte, sans proposer la moindre am\u00e9lioration de son \u00e9quipement<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn63\">[63]<\/a>.<\/p>\n<p>En 1945, le rapport d\u2019expertise de Caujolle, fond\u00e9 sur la documentation du COA, elle-m\u00eame d\u00e9j\u00e0 soigneusement expurg\u00e9e par les dirigeants de l\u2019institution, trancha en ces termes : \u00ab sous l\u2019impulsion de Lehideux \u00bb, son \u00ab principal animateur, le comit\u00e9 d&rsquo;organisation de l\u2019automobile a livr\u00e9 aux Allemands, pendant l&rsquo;Occupation, 117 512 voitures, pour la somme de 16 778 598 000 frs, soit 85% de la production totale \u00bb; les 15% restants ont eu la m\u00eame destination : \u00ab Sur les 20 776 voitures livr\u00e9es au secteur civil fran\u00e7ais, un certain nombre ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9quisitionn\u00e9es par les allemands, et d\u2019autres ont \u00e9t\u00e9 acquises par des entreprises qui en avaient besoin pour leur permettre de travailler pour l\u2019occupant. \u00bb En dehors des v\u00e9hicules, le COA avait livr\u00e9 \u00ab des pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es pour chars et effectu\u00e9 des transformations ou r\u00e9parations ayant le caract\u00e8re de fournitures de mat\u00e9riel de guerre proprement dit, qui s\u2019\u00e9lev\u00e8rent au minimum \u00e0 2 358 197 814 francs \u00bb<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn64\">[64]<\/a>. En 1948, \u00e0 l\u2019\u00e8re du pardon g\u00e9n\u00e9ral ou officiel, le rapport Lemoine tailla selon l\u2019usage \u00e0 coups de serpe dans la correspondance accablante pour Lehideux et ses pairs (ou en inversa strictement le sens). Il ne put cependant revenir sur les 85%, et dut se contenter d\u2019invoquer 15% de \u00ab secteur civil fran\u00e7ais \u00bb<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn65\">[65]<\/a> qui relevait de la l\u00e9gende.<\/p>\n<p>Les chiffres absolus \u00e9taient d&rsquo;ailleurs ridicules, compar\u00e9s aux listes successives qu\u2019adress\u00e8rent \u00e0 Berlin les services \u00e9conomiques du <em>Milit\u00e4rbefehlshaber in Frankreich<\/em>, photographie immuable d\u2019une France caverne d\u2019Ali Baba du Reich, et \u00e0 bien d\u2019autres documents. Ainsi, nul ne contesta, \u00e0 la r\u00e9union franco-allemande du 6 avril 1943 au si\u00e8ge du COA, le chiffre de 10 000 unit\u00e9s <em>par mois<\/em> pour la production automobile fran\u00e7aise \u00e0 destination du Reich (seul), soit 120 000 par an \u2011 quatre fois plus que les rapports d\u2019instruction de 1945 ou 1948<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn66\">[66]<\/a>. \u00c9valuation conforme au cri du c\u0153ur pouss\u00e9 par Lehideux devant Milch et von Loeb en mai 1942 : ma volont\u00e9 d\u2019\u00ab entente entre la France et l\u2019Allemagne \u00bb a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e par l\u2019\u00ab aide r\u00e9elle et efficace \u00bb que j\u2019ai fournie \u00ab \u00e0 l\u2019Allemagne [\u2026] puisque 150 000 camions ont \u00e9t\u00e9 livr\u00e9s \u00e0 l\u2019arm\u00e9e allemande par les diff\u00e9rentes usines fran\u00e7aises. \u00bb Il en est all\u00e9 de m\u00eame \u00ab sur le plan de la production [g\u00e9n\u00e9rale&#8230;], et, soit par mon fait, soit par celui de mes amis, de nombreuses fournitures ont \u00e9t\u00e9 faites \u00e0 l\u2019arm\u00e9e allemande : des centaines de millions de commandes ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es dans les usines fran\u00e7aises, et une coop\u00e9ration \u00e9conomique d\u00e9passant les esp\u00e9rances que les autorit\u00e9s allemandes avaient pu former s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e entre la France et l\u2019Allemagne. [\u2026] j\u2019agissais non pas en technicien, mais en homme politique, en homme qui faisait confiance \u00e0 la sagesse politique de l\u2019Allemagne et qui, en quelque sorte, tirait en ch\u00e8que en blanc sur la compr\u00e9hension politique et sur la largeur de vues des hommes d\u2019\u00c9tat responsables de l\u2019Allemagne. \u00bb<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn67\">[67]<\/a><\/p>\n<p>Les r\u00e9f\u00e9rences <em>a posteriori<\/em> et fluctuantes au m\u00e9chant ou gentil Lehideux ou au gentil ou vilain Peyrecave (qui, apr\u00e8s Drieu la Rochelle, avait arrach\u00e9 Mme Renault \u00e0 son mari), n\u2019ont rien \u00e0 voir avec le dossier factuel des responsabilit\u00e9s de Louis Renault, actionnaire tr\u00e8s majoritaire de la SAUR, et de ses collaborateurs de haut rang, dans le sort de la France et les modalit\u00e9s de la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale. Certes, il y eut in\u00e9galit\u00e9 de traitement, puisque Louis Renault avait illustr\u00e9, avec \u00e9clat, un comportement g\u00e9n\u00e9ral. Pour faire accepter \u00e0 la population radicalis\u00e9e par la crise puis par l\u2019Occupation le sabotage grandiose, d\u00e9cid\u00e9 d\u2019embl\u00e9e, de l\u2019\u00e9puration \u00e9conomique, les autorit\u00e9s gaullistes se r\u00e9sign\u00e8rent \u00e0 \u00ab sacrifier \u00bb \u00e0 l\u2019indignation populaire \u2013 pas aux seuls \u00ab communistes \u00bb \u2011 deux vieillards, Renault, mourant, et Laurent-Atthalin, pr\u00e9sident de la Banque de Paris et des Pays-Bas, ayant franchi l\u2019\u00e2ge de la pr\u00e9sidence des conseils d&rsquo;administration. Faut-il r\u00e9habiliter Renault et Laurent-Atthalin parce que tous leurs pairs ou presque se virent entre 1944 et 1949 \u00e9pargner le ch\u00e2timent pour faits relevant le plus souvent, non pas de la seule \u00ab collaboration avec l\u2019ennemi \u00bb, mais aussi de \u00ab l\u2019intelligence avec l&rsquo;ennemi \u00bb ou \u00ab haute trahison \u00bb (respectivement vis\u00e9s par les articles 89 et suivants et 75 et suivants du Code p\u00e9nal)? Faut-il r\u00e9viser non pas la nationalisation, dont la r\u00e9vision est en voie d\u2019ach\u00e8vement, mais la \u00ab spoliation \u00bb d\u2019h\u00e9ritiers sans doute ulc\u00e9r\u00e9s que tant de pairs de Louis Renault aient pu transmettre \u00e0 leurs descendants, sans encombre ou apr\u00e8s r\u00e9vision judiciaire, d\u2019\u00e9normes biens, qu\u2019avaient encore arrondis les ann\u00e9es 1940-1944?<\/p>\n<p>La Cour d&rsquo;Appel de Limoges d\u00e9clare qu\u2019\u00ab aucun travail historique n&rsquo;infirme une d\u00e9cision judiciaire du 30 avril 1949 disant que les usines Renault n&rsquo;avaient pas fabriqu\u00e9 de chars ou de chenillettes mais avaient \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9es d&rsquo;effectuer des r\u00e9parations durant la guerre \u00bb. Pur argument d\u2019autorit\u00e9, historiquement infond\u00e9. L\u2019historien ne peut certes la contraindre \u00e0 rouvrir un dossier de collaboration et d\u2019intelligence avec l&rsquo;ennemi dont les cours de justice d\u2019apr\u00e8s Lib\u00e9ration n\u2019ignoraient rien. C\u2019est dommage tant pour la science historique que pour l\u2019information civique. La Haute-Cour (cr\u00e9\u00e9e pour juger du cas des ministres et assimil\u00e9s de Vichy), a comme les autres cours, trait\u00e9 \u00ab \u00e0 chaud \u00bb les cas qui lui \u00e9taient soumis en s\u2019appliquant \u00e0 taire d\u2019embl\u00e9e ce que les tout d\u00e9buts de l\u2019instruction lui avaient r\u00e9v\u00e9l\u00e9 \u2013 sans parler de l\u2019information initiale transmise \u00e0 Londres et \u00e0 Alger, source des mandats d&rsquo;arr\u00eat de l\u2019\u00e9t\u00e9 et de l\u2019automne 1944.<\/p>\n<p>Entre 1945 \u00e0 1948, les \u00ab archives [dites] de Berlin \u00bb \u2011 copies de la correspondance entre le minist\u00e8re allemand des Affaires \u00e9trang\u00e8res et ses services en France entre les \u00e9t\u00e9s 1940 et 1944 \u2013 furent transf\u00e9r\u00e9es en masse \u00e0 Paris<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn68\">[68]<\/a>. Ces milliers de pi\u00e8ces allemandes compl\u00e9t\u00e8rent une instruction fran\u00e7aise d\u00e9j\u00e0 explicite (pour ne citer que l\u2019incroyable \u00ab malle P\u00e9tain \u00bb), balay\u00e8rent d\u00e9finitivement les \u00ab m\u00e9moires de d\u00e9fense \u00bb et propos flatteurs des t\u00e9moins \u00e0 d\u00e9charge des int\u00e9ress\u00e9s, et aggrav\u00e8rent <em>tous<\/em> les cas concern\u00e9s. Elles les replac\u00e8rent sans \u00e9quivoque dans la cat\u00e9gorie o\u00f9 le juge militaire Stehl\u00e9 les avait initialement plac\u00e9s par ses mandats d&rsquo;arr\u00eat de 1944 \u00ab pour trahison \u00bb : ce fut le cas pour P\u00e9tain, Lehideux et une multitude d\u2019autres.<\/p>\n<p>Les \u00ab archives de Berlin \u00bb, \u00e0 supposer que l\u2019instruction fran\u00e7aise ait \u00e9t\u00e9 incompl\u00e8te, auraient permis de r\u00e9viser les cas qui avaient d\u00e9j\u00e0 fait l&rsquo;objet d\u2019un verdict, possibilit\u00e9 qui fut d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment rejet\u00e9e, pour P\u00e9tain et les autres<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn69\">[69]<\/a>. Le sabotage initial de la proc\u00e9dure P\u00e9tain, dont l\u2019instruction \u00e9tablissait formellement la trahison, explicitement \u00e9vacu\u00e9e au proc\u00e8s par le procureur g\u00e9n\u00e9ral Andr\u00e9 Mornet, dicta la voie g\u00e9n\u00e9rale. Fran\u00e7ais et allemands, les documents conserv\u00e9s dans les fonds de la Haute-Cour et ailleurs \u00e9clairent substantiellement l\u2019historien sur les <em>faits<\/em>, de trahison ou de collaboration. Ils le mettent en mesure de d\u00e9montrer, par son \u00ab travail historique \u00bb, les manquements initiaux d\u00e9lib\u00e9r\u00e9s de la justice fran\u00e7aise \u2011 \u00e0 commencer par les circonstances de l\u2019abandon pr\u00e9coce du crime de trahison au profit de la seule collaboration. Manquements qui furent consentis d\u2019autant plus ais\u00e9ment que l\u2019appareil judiciaire fran\u00e7ais, non seulement avait pr\u00eat\u00e9 serment \u00e0 P\u00e9tain (\u00e0 l&rsquo;exception d\u2019un unique h\u00e9ros, Paul Didier), mais avait \u00e9t\u00e9 sous Vichy directement impliqu\u00e9, au plus haut niveau, dans la r\u00e9pression judiciaire : l\u2019avocat de P\u00e9tain M<sup>e<\/sup> Jacques Isorni d\u00e9non\u00e7a la chose avec une f\u00e9rocit\u00e9 jubilatoire d\u00e8s le proc\u00e8s de son illustre client, en juillet 1945, en rappelant les missions qu\u2019avaient accept\u00e9es ou sollicit\u00e9es de Vichy, parfois d\u00e8s l\u2019\u00e9t\u00e9 1940, le pr\u00e9sident du tribunal, Paul Mongibeaux, et le procureur g\u00e9n\u00e9ral Mornet<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn70\">[70]<\/a>.<\/p>\n<p>L\u2019historien n\u2019a pas le droit de r\u00e9clamer r\u00e9paration \u00e0 la justice d\u2019aujourd&rsquo;hui pour les d\u00e9cisions de la justice d\u2019hier de classement des affaires de trahison et de collaboration, d\u00e9cisions antagoniques, du seul point de vue juridique, avec les pi\u00e8ces de l\u2019instruction. Mais l\u2019historien devrait pouvoir obtenir des magistrats d\u2019aujourd&rsquo;hui qu\u2019ils n\u2019invoquent pas un \u00ab travail historique \u00bb qu\u2019ils n\u2019ont pas consult\u00e9 ou qu\u2019ils ne se retranchent pas devant la chose <em>politiquement<\/em> jug\u00e9e par leurs pr\u00e9d\u00e9cesseurs de l\u2019apr\u00e8s-guerre pour interdire de fait le \u00ab travail historique \u00bb ou son exploitation par les associations de r\u00e9sistance. Le \u00ab travail historique \u00bb, \u00e9tay\u00e9 par des fonds \u00e9tatiques, fran\u00e7ais et allemands (policiers, militaires, diplomatiques, etc.) dont la justice d\u2019hier a assum\u00e9 la responsabilit\u00e9 <em>politique<\/em> de ne tenir aucun compte, d\u00e9montre \u00ab que les usines Renault \u00bb, comme celles des autres constructeurs, ont volontairement \u00ab fabriqu\u00e9 de[s] chars ou de[s] chenillettes \u00bb pour la Wehrmacht.<\/p>\n<p>Les repr\u00e9sentants de la justice d\u2019aujourd&rsquo;hui doivent admettre qu\u2019ils ne sont pas habilit\u00e9s \u00e0 dire ou d\u00e9cr\u00e9ter l\u2019histoire ni \u00e0 interdire aux historiens de la faire et aux associations de r\u00e9sistance de la diffuser. L\u2019incursion ill\u00e9gitime de la Cour d&rsquo;Appel de Limoges dans un domaine qui n&rsquo;est pas le sien et la sanction dont elle a frapp\u00e9 le \u00ab Centre de la m\u00e9moire \u00bb d&rsquo;Oradour-sur-Glane posent un probl\u00e8me scientifique et civique. <em>A fortiori<\/em> \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 l\u2019extr\u00eame droite flamande, le Vlaams Belang, d\u00e9nonce \u00ab l&rsquo;incorrection de l\u2019\u00c9tat belge \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard du peuple flamand \u00bb et la justice \u00ab born\u00e9e, aveugle et haineuse \u00bb de l&rsquo;apr\u00e8s-guerre, et fait inscrire \u00e0 l&rsquo;ordre du jour de la Chambre belge avec le soutien de 70 sur 88 \u00e9lus flamands (droite \u00ab classique \u00bb et \u00ab lib\u00e9rale \u00bb comprise) une proposition de loi effa\u00e7ant \u00ab tous les effets des condamnations et sanctions inflig\u00e9es du chef d&rsquo;actes d&rsquo;incivisme pr\u00e9tendument commis entre le 10 mai 1940 et le 8 mai 1945 et instituant une commission charg\u00e9e d&rsquo;indemniser les victimes de la r\u00e9pression d&rsquo;apr\u00e8s-guerre ou leurs descendants pour le pr\u00e9judice financier \u00bb<a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftn71\">[71]<\/a>.<\/p>\n<p>Ces errements judiciaires et parlementaires ont \u00e9t\u00e9 facilit\u00e9s par l\u2019empilement, depuis vingt ans, d\u2019hagiographies de Renault <em>et alii<\/em>, abdications scientifiques assur\u00e9es du soutien de la grande presse, <em>Le Monde<\/em> compris. Ce qui s\u2019impose n&rsquo;est pas la r\u00e9habilitation d\u2019un Louis Renault qui n\u2019aurait \u00ab pas fabriqu\u00e9 de chars pour la Wehrmacht \u00bb : c\u2019est seulement le retour aux r\u00e8gles m\u00e9thodologiques de la recherche historique ind\u00e9pendante et la mise \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart de la justice et du parlement d\u2019une sph\u00e8re d\u2019intervention qui n&rsquo;est pas la leur.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref1\">[1]<\/a> Cit\u00e9, <em>Le Monde Magazine<\/em> et <em>Le <\/em><em>Populaire<\/em> et <em>La Montagne <\/em>(8 et, article unique, 15 janvier 2011)<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref2\">[2]<\/a> Renaud de Rochebrune et Jean-Claude Hazera (journalistes \u00e9conomiques), <em>Les patrons sous l&rsquo;Occupation<\/em>, Paris, Odile Jacob, 1995, r\u00e9habilitation g\u00e9n\u00e9rale qui a esquiv\u00e9 le cas Renault, mais trait\u00e9 celui de Paul Berliet sur le m\u00eame mode. Publication accompagn\u00e9e d\u2019une intense campagne m\u00e9diatique.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref3\">[3]<\/a> <em>Louis Renault<\/em>, Gallimard, 2009, citation, p. 7. Livre non mentionn\u00e9 par <em>Le Monde<\/em>.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref4\">[4]<\/a> Annie Lacroix-Riz, <em>Industriels et banquiers fran\u00e7ais sous l\u2019Occupation : la collaboration \u00e9conomique avec le Reich et Vichy<\/em>, Paris, Armand Colin, 1999.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref5\">[5]<\/a> Respectivement,<em> <\/em>Flammarion, 2000, et <em>Louis Renault, biographie<\/em>, Plon, 1998.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref6\">[6]<\/a> Citation,<em> Monde cit\u00e9<\/em>, p. 38, r\u00e9duite, dans le gros titre de cette page, \u00e0 : \u00ab jamais Louis Renault n\u2019a accept\u00e9 de fabriquer des chars pour les Allemands \u00bb.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref7\">[7]<\/a> Gilbert Hatry, <em>Louis Renault, patron absolu<\/em>, <a href=\"http:\/\/www.alsatica.eu\/fr\/recherche\/?alsaticaParam%5Bwebsite_BlockAction_submit%5D%5Bsearchresults%5D%5BaddExclusiveFilter%5D=true&amp;alsaticaParam%5Bfilterfield%5D=publisher_facet&amp;alsaticaParam%5Bfiltervalue%5D=%C3%89ditions+JCM+%3B+Paris+%3B+%C3%89ditions+JCM\">Paris, \u00c9ditions JCM<\/a>, 1990, p. 352 ; l\u2019hagiographie de Chadeau l\u2019admettait, <em>Louis Renault, passim<\/em>, surtout chapitre 5, sur 1936-1938.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref8\">[8]<\/a> Archives Renault, carton 18. Lettre communiqu\u00e9e \u00e0 Michel Certano par\u00a0 un membre de la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019histoire du groupe Renault \u00bb, et dont M. Certano m\u2019a fourni copie.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref9\">[9]<\/a> Patrick Fridenson, \u00ab Premi\u00e8re rencontre entre Louis Renault et Hitler \u00bb, <em>Renault-Histoire<\/em>, juin 1999, pp. 8-18.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref10\">[10]<\/a> Saint Loup, <em>Renault de Billancourt<\/em>, Paris, Amiot Dumont, 1955, p. 272<em> :<\/em> pseudonyme d\u2019un ancien agent de la SAUR, l\u2019hitl\u00e9rien de premier plan Marc Augier, id\u00e9ologue et homme de main, objet de nombreux dossiers de police, pr\u00e9sident du groupe Collaboration fond\u00e9 en janvier 1941, RG de la PP, 10 juin 1941, B 07, 10 juin 41, cardinal Baudrillart (membre de son comit\u00e9 d&rsquo;honneur), archives de la Pr\u00e9fecture de police (APP); \u00ab administrateur provisoire \u00bb pr\u00e9coce de biens juifs (lettre de l\u2019Allemand Stenger (MBF) au Commissariat g\u00e9n\u00e9ral aux questions juives, 8 ao\u00fbt 1941, AJ 38 (CGQJ), 344, courrier arriv\u00e9e du MBF, ao\u00fbt 1941; \u00ab ancien combattant de la LVF \u00bb, rapport direction des Renseignements g\u00e9n\u00e9raux (DRG) Paris, 6 d\u00e9cembre 1944, 3W 213, Laval, AN). T\u00e9moignage fiable en l&rsquo;occurrence, vu la notori\u00e9t\u00e9 de l\u2019emballement hitl\u00e9rien de Renault (et du patronat fran\u00e7ais des d\u00e9cennies 1930 et 1940, voir mes travaux cit\u00e9s).<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref11\">[11]<\/a> P.A. 16160\/1, DGSN, 8 d\u00e9cembre 1939, F 7 15328, Laval, Archives nationales, plus loin AN.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref12\">[12]<\/a>. Citation, Fernand Grenier \u00e0 Pucheu, \u00ab proc\u00e8s Pucheu \u00bb (\u00e0 Alger), sd, s\u00e9ances 6-12 mars 1944, GA, P 4, Pierre Pucheu, APP. Lacroix-Riz, <em>Le<\/em> <em>Choix de la d\u00e9faite : les \u00e9lites fran\u00e7aises dans les ann\u00e9es 1930<\/em>, nouvelle \u00e9dition augment\u00e9e, <em>De Munich \u00e0 Vichy, l\u2019assassinat de la 3<sup>e<\/sup> R\u00e9publique, 1938-1940<\/em>, Paris, Armand Colin, 2010 et 2008, index (tous noms cit\u00e9s).<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref13\">[13]<\/a> Langeron, 1938-1941, Lacroix-Riz, <em>Munich<\/em> (index) et \u00ab Le PCF entre assaut et mea culpa : juin 1940 et la r\u00e9sistance communiste \u00bb, 2007, <a href=\"http:\/\/www.historiographie.info\/\">www.historiographie.info<\/a><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref14\">[14]<\/a> BA 2135, Renault, dossier \u00ab Gr\u00e8ve de novembre 1938 \u00bb, APP, et Sylvie Schweitzer, \u00ab Partis et syndicats aux usines Renault (1936-1939) \u00bb, m\u00e9moire de ma\u00eetrise, universit\u00e9 Paris 1, 1975, r\u00e9sum\u00e9 et cit\u00e9 par Guy Bourd\u00e9, <em>La d\u00e9faite du Front Populaire<\/em>, Paris, Masp\u00e9ro, 1977, p. 143-149, et r\u00e9f\u00e9rences de la n. 8. Voir aussi, indispensable, Ingo Kolboom, <em>La revanche des patrons. Le patronat fran\u00e7ais face au Front Populaire<\/em>, Paris, Flammarion, 1986.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref15\">[15]<\/a> Note Wi II\/193\/41, mars 1941, AJ 40, fonds du <em>Milit\u00e4rbefehlshaber in Frankreich<\/em> (<em>MBF<\/em>) dits de l\u2019H\u00f4tel Majestic, 774, influence des banques, AN.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref16\">[16]<\/a> \u00ab Jean-No\u00ebl Jeanneney, Jacques Nob\u00e9court, Robert Paxton, Ren\u00e9 R\u00e9mond ou Michel Winock \u00bb, travaux non cit\u00e9s, Thomas Wieder, <em>Monde cit\u00e9<\/em>, p. 39 ; travaux \u00ab consensuels \u00bb cit\u00e9s et contest\u00e9s, Lacroix-Riz, <em>Le<\/em> <em>Choix<\/em> et <em>De Munich \u00e0 Vichy<\/em>, index La Rocque (et de tous les noms cit\u00e9s ici); son dossier est alourdi par son palmar\u00e8s de 1940-1943, recens\u00e9 par les RG de la PP, pr\u00e9sentation critique de \u00ab Textes Europe concours 2007-2009, session 2008-2009 \u00bb, <a href=\"http:\/\/www.historiographie.info\/\">http:\/\/www.historiographie.info\/<\/a>. Sur les \u00ab historiens du consensus \u00bb (dont Robert Paxton n\u2019\u00e9tait pas nagu\u00e8re), Robert Soucy, <em>French Fascism, the first wave, 1924-1933<\/em>, et <em>French Fascism, the second wave, 1933-1939<\/em>, New Haven and London, Yale University Press, 1986 et 1995 (traduit).<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref17\">[17]<\/a> Note PP \u00ab sur la soci\u00e9t\u00e9 des usines Renault et ses dirigeants \u00bb, 6 <em>juin 1942<\/em>, avec biographie de chacun, BA 2135, Renault, APP. Dossier Renault qui a pourtant \u00e9t\u00e9 litt\u00e9ralement vid\u00e9.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref18\">[18]<\/a> Lacroix-Riz, \u00ab Les comit\u00e9s d&rsquo;organisation et l\u2019Allemagne : tentative d\u2019\u00e9valuation \u00bb, <em>in<\/em> Herv\u00e9 Joly, dir., <em>Les comit\u00e9s d&rsquo;organisation et l\u2019\u00e9conomie dirig\u00e9e du r\u00e9gime de Vichy<\/em>, Centre de recherche d\u2019histoire quantitative, Seconde Guerre mondiale, Caen, 2004, p. 47-62 ; noms cit\u00e9s, index de mes <em>op. cit<\/em>.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref19\">[19]<\/a> Note PP \u00ab sur la soci\u00e9t\u00e9 des usines Renault et ses dirigeants \u00bb, 6 juin 1942, BA 2135, Renault, APP, et litanie des fonds Barnaud, AN, F 37, et des fonds Lehideux de la Haute-Cour (217-234). Huntziger, index des <em>op. cit.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref20\">[20]<\/a> PV 6<sup>e<\/sup> r\u00e9union commission de s\u00fbret\u00e9 du minist\u00e8re de l&rsquo;int\u00e9rieur, 30 septembre, Paris, 2 octobre 1944, F7 14966, \u00e9puration (1942-1950), listes d\u2019arrestation, AN.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref21\">[21]<\/a> DGSN sans n\u00b0 (sn), 4 octobre 1940, F7 15307, propagande allemande, \u00ab communication de M. Mianney \u00bb, AN.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref22\">[22]<\/a> Synth\u00e8se du courrier de l\u2019AM, Berlin, n\u00b0 1033, 24 novembre, et n\u00b0 1075, 8 d\u00e9cembre 1938, 7 N 2602, Attach\u00e9s militaires Allemagne, juin 1938-juin et 21 ao\u00fbt 1939, Service historique de l&rsquo;arm\u00e9e de terre (SHAT, Vincennes).<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref23\">[23]<\/a> \u00ab M\u00e9moire \u00bb, sans date, de 1945, 3 W 217, AN, de l\u2019\u00e9norme dossier de Haute-Cour de Lehideux, 217-234.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref24\">[24]<\/a> Interview \u00e0 <em>Aujourd&rsquo;hui<\/em> 24 d\u00e9cembre 1940, 3 W 217, AN.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref25\">[25]<\/a> Rapport \u00e9quipe Vilatte, PP, PJ, cabinet du commissaire Henri Mathieu, 19 juillet 1945, 3 W 217, AN.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref26\">[26]<\/a> Fridenson, <em>art. cit.<\/em>, p. 13<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref27\">[27]<\/a> Lacroix-Riz, <em>Le<\/em> <em>Choix, passim.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref28\">[28]<\/a> Rapport allemand et traduction, \u00ab compte rendu des entretiens au GBK \u00bb; \u00ab note [Mettas] sur notre voyage \u00e0 Berlin \u00bb; rapport J. Marcou \u00ab voyage \u00e0 Berlin, 3\/7 mars 41 \u00bb, 3 W 218 ; \u00ab M\u00e9moire \u00bb Lehideux, sans date, de 1945 ; rapport Vilatte, 19 juillet 1945 (liste des billets de train pour l\u2019Allemagne), 3 W 217, AN.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref29\">[29]<\/a> Lacroix-Riz, <em>Industriels<\/em>, chapitre 5.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref30\">[30]<\/a> Chronologie des n\u00e9gociations aussi erron\u00e9e, Mouret, <em>Renault<\/em>, p. 286-291 (citation, 291).<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref31\">[31]<\/a> PV de l\u2019entretien du 4 ao\u00fbt 1940, \u00ab Affaire Renault. Scell\u00e9 21 \u00bb, 3 W 217, AN. Soulign\u00e9 par moi.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref32\">[32]<\/a> \u00ab Compte rendu d\u2019une r\u00e9union du 19 mars au sujet des bombardements a\u00e9riens britanniques et risques de guerre \u00bb (argument explicitement utilis\u00e9 pour imputer cette reconstruction aux Allemands \u2013 payable avec l\u2019argent fran\u00e7ais des frais d&rsquo;occupation et pas les fonds fran\u00e7ais de la reconstruction accept\u00e9e le 28 f\u00e9vrier), 30 mars 1942, AN, 3 W 219, <em>cf. infra<\/em>. J\u2019ai, dans <em>Industriels<\/em>, montr\u00e9 le caract\u00e8re tactique de \u00ab r\u00e9quisitions \u00bb allemandes inutiles \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 1940, mais de plus en plus sollicit\u00e9es par les industriels fran\u00e7ais dans la perspective de la d\u00e9faite du Reich,<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref33\">[33]<\/a> Cit\u00e9 par G\u00e9rard Chauvy, <em>Lyon 40-44<\/em>, Paris, Payot, 1993 (1\u00e8 \u00e9d., 1985)<em> <\/em>p. 136.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref34\">[34]<\/a> Notes Wi II\/193\/41, mars 1941, AJ 40, 774, et sur \u00ab le groupe Worms \u00bb jointe \u00e0 note du chef du groupe Wi II, von Mahs, 3 d\u00e9cembre 1941, AJ 40, 779, mati\u00e8res premi\u00e8res, contribution de l\u2019\u00e9conomie fran\u00e7aise au Reich, commandes, AN. Soulign\u00e9 par moi.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref35\">[35]<\/a> Journal dactylographi\u00e9 1940-1944 de Pierre Nicolle, du lundi 20 janvier 1941 : il y \u00e9tait \u00ab depuis deux jours \u00bb APP, PJ 39.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref36\">[36]<\/a>. Autorisation du MBF, 17 janvier 1941, AN, AJ 40, vol. 774. Soulign\u00e9 par moi.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref37\">[37]<\/a> R\u00e9union dans le bureau du d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral aux relations \u00e9conomiques franco-allemandes Barnaud, avec divers hauts fonctionnaires dont le Directeur des Finances ext\u00e9rieures et des changes Couve de Murville, point \u00ab commandes en zone libre \u00bb, Paris, 28 mai 1941, 3 W 219, Lehideux, AN. Soulign\u00e9 par moi.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref38\">[38]<\/a>. T\u00e9l. de Tunis 655, 8 mai, et 922, 24 juin 1941, Vichy Tunisie, 30, archives du minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res (MAE).<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref39\">[39]<\/a> Note de X, place Maubert, Paris, 1er avril 1941, Londres 1939-1945, 300, Situation et opinion en France, dossier g\u00e9n\u00e9ral, juin 1940-juillet 1941, MAE.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref40\">[40]<\/a> RM 2 polonais, n\u00b0 1847, dossier n\u00b0 32, Seine, 30 avril 1941, Londres 1939-1945, 300, MAE.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref41\">[41]<\/a> Note FFL, EM de Gaulle, SR, 6 juin 1941, Londres, 300, MAE.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref42\">[42]<\/a> Note n\u00b0 29, source: St.J.06, 30 mai 1941, Londres, 300, MAE.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref43\">[43]<\/a>. Note FFL, EM, Londres, 30 mai 1941, Londres, 300, MAE, soulign\u00e9 dans le texte.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref44\">[44]<\/a>. Note D, 3362\/SR, 31 mai 1941, Londres, 300, MAE.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref45\">[45]<\/a> CR \u00ab d\u2019une r\u00e9union du 19 mars \u00bb, d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9e, 3 W 219, AN.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref46\">[46]<\/a>. Note 430 de Jean Terray \u00e0 Lehideux, 27 mai 1941, F 37, fonds Barnaud, 16, AN.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref47\">[47]<\/a>. Note 3870 OE\/FR, de la pr\u00e9sidence du CFLN, DG des Services sp\u00e9ciaux, sur les \u00ab r\u00e9percussions des bombardements anglo-am\u00e9ricains [entre janvier 1943 et mars 1944] sur le moral des populations en France \u00bb, Alger, 17 mai 1944, F1 a, vol. 3743, AN.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref48\">[48]<\/a> Notes 542 d\/BCRA\/NM, 7 octobre 1942, AN, F1a, 3958.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref49\">[49]<\/a> Rapports, pourtant euph\u00e9miques; Vilatte, 19 juillet 1945, 3 W 217, et Lemoine, 6<sup>e<\/sup> partie, Paris, 15 d\u00e9cembre 1948, 3 W 218, AN. Sur Bichelonne, <em>cf. infra<\/em>.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref50\">[50]<\/a> R 17 n\u00b0 11 C, EX 20, 25 novembre 1942, AN, F1a, 3958.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/2011\/03\/04\/face-aux-nouveaux-negationismes-indignons-nous\/\">[51]<\/a> Sur la liste des 8, d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9e, PV 6<sup>e<\/sup> r\u00e9union commission de s\u00fbret\u00e9 du minist\u00e8re de l&rsquo;int\u00e9rieur, Paris, 2 octobre 1944, F7 14966, AN.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref52\">[52]<\/a> Informations d\u2019avril re\u00e7ue le 12 mai 1944, AN, F1 a, 3975, Seine-et-Oise, et de f\u00e9vrier-mars 1944, 25 mars 1944, AN, F1a 3853, industries chimiques, poudres, armements.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref53\">[53]<\/a>. Interrogatoire de Knochen par Berg\u00e9, 4 janvier 1947, 3 W, 358, AN. Nombreux exemples, Lacroix-Riz, <em>Industriels<\/em>, p. 143-146, et index Renault.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref54\">[54]<\/a>. Information de Perony, 6 juillet 1944 (\u00ab plans au 1\/200 (&#8230;) \u00e9tablis tr\u00e8s justes par des services topographiques \u00bb) F1 a, 3973, AN.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref55\">[55]<\/a> Rapport final du Wi V\/2, d&rsquo;apr\u00e8s la statistique g\u00e9n\u00e9rale de la France, 31 juillet 1944, AJ 40, 820, AN. Frais d&rsquo;occupation et clearing, <em>Industriels.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref56\">[56]<\/a> Note Hemmen 2493\/42 P, 10 avril 1942, 3 W 219, AN.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref57\">[57]<\/a> CR \u00ab d\u2019une r\u00e9union du 19 mars \u00bb, 30 mars 1942, 3 W 219, AN.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref58\">[58]<\/a> Lettre 468\/DE DFAE, de Boisanger \u00e0 Barnaud, note Hemmen 2493\/42 P, lettre 2903 RFA de Barnaud \u00e0 Lehideux, Paris, 13, 10 et 21 avril 1942, 3 W 219, AN.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref59\">[59]<\/a> Note MPI aux inspections g\u00e9n\u00e9rales de la PI, Paris, 20 janvier 1944,  <em>in<\/em> information M??\/2\/36003, mars 1944, AN, F1 a, 3787 (chiffre total et pourcentage, ALR).<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref60\">[60]<\/a> R\u00e9sum\u00e9 de son expos\u00e9, document de la \u00ab malle P\u00e9tain \u00bb, 3 W 217, AN.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref61\">[61]<\/a> Article non sign\u00e9, 27 septembre 1944, BA 2135, Renault, APP.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref62\">[62]<\/a> AJ 40, 775, d\u00e9jeuners au Ritz, octobre 1941, AN, soulign\u00e9 dans le texte. Banquets de la Table Ronde, Lacroix-Riz, <em>Industriels<\/em>, index.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref63\">[63]<\/a>. Fernand <em>Picard<\/em>, entr\u00e9e du 24 novembre de son journal, <em>L&rsquo;\u00c9pop\u00e9e de Renault<\/em>, Paris, Albin Michel, 1976, p. 218. De leur caract\u00e8re fugace t\u00e9moigne le cas unique de l\u2019ex\u00e9cution de Pucheu, Lacroix-Riz, \u00ab Quand les Am\u00e9ricains voulaient gouverner la France \u00bb, <em>Le Monde diplomatique<\/em>, mai 2003, et <em>Munich<\/em>, p. 295.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref64\">[64]<\/a> Rapport Caujolle, p. 226, 3 W 217, AN.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref65\">[65]<\/a> Rapport Lemoine, juillet-novembre 1948, 2<sup>e<\/sup> partie, p. 96-97, 3 W 218, Lehideux, AN.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref66\">[66]<\/a> PV de la r\u00e9union, 6 avril 1943, 3 W 218, Lehideux, AN.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref67\">[67]<\/a> R\u00e9sum\u00e9 de son expos\u00e9, document de la \u00ab malle P\u00e9tain \u00bb, 3 W 217, AN.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref68\">[68]<\/a> AN, 3 W 347 \u00e0 358.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref69\">[69]<\/a> Inventaire des fonds par Fran\u00e7oise Adn\u00e8s, 2009, Archives nationales (1-346). Les cas Renault, en l&rsquo;occurrence Lehideux (217-234), et Bousquet (88-95), objets photographiques de l\u2019exposition permanente d\u2019Oradour, sont significatifs. Cas P\u00e9tain, r\u00e9f\u00e9rences 1 et 2 de la n. suiv.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref70\">[70]<\/a> Lacroix-Riz, <em>Choix<\/em> et <em>Munich<\/em>, \u00e9pilogues (et index), et \u00ab Les grandes banques fran\u00e7aises de la collaboration \u00e0 l&rsquo;\u00e9puration, 1940-1950 \u00bb, <em>revue d\u2019histoire de la deuxi\u00e8me guerre mondiale<\/em>, 1986, \u00ab I. La collaboration bancaire\u00bb, n\u00b0 141, p. 3-44; \u00ab II. La non-\u00e9puration bancaire 1944-1950 \u00bb, n\u00b0 142, p. 81-101.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/combat.pagesperso-orange.fr\/renault.htm#_ftnref71\">[71]<\/a> Jean-S\u00e9bastien Lefebvre, 26 janvier 2011, <a href=\"http:\/\/www.rue89.com\/node\/187537?page=6\">http:\/\/www.rue89.com\/node\/187537?page<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Vous avez sans doute vu le scandaleux reportage pour la r\u00e9habilitation de Louis Renault dans le journal de France 2 avant-hier soir\u00a0! On y pr\u00e9tendait que Renault n\u2019avait jamais fabriqu\u00e9 de chars pour l\u2019Allemagne\u00a0!!! Cela m\u2019avait profond\u00e9ment choqu\u00e9. Voici une&hellip;<\/p>\n<p class=\"more-link-p\"><a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/2011\/03\/04\/face-aux-nouveaux-negationismes-indignons-nous\/\">Read more &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[50,3,8,4,7],"tags":[12,24,138],"class_list":["post-597","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-guerre","category-histoire","category-histoire-sociale","category-politique","category-resistance","tag-deuxieme-guerre-mondiale","tag-nationalisation","tag-resistance"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/597","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=597"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/597\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":601,"href":"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/597\/revisions\/601"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=597"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=597"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.gillespichavant.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=597"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}