Ce 11 janvier 2011, France 2 nous a présenté « Le Roman de la Crise » (Fric, krach et gueule de bois) sensé nous expliquer les subprimes, les banques, la Bourse, le chômage, le rôle de l’État. Aidé par un romancier (Éric Orsenna) et un économiste (Daniel Cohen), un grand acteur de théâtre, Pierre Arditi, nostalgique des « trente glorieuses » nous a présenté une belle émission. Enfin, nous allions tout comprendre sur la crise ! Quelle histoire a-t-on voulu nous raconter dans ce « Roman de la Crise » ? Réalité ou fiction ? Michel Collon décortique.
Depuis le passage de la tempête Xynthia, qui a fait 51 morts en France, principalement sur le littoral atlantique, voici que l’on brandit la fatalité !
« Vous comprenez, avec l’élévation du niveau de la mer qui est la conséquence de l’élévation de la température de la planète, les catastrophes sont devenues évidentes et normales. Ma pov’ dame et mon pov’ monsieur ! faudra s’y faire ! c’est fatal ! »: Non ! Stop !
Notre « rigolo » de Président n’a pas dit, comme son illustre prédécesseur, Mac Mahon, « Que d’eau, que d’eau« . Mais il a dit quasiment la même chose : « Il faut qu’on s’interroge pour savoir comment en France, au XXIe siècle, des familles peuvent être surprises dans leur sommeil, mourir noyées dans leur maison« .
En réalité le « bonhomme » nous bluffe : Il cherche a cacher ses propres responsabilités, celles de ses ministres, comme celles de ses prédécesseurs.
Après 20 années de délitement et de casse organisé du Service Public (voulus par les gouvernements successifs), l’annonce de la privatisation de la Poste a de quoi inquiéter tous les salariés, les retraités et les chômeurs. Car la logique de rentabilité, appliquée à la Poste, aurait les mêmes effets (a déjà les mêmes effets) que ceux que l’on connaît coté Télécom et aujourd’hui chez Gaz de France et EDF:
Augmentation des tarifs,
Effondrement de la qualité de service,
Abandon de l’égalité des tarifs (prix moins chers pour les entreprises et plus chers pour les particuliers),
Abandon de la couverture territoriale et de la présence en zones rurales,
etc.
Mais richesse pour les gros actionnaires.
Car en plus des ponctions de l’État sur ses ressources, la privatisation introduit dans le circuit un nouvel acteur: l’actionnaire ! Et la seule morale de l’actionnaire est de ponctionner, à son profit, les ressources de l’entreprise !
A France Telecom, ancien service des PTT comme La Poste, l’effet est aujourd’hui catastrophique pour l’usager payeur devenu client: la privatisation a conduit à l’effondrement de l’emploi interne de plus de 60 000 personnes en 10 ans; Aujourd’hui il est plus difficile de se faire dépanner et de se faire servir !
Certes quelques 20 000 emplois ont été externalités dans des entreprises sous-traitantes, mais c’était pour mieux exploiter: précarité, bas salaires, stress, vie éclatée, horaires impossibles, etc. c’est le lot de ces salariés ! La fin des emplois de fonctionnaires n’a (évidemment) pas amélioré la vie des contractuels; elle l’aurait plutôt « plus que dégradée ». Merci pour les jeunes !
La mise en concurrence des entreprises de télécoms a eu un effet catastrophique pour l’usager, qui, non content d’être obligé de payer des services autrefois gratuits (car inclus dans l’abonnement), se perd dans les appels sans suites et sans effets (mais payants !) vers des plateformes téléphoniques impalpables et inaccessibles, en cas de panne de leur installation.
La Poste, c’est le courrier, mais c’est aussi la Banque Postale. La Poste c’est l’épargne populaire collectée par le Livret A, et ce sont les Chèques postaux.
Le krack boursier américain qui se répand comme une traînée de poudre sur le monde entier prend son origine dans la mise en danger de l’argent de milliers d’épargnants privés dans des opérations douteuses, et dans des trafics frauduleux, mais légaux. Va-t-on livrer votre argent aux requins de la finance (en espérant qu’il ne l’aient pas déjà fait !)? Car c’est cela la privatisation annoncée de La Poste, et le glissement vers le « tout finance » est en cours !
Aujourd’hui, le gouvernement américain en est à éponger les dettes des banquiers. Pour sauver ce qui est encore sauvable, et sauver surtout les richesses des plus riches américains, il emploie des méthodes autrefois raillée et méprisées : la Nationalisation !